Replacer la France à la hauteur de son rang

Les enjeux

Alors que la mondialisation nécessite une accélération des règles de coordination des Etats et des grands ensembles politiques mais aussi d’intégration politique de l’Union européenne, le quinquennat du président Sarkozy avait abîmé l’image de la France en Europe et dans le reste du monde et rendu confuse son action diplomatique. Depuis 2012, la France est redevenue respectée et influente en se plaçant au cœur des grandes décisions internationales dans le respect de ses valeurs et du multilatéralisme.

Ce que proposent les socialistes

Si, par exemple, les interventions militaires françaises au Mali et en République centrafricaine ont permis d’éviter l’effondrement de ces Etats et des massacres de masse, ces actions ont été encadrées par les résolutions du Conseil de sécurité. Par ailleurs, l’intervention au Mali a ouvert un cycle de sensibilisation et de responsabilisation des partenaires européens et africains face au terrorisme affectant la bande sahélo-saharienne ainsi que l’Afrique de l’ouest. Cela s’est concrétisé par des formes de coopérations inédites entre partenaires africains et avec l’ONU comme l’Union européenne. Loin du concept de la « Françafrique », la France s’est donc appliquée à impliquer les Européens, et à coordonner avec eux, comme avec l’ONU et l’Union africaine, les phases de transition, de reconstruction et de développement de ces pays.

De même, au Moyen-Orient, la France est un partenaire fiable et régulier qui a respecté sa parole auprès des oppositions démocratiques, des populations civiles assiégées et des minorités persécutées en Syrie et en Irak. Soutien actif pour trouver une solution politique et faire cesser les combats en Syrie ou pour contribuer à imposer des garanties d’application de l’accord sur le nucléaire iranien, la France joue pleinement son rôle d’influence dans le seul objectif d’atteindre la paix en rappelant toujours que c’est avant tout le peuple syrien qui est la victime à la fois de Bachar al-Assad et de l’organisation de l’Etat islamique.

Dans le cas du conflit entre la Russie et l’Ukraine, la France fut de nouveau à l’initiative pour provoquer le schéma quadripartite dit « Format de Normandie », lors des célébrations du débarquement de Normandie le 6 juin 2014, afin de réunir ces trois Etats avec l’Allemagne dans le but d’apaiser les tensions. Ainsi, les accords de Minsk de septembre 2014 et de février 2015 ont permis d’éviter que le conflit ne dégénère davantage, même si les tensions demeurent.

Ce que propose la droite

Alors que la diplomatie et les opérations françaises susmentionnées ont été unanimement saluées, la droite a montré ses divisions avec des représentants dénonçant des prétendus :

  • enlisements au Mali ou en République centrafricaine ;
  • solitude française dans sa position vis-à-vis de la Syrie au point de provoquer des visites de parlementaires de droite pour rencontrer le despote syrien ;
  • ignorance de la Russie alors même qu’un dialogue régulier de Moscou avec Paris est instauré ;

Ce que propose l’extrême droite

La ligne générale du Front national est le repli de la France et le non interventionnisme. Fervente partisane de la politique extérieure de la Russie, la dirigeante du FN prône ainsi un alignement sur celle-ci, en contestant par exemple les bombardements de la France en dépit de la menace qu’exerce l’organisation Etat islamique sur notre pays et l’Europe.

  • Le fanatisme qu’elle éprouve pour les régimes autoritaires l’a fait considérer que le dirigeant syrien Bachar al-Assad n’est « pas un barbare » (04 novembre 2015) ;
  • Eludant les responsabilités de ce dernier dans la radicalisation du conflit, elle considère même que la France est responsable de l’expansion fondamentaliste au regard de ses actions en Libye et en Syrie (11 janvier 2013).