Vous ne pouvez pas aller voter ?
Pensez à faire une demande de procuration
Cliquez ici pour faire votre demande

Un combat de tous les jours

La loi relative à la séparation des Eglises et de l’Etat vient de fêter ses 110 ans. Cette loi et ses principes sont encore au cœur de notre pacte citoyen et résonnent avec la devise de notre République : liberté de conscience et libre exercice des cultes, égalité de traitement entre les citoyens, fraternité car elle porte les conditions du rassemblement et du vivre-ensemble.

Les enjeux

En séparant les églises de l’Etat, en assurant la liberté absolue de conscience et garantissant la liberté de culte, c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire, la laïcité est affirmée en force d’émancipation. La dynamique au cœur du projet républicain. Pour le dire autrement : la République se nourrit de la laïcité.

Après la parenthèse de Nicolas Sarkozy qui, président de la République, fustigeait la laïcité à Latran en 2007, regrettait la séparation de la nation et de l’Église et brocardait l’instituteur « qui ne pourra jamais remplacer le pasteur », il s’agissait de rompre. Mais rompre pour rassembler. Revenir à une laïcité solide sur ses bases, donc ouverte; sûre de ses fondamentaux, donc résistant à toutes les tentatives d’instrumentalisations ; sachant faire preuve de réalisme, donc ne tombant pas dans le piège de la stigmatisation.

Dans une époque où la radicalisation des esprits fait recette, la laïcité se doit d’apparaître pour ce qu’elle est : une force de stabilité, une dynamique du vivre ensemble, une entreprise d’émancipation.

Ce que proposent les socialistes

La laïcité est indissociable du Parti socialiste, de son histoire, de son identité et de ses valeurs.

Pour les socialistes, la laïcité fait de l’Etat le protecteur de la liberté de conscience de chacun, avec l’idée que c’est à chaque individu de décider de ses croyances religieuses ou de ses convictions philosophiques. C’est donc un modèle respectueux des religions qui a pour ambition, au-delà d’une coexistence des convictions, de permettre dialogue et compréhension. Toutes les religions ont la capacité de s’inscrire dans ce cadre commun.

Depuis 2012, le Gouvernement et le Parti socialiste agissent concrètement pour les valeurs républicaines et, en premier lieu, pour la laïcité avec:

  • la mise en place d’un observatoire de la laïcité en 2013 qui émet des avis et réalise un travail de pédagogie et de formation pratique ;
  • la création d’une charte de la laïcité, affichée dans toutes les écoles publiques depuis 2014 pour rappeler les règles, informer et accompagner les enfants dans leur construction de citoyen ;
  • l’instauration de la journée nationale de la laïcité, le 9 décembre, là encore à dessein pédagogique dans les écoles.

Ce que propose la droite

En choisissant de remettre le fait religieux au centre des débats, la droite s’attache à défaire ce que de longs combats ont permis de construire. A savoir, la neutralité de la puissance publique face à la religion. Quel autre objectif que celui-ci pour la proposition de loi d’Éric Ciotti visant à constitutionnaliser « les racines chrétiennes » de la France ?

Sur de multiples sujets, le discours d’intransigeance de la droite est, au contraire des apparences, une posture anti-laïque. Loin des valeurs républicaines qu’elle prétend porter, la droite dévoie l’héritage de la loi de 1905 en faisant de ce principe de laïcité un ferment de division, alors qu’il constitue un instrument de cohésion. C’est ainsi qu’en matière de restauration scolaire, la droite instrumentalise le principe de laïcité pour stigmatiser. En relançant les polémiques sur les menus dans les cantines scolaires, elle défait la position d’équilibre qui avait été acquise grâce au bon sens des maires depuis plusieurs dizaines d’années.

Ce que propose l’extrême droite

Le Front national, qui s’affirme défenseur de la laïcité, en est en réalité le pourfendeur tant il promeut une pensée de l’exclusion et de l’intolérance. Là encore, restauration scolaire, racines chrétiennes, crèches, lieux de cultes, tous les sujets sont utilisés pour cibler une seule religion, celle des musulmans.