Des soins accessibles à tous

La santé est l’une des préoccupations majeures de nos concitoyens ; c’est aussi un droit constitutionnel. Les socialistes se veulent être les garants politiques de ce droit et continuent de lutter contre les inégalités sociales et territoriales qui persistent. C’est aussi pourquoi notre système de santé est un des plus efficaces et reconnus dans le monde.

Les enjeux

En 2012, nous héritons d’un système de santé affaibli par une politique de droite ayant pour seul objectif de diminuer les coûts de soins touchant plus particulièrement les populations les plus fragiles. En 2009, la droite ancrait sa vision ultralibérale dans le domaine de la santé notamment avec l’adoption de loi HPST : déremboursements en série, franchises médicales, pénalités diverses, hausse des dépassements… Cette réforme avait comme objectif inavoué la suppression du service public hospitalier. Elle meurtrissait l’hôpital dans sa gouvernance et entérinait la seule responsabilité du patient face au coût toujours plus élevé de la santé sans apporter des réponses concrètes aux véritables difficultés à se soigner.

Depuis, le gouvernement de gauche travaille à la correction des facteurs d’inégalités sociales qui vise à permettre, notamment aux plus démunis, d’accéder aux soins. Face aux dégâts occasionnés lors du quinquennat précédent, le gouvernement a porté avec force et détermination la loi de modernisation de notre système de santé adoptée par le Parlement le 17 décembre 2015.

Cette réforme, inspirée par un esprit de justice, a pour ambition de mieux répondre aux défis auxquels notre société est confrontée, comme l’allongement de la durée de vie, le développement des maladies chroniques, l’accès aux soins de tous et les déserts médicaux. Cette loi pour l’égalité instaure notamment le parcours éducatif de santé ainsi que le médecin traitant pour l’enfant, améliore les conditions d’accès des femmes à l’interruption volontaire de grossesse avec le remboursement à 100% de tous les actes liés, permet l’ouverture des « actions de groupe » aux victimes d’accidents médicaux, crée le « droit à l’oubli» qui bénéficiera à d’anciens malades, introduit le paquet de cigarettes neutre et enfin met progressivement en place le Tiers Payant Généralisé.

Ce que propose la droite

Alors que le droit et l’accès aux soins avaient été affaiblis lors de la décennie précédente, la droite s’oppose à la mise en place du Tiers payant alors qu’un Français sur trois renonce à des soins faute de moyens financiers. La droite n’a pour tout horizon en politique de santé que des aspects comptables, après avoir prétendu le contraire dans les années 1990, préférant à la défense d’un service public le recours à un marché libéralisé.

Ce que propose l’extrême droite

Suivant la ligne du parti Les Républicains, le Front National souhaite la suppression de l’aide médicale d’État (AME) sous prétexte qu’elle induirait un tourisme sanitaire permettant ensuite aux étrangers de rester sur le territoire national.

Il prône aussi la création d’un secrétariat d’Etat à la lutte contre la fraude, chargé de piloter un vaste plan interministériel anti-fraude. Car selon le FN, la fraude aux prestations sociales en France deviendrait une véritable industrie qui génèrerait 10 millions de fausses cartes Vitale actuellement en circulation, alimentant ainsi la thèse d’une fraude généralisée à la Sécurité sociale orchestrée, bien évidemment, par les immigrés.

Ce que proposent les socialistes

L’accès aux soins du plus grand nombre des citoyens reste pour les socialistes une priorité. De ce fait, le Tiers payant, mesure emblématique de gauche, constitue une réelle avancée de solidarité et de justice sociale dans le traitement des inégalités devant la santé. La complexité du système de santé accentue parfois les inégalités d’accès. C’est pourquoi renforcer l’information des citoyens et améliorer la lisibilité du système est essentiel.

La loi santé votée par le Parlement, en décembre 2015, met clairement en exergue la prévention et les innovations technologiques. Le Pacte territoire santé lancé en 2012 annonce une volonté de mieux prendre en compte les contextes locaux pour une gestion plus pertinente. Cependant, la politique sanitaire en France demeure encore, malheureusement, trop axée sur le curatif. Il faut aller plus loin dans le sens des politiques de prévention : prévenir c’est guérir ! Le défi que nous devons relever est de passer d’un système de soins à un système de santé : c’est la révolution préventive.

Pour y parvenir, il faut commencer dès le plus jeune âge et l’éducation en matière sanitaire est cruciale. Il s’agit de développer une véritable culture de la santé en faisant comprendre que celle-ci se bâtit progressivement tout au long de la vie. C’est un travail de longue haleine qui nécessitera de professionnaliser la protection de la santé et l’éducation à la santé. Pour autant, notre santé n’est pas que l’affaire de spécialistes, nous devons en être les principaux acteurs éclairés.

La santé, c’est la première condition de la justice. Ce n’est pas un vain mot. C’est la raison première de mon engagement politique. C’est la pierre angulaire du projet que je porte devant les Français. C’est notre boussole dans les moments de tempête. Elle s’impose à nous, parce que sans elle nous ne faisons plus société.

Discours de François Hollande au Forum santé du 2 février 2012.

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