Pour une société du bien-être, refonder la protection sociale

Notre système de protection sociale est un des piliers de notre contrat social. Il est aussi la pierre angulaire d’une société bienveillante, une société de droits et de devoirs, à la fois attentive à chacun et demandant à chacun d’être attentif aux autres. Une société où chaque citoyen doit trouver sa place.

Basé sur la solidarité intergénérationnelle et un pacte social inédit scellé à la libération, notre système est aujourd’hui l’un des meilleurs au monde.

Les enjeux

Après des années de gabegie financière et de recul de la solidarité perpétrés par la droite, notre système de protection sociale a été mis à mal et remis en cause par le déficit des comptes sociaux orchestré par la droite au pouvoir.

Depuis 2012, une autre vision de notre système de protection sociale s’est imposée. Redresser les comptes de la sécurité sociale sans toucher à la protection de nos concitoyens tout en faisant progresser durablement les droits sociaux, telles sont les attentes de justice et d’équité dans le cadre d’un contrat social fort, indissociable du pacte républicain.

Pour ce faire, des réformes structurelles pour l’avenir et l’équilibre de notre système de protection sociale ont été lancées notamment la réforme de retraites qui garantit l’avenir du modèle par répartition dans lequel, pour la première fois, la pénibilité au travail a été prise en compte. A cela s’ajoute la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement, la loi de modernisation de notre système de santé, la réforme sur les allocations familiales, la loi « fin de vie »…

Ce que propose la droite

Après avoir laissé un Etat ruiné par dix ans d’une politique désastreuse, l’ex-UMP persiste et signe, avec un projet de régression sociale et d’hyper-austérité : la suppression du RSA, la suppression des 35 heures et de la durée légale du travail, la retraite à 65 ans et 130 milliards de coupes budgétaires dans les dépenses publiques.

Ce que propose l’extrême droite

Le Front national prétend que les étrangers en situation irrégulière ont tous accès aux aides sociales. Il affirme que la fraude aux prestations sociales est devenue un système généralisé. Considérant que l’immigration représente un coût important pour la communauté nationale, il prône la préférence nationale pour les prestations sociales afin de réduire les dépenses. Ainsi toutes les prestations sociales seraient réservées aux seuls Français. Ce projet constitue une rupture totale avec l’esprit présidant à la création de la Sécurité sociale en 1945.

Ce que proposent les socialistes

Les socialistes défendent le principe d’un système de protection sociale, qui, certes, répare et protège tous les citoyens contre les accidents de la vie, mais qui surtout les accompagne tout au long de leur existence, particulièrement à ces moments charnières que constituent l’enfance et la jeunesse. Cette vision de la protection sociale comme « investissement pour l’avenir » doit être un élément constitutif de notre nouveau modèle de développement économique et social.

La modernisation en cours de nos politiques publiques portée par le Gouvernement fait progresser les droits des citoyens tout en gagnant le défi de diminuer de 40% le déficit de la Sécurité sociale.

Aujourd’hui, pour assurer la pérennité de notre système de protection sociale, les Socialistes doivent intégrer dans leur réflexion des questions aussi diverses que : quelle doit être la part de l’impôt dans le financement de l’Assurance Maladie? Faut-il aller vers plus de transferts de charge de l’Assurance Maladie vers les assurances de droit privé ? Comment assumer les avancées techniques et technologiques dont les coûts sont élevés et qui ont profondément modifié notre rapport à la santé individuelle et collective ?

Les Français sont attachés à leur protection sociale, ils le rappellent régulièrement dans les enquêtes d’opinion. La France, en 2015, ce n’est pas l’individualisme, le chacun pour soi, la régression. C’est au contraire un pays qui a su se rassembler, qui a voulu brandir la solidarité face à la barbarie. Ma conviction, c’est que notre modèle social tient une place essentielle dans cette France tournée vers l’avenir.

Discours de Marisol Touraine, à l’Assemblée Nationale, le 20 octobre 2015.