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Agir et Réussir à Gauche

Pourquoi cette contribution ?

Après une victoire le risque est d’être concentré sur l’action à mener sans prendre le temps d’analyser les raisons politiques qui ont permis la réussite électorale ; bien plus, parce qu’elle a été victorieuse on pense souvent que la campagne dans son organisation, comme dans ses thèmes porteurs, a été juste et efficace et qu’elle ne nécessite donc aucune analyse particulière. Nous pensons qu’il faut analyser les conditions de la victoire, comme il nous est arrivé d’analyser les raisons de nos échecs ; c’est par là que commence l’inscription dans la durée de l’action politique que nous devrons mener.

Ainsi la dynamique électorale, portée par notre parti nous a permis d’aller à la rencontre directe de plusieurs millions de français. Peut-être nos moyens de communication classiques n’ont-ils pas toujours atteint leur but… Cette mobilisation pré-électorale devrait se poursuivre pour expliquer et convaincre.

Lorsque ses responsables dirigent le pays, le rôle du Parti Socialiste et de ses militants s’estompe, derrière l’action menée par les élus à quelques niveaux qu’ils soient.

Pour s’inscrire dans la durée le Président de la République, le Gouvernement, les parlementaires ont besoin d’un parti mobilisé, capable d’accompagner sur le terrain économique, social et sociétale les décisions de la majorité nationale, et dans le même temps capables de livrer la bataille d’idées contre la droite et l’extrême droite que la victoire de la Gauche n’ont pas fait disparaître de la scène politique.

C’est la raison de ce texte qui n’a pas vocation à se transformer en motion de congrès. Ses signataires sont en accord avec la démarche politique de Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry. Notre but est de contribuer à nourrir le débat qui, selon nous, doit éviter toute posture factice ou opportuniste : la Gauche est partout dans le Parti Socialiste, comme elle est partout au gouvernement.

François HOLLANDE à juste raison, propose de mettre en œuvre un nouveau contrat social national ou européen, et donc de passer les compromis nécessaires avec les forces économiques et sociales qui s’expriment dans notre pays. Nous savons que le point d’arrivée de tout compromis - Jean Poperen l’a exprimé le premier et avec vigueur dans notre parti -, dépend des conditions économiques et du rapport de force qui opposent les intérêts de la finance, du patronat à celle des salariés et du peuple tout entier. Dans ce rapport de force, la Gauche n’est pas neutre, qu’elle s’exprime au niveau de l’état ou à travers l’action des militants du Parti Socialiste. De même, c’est parce qu’il a su s’appuyer sur l’attente des peuples d’Europe que François HOLLANDE a pu imposer un volet croissance à la politique de réduction de la dette au niveau européen.

Nous souhaitons que certaines idées et propositions contenues dans ce texte puissent, avec bien d’autres, permettre à notre parti de mieux se préparer aux échéances électorales qui viennent et qui en suscitant l’adhésion du plus grand nombre de français à la politique menée, permettront d’inscrire l’action du Président de la République dans la perspective de deux quinquennats

I.- Les leçons d’une victoire

La victoire de François HOLLANDE puis celle des Législatives, ouvre une nouvelle période politique qui, selon l'expression de Martine AUBRY, nous honore et nous oblige. Pour faire face aux défis liés à la situation économique et sociale, française et mondiale, consécutive à la crise et à la politique de la droite sarkozyste, il nous faut d'abord tirer les leçons politiques des scrutins et comprendre le sens profond de notre victoire.

 

Celle-ci a été possible grâce aux orientations définies et défendues par notre candidat, et maintenues durant toute la campagne.

Une majorité de Français s'est ainsi reconnue dans les objectifs du programme présidentiel ;

(rassembler les Français, priorité à la jeunesse, justice fiscale et sociale, croissance européenne et mondiale); les moyens (60 000 postes supplémentaires à l'Education Nationale, droit à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont 42 annuités, les emplois-avenir...) et la désignation de l'adversaire :( la finance ; le refus de la main-mise du capitalisme financier sur l'économie mondiale et nationale, le refus de la course illimitée au profit maximum... d'où les mesures concernant les salaires des patrons, les impôts.

 

Cette victoire électorale et politique ne signifie pas pour autant que la France se soit convertie en totalité à notre vision de l'avenir et de la société : La bataille des idées est toujours à mener et oblige à toujours plus de convictions et d'actions à Gauche.

 

A. LA FRANCE POLITIQUE DE 2012

 

1.     Une stratégie politique de Gauche

 

En 1981 la confrontation Droite/Gauche reposait sur le terrain social, ce qu'exprimait alors le concept de « front de classe ». Il s'agissait de s'appuyer sur le rassemblement des classes populaires et des classes moyennes, pour engager la rupture avec le système capitaliste tel qu'il se développait à l'époque avec la main-mise toujours plus accentuée de la finance internationale sur l'économie du monde. Trente ans plus tard et malgré (et peut-être à cause) le renforcement de l'Europe, et la chute du bloc soviétique, la nouvelle place des pays dits émergents, ce phénomène s'est encore accentué et aujourd’hui c'est bien la finance qui mène le monde.

C'est d'ailleurs ce qu'a exprimé pendant sa campagne François HOLLANDE en la désignant comme son seul adversaire. C'est bien sur ce terrain financier, économique et social, que doit se poursuivre la confrontation Droite/Gauche.

Les réformes annoncées par le Président de la République et mises en œuvre par le Gouvernement constituent donc le socle du changement : séparer les banques de dépôts et des banques de spéculations, refuser la limitation de la dette  si elle ne s'accompagne pas d'un plan de croissance, privilégier l'avenir des peuples à celui des banques...

Dans le contexte de crise que nous connaissons, crise du capitalisme financier provoquée par la faillite des banques spéculatives, le choix est toujours le même : entre l'asservissement à la logique financière qui veut produire avec plus de profit et moins de social, (fondement du programme Sarkozy au nom de la « compétitivité française ») et la mise en œuvre d'une économie solidaire et durable au service de l'homme.

Le défi est d'autant plus élevé que la crise a restreint les marges de manœuvre, et que rien ne pourra se faire sans effort. Les Français y sont prêts (voir sondages) dès lors que ces efforts seront justement répartis comme le Président de la République et le gouvernement en ont la volonté, et qu'ils ont déjà traduit par les premières mesures au poids symbolique très fort : tranche d'impôts à 75 %, taxation des transactions financières, allocation de rentrée scolaire, diminution des rémunérations du Président de la République et des ministres.

Ce sont ces orientations qu'il nous faudra poursuivre (voire renforcer selon la conjoncture) tout au long du quinquennat, et qui seront les marqueurs de la réussite de notre politique.

Le débat politique ne se résume cependant pas au terrain économique et social qui reste déterminant, les enjeux de société constituent aussi la matrice du changement.

Notre projet doit tenir compte des évolutions démographiques, écologiques, scientifiques, technologiques et culturelles qui traversent le monde de ce XXIème ème siècle commençant, et notre parti doit adapter son discours, ses méthodes et sa militance aux nouveaux modes de communication, en faisant attention que le « buzz » ne supplante pas la confrontation idéologique et que les « éléments de langage » ne remplacent pas le débat politique.

 

2.     Le rapprochement de la Droite et de l'Extrême Droite

 

Ce rapprochement est une des nouvelles données de la configuration politique française. Quelles que soient les dénégations de certains ténors de l'UMP, leur formation a bien franchi un cap à l'occasion des dernières élections présidentielles et législatives : la stratégie du « ni-ni », ni PS ni FN a bel et bien supplanté celle du front républicain qui était jusque là la position officielle de l'UMP.

Derrière ce « ni-ni » avancent masqués ceux qui à droite et à l'extrême droite veulent en fait souder les Droites au seul prétexte que ce serait électoralement plus « payant ».

Outre que le résultat des législatives a plutôt amené la preuve du contraire, cette question ne peut pas se résumer à une seule tactique électorale ; elle intéresse en fait tous les français, parce qu'il y va potentiellement de l'avenir de notre République.

Le Parti Socialiste et la Gauche ne doivent pas laisser s'instiller l'idée d'une certaine fatalité de ce rapprochement ; ils XX ont toujours combattu le racisme et la xénophobie qui restent la marque permanente du FN, malgré les « évolutions » de langage. La démocratie est incompatible avec le rejet et la haine de l'étranger.

Rien ne serait plus faux que de considérer que ce débat est celui de la seule droite. La réponse qui lui sera apportée dépendra aussi de notre capacité, celle de la Gauche, à renforcer la digue qui jusque là, a empêché tout accord électoral entre ces deux formations politiques. A l'occasion des élections régionales de 1992, nous avons réussi à imposer cette ligne à la Droite. Il nous appartient toujours de le faire car cette question ne concerne pas seulement la Droite française. 

 

3.     Les autres formations politiques

 

Les résultats du 1er tour des élections présidentielles nous permettent la connaissance précise des choix électoraux des français, d'autant que la faible abstention  renforce la fiabilité de l'analyse. Au-delà des résultats bruts il faut aussi s'interroger sur les tendances évolutives en comparant les résultats de 2012 à ceux de 2007 voire même de 2002.

 

·    Le haut score de la candidate du Front National est la première leçon à tirer, score jamais atteint y compris en 2002. Beaucoup d'analyses ont été développées concernant l'ampleur de ce vote dont il nous faut souligner trois caractéristiques essentielles :

 

a) il s'agit bien d'un vote national car dans toutes les régions on observe un niveau élevé de voix FN, même s'il persiste certains écarts territoriaux qui sont plutôt liées à la résurgence de facteurs anciens (régions marquées par le vote Pieds Noirs, mais en régression).

 

b) ce sont les couches populaires et une partie des classes moyennes qui sont les plus concernées par le vote FN. C'est sûrement un des effets les plus marquants de la crise économique et sociale que connaît notre pays. Ainsi un sondage réalisé par l'IFOP le jour du 1er tour montre que la candidate LE PEN a atteint 33% parmi les ouvriers et 28% parmi les employés contre 13% parmi les professions libérales.

Cette forte audience mesurée ici à l'aune de catégories objectives se confirme si l'on retient des « catégories subjectives »*. Ainsi le score de cette candidate est aussi corrélé avec les difficultés ressenties pour s'en sortir avec les revenus de son foyer : 7% parmi ceux qui s'en sortent « très facilement » contre 32% auprès de ceux qui s'en sortent « très difficilement ».. Cette partie de l'électorat est plus que d'autres marquée par l'incertitude de l'avenir et la crainte du lendemain.

 

c)   Le vote Le Pen a le plus progressé en milieu rural, mais c'est dans le grand péri-urbain qu'il connaît le niveau le plus élevé. Si François HOLLANDE est parvenu à prendre l'ascendant dans l'électorat populaire des grandes villes, il est nettement distancé par la candidate frontiste parmi les employés et les ouvriers dans le grand péri-urbain. C'est dans cet espace géographique que la confrontation FN/PS est la plus manifeste. Il faut nous souvenir du langage nouveau tenu par la candidate par rapport aux discours passés de son père. Pendant longtemps le FN s'est inspiré d'une vision libérale de l'économie faisant souvent des fonctionnaires, après les étrangers, les principaux responsables de la « régression nationale ». Sur ce point la fille n'a pas suivi le père et c'est l'élément politique le plus manifeste (la « dédiabolisation » du discours n'est que l'écume des vagues, car sur le fond du rejet des étrangers et de la xénophobie la fille vaut le père).

Lors d'un discours prononcé à Merdrignac en Bretagne Madame LE PEN s'est crue autorisée à dénoncer : « il faut cesser de vider nos campagnes de leurs forces vives, de les transformer en déserts...ceux qui restent envers et contre tout sont peu à peu abandonnés : c'est d'abord la petite école du village qui est fermée ; viennent ensuite la Poste, la Gendarmerie ; le médecin aussi...les petites structures hospitalières sont démantelées les unes après les autres.. »

Elle s’est inspirée sans retenue du slogan des années 70, « vivre et travailler au pays ! ». Ce virage à 180 degrés pour le rôle de l'Etat et de la Fonction Publique dans le développement économique n'est rien d'autre qu'électoraliste...A nous de montrer aux électeurs du Front National que ce parti les mène dans l'impasse, en prenant le risque de déchirer la société.

·      « Europe Ecologie - Les Verts » perd et gagne.

Le résultat apparemment contradictoire obtenu par le Parti Ecologique entre le premier tour de la présidentielle et le second des législatives démontre qu'il n'est pas possible de porter deux stratégies électorales à la fois. Celle d'une présence à l'élection présidentielle et celle d'un accord politique préalable avec le parti socialiste, c'était d'ailleurs la position de Daniel COHN BENDIT.

Quelles qu'aient été les difficultés personnelles d'Eva JOLY, son score s'explique d'abord par le fait que les voix qu'elle réunirait sur son nom ne pouvaient plus faire bouger les lignes de la représentation parlementaire de son parti puisque celle-ci était déjà acquise par l'accord scellé entre les Verts et le PS. Les électeurs écologistes avaient donc tout intérêt (politique) à rassembler le maximum de voix dès le premier tour sur le seul candidat de Gauche qui pouvait être présent au second, François HOLLANDE. Les sondages réalisés après le vote ont confirmé cette analyse, un faible taux d'électeurs verts se portant lui sur Jean-Luc MELENCHON. Cette stratégie a donc été gagnante pour le PS mais elle l'a aussi été pour les Verts qui peuvent pour la première fois dans leur histoire disposer d'un groupe à l'Assemblée Nationale sans que cela n'empêche le PS d'y atteindre la majorité absolue.

Cet accord a bien été un accord gagnant-gagnant.

·      Le « Front de Gauche » gagne et perd.

La séquence électorale s'est écrite à front renversé pour le parti de Jean-Luc MELENCHON : un bon score à la présidentielle suivi d'un repli important en termes d'élus. Ce résultat peut s'expliquer par une campagne présidentielle de premier tour plutôt réussie en termes de mobilisation, mais suivie d'une campagne législative qui a manqué son objectif : en voulant apparaître comme le seul vrai rempart contre le Front National, le Front de Gauche a manqué sa cible, on ne combat pas valablement l'extrême par une position extrémiste...

On retiendra aussi que Jean-Luc MELENCHON a progressé par rapport aux votes pour Robert Hue en 2002 dans certaines « terres socialistes », mais qu'il a été plutôt en recul dans les « terres communistes » (Jérôme Fourquet, Le Sens des cartes) ce qui explique pour partie l'issue des élections législatives.

Enfin les 11,1% obtenus par le candidat de Front de Gauche sont à rapprocher de la somme des scores obtenus en 2007 par la candidate communiste et les candidats d'extrême gauche.

·      Le repli du Modem.

A l'élection présidentielle de 2007 François BAYROU s'était hissé au rang de troisième homme, en 2012 il arrive en cinquième position et son score est pratiquement divisé par deux.

Entre temps il a perdu beaucoup de ses soutiens qui ont choisi Nicolas SARKOZY pour le deuxième tour de l'élection présidentielle de 2007. En constituant le « Nouveau Centre » ces élus et militants emmenés par Hervé MORIN devenu Ministre des Armées, n'ont fait que reconstruire le Centre ancien, c'est-à-dire une variante de la droite. En maintenant le pari de construire un Centre indépendant (à la droite) François BAYROU a perdu la moitié de ses électeurs qui n'ont même pas tous compris pour quelle raison il votait à titre personnel pour François HOLLANDE au deuxième tour de l'élection présidentielle.

Le résultat de ce que certains considèrent comme une aventure politique est la véritable déroute aux élections Législatives : deux députés qui se réclament du MODEM et son leader qui est battu sur ses propres terres électorales...

La tentation est désormais grande de passer par pertes et profits cette posture politique indépendante que le bi-partisme mène inéluctablement à sa perte (électoralement parlant).

Il faut cependant s'interroger sur les 9,1 % d'électeurs qui ont continué à voter pour F.BAYROU au premier tour, un score largement suffisant pour faire changer les majorités politiques ; l'idée d'un Centre indépendant mais dominant la scène politique française doit être définitivement abandonnée. Il reste posée la question d'un Centre qui ne serait pas inféodé à la Droite, et pourrait même soutenir dans certaines conditions une politique de gauche. C'est ce risque qu'ont parfaitement compris Jean-Louis BORLOO et ses comparses qui vont tout faire pour réinventer...l'UDF!

·      Le tiers de l'électorat

Si l'UMP et le PS dominent depuis longtemps la vie politique française, il nous faut toujours se rappeler qu'ils constituent ensemble les 2/3 de l'électorat ; le tiers restant a, du fait de notre Constitution un poids électoral largement inférieur à son poids politique. L'engagement de François HOLLANDE et du Parti Socialiste à introduire une part de proportionnelle pour les prochaines élections législatives va donc changer la donne.

Cette disposition ne sera pas en mesure de « casser » le bi-partisme, mais obligera un peu plus l'UMP et le PS à passer des alliances électorales pour s'assurer d'une majorité claire et suffisante.

Le Parti Socialiste doit intégrer cette perspective à sa réflexion politique, et notre Congrès devra se prononcer davantage que les Congrès précédents, sur la nature des alliances que le PS doit construire. Pour nous celles-ci ne peuvent s'envisager que dans le champ de la Gauche, à l'exclusion de toute autre stratégie.

B. LA SOCIÉTÉ FRANCAISE ET MONDIALE APRES 10 ANS DE DROITE ET DE SARKOZYSME

A Depuis les années 1970 l'individualité dans les modes de vie caractérise les modèles sociaux pour se traduire par le besoin de reconnaissance, au risque de se pervertir dans l'individualisme. Dans ce même temps le citoyen a besoin d'appartenance à un groupe, une cité, un atelier. La mondialisation financière, économique, commerciale a pour effet de diluer le sentiment d'appartenance dans un « tout »trop vaste et lointain qui finit par ne plus atteindre son but. C'est pourquoi on observe un repli identitaire qui remplace les modes d'appartenance anciens, à la cité, aux classes sociales.

On assiste à la montée des violences idéologiques claniques et racistes...l'appartenance au groupe se fonde ainsi sur le rejet des autres groupes.

De façon concomitante à la mondialisation, et parce qu'elle a été dominée par le modèle libéral, la concurrence s'est développée entre les individus eux-mêmes, entre les continents les religions et toutes les instances qui constituent les sociétés organisées au premier rang desquelles les entreprises, le secteur public n'échappant plus à cette idéologie individuelle et concurrentielle.

On est passé en trois décennies d'une pratique solidaire, celle de l'après-guerre, périodes des grandes formations politiques, syndicales, associatives réunissant un grand nombre de citoyens à une posture solitaire, chacun essayant de trouver la bonne réponse pour lui-même.

Le sarkozisme n'a jamais été que la phase ultime de cette évolution, et la crise a sonné le glas de l’hyper-libéralisme

La crise peut avoir l'effet positif du retour aux valeurs collectives comme réponse aux dérives désastreuses d'un système qui ne reconnaît comme seul moteur que l'accumulation de profits pour le compte d'un petit nombre...

C'est la Gauche qui porte les valeurs de justice, se tenant à égale distance de l'individualisme et du collectivisme.

Du fait de la crise et de la politique anti-sociale du précédent gouvernement, les classes moyennes française subissent le «déclassement» ou ressentent la «peur du déclassement».

La classe ouvrière, celle des smicards, des précaires, des chômeurs, ne peut pas avoir peur du déclassement ; elle a peur de la perte : perte de l'emploi, perte du pouvoir d'achat, perte des repères de vie (des zones industrielles se transforment en friches), le tout se traduisant par une véritable perte d'identité. Quand on a presque rien, perdre un peu c'est perdre beaucoup trop !

Nous devons réserver, comme l’a indiqué François HOLLANDE, de façon prioritaire les « emplois d'avenir » aux couches les plus défavorisées de la population, et développer une politique éducative dès la petite enfance, et de formation continue permettant à tous ceux qui sont en voie d'exclusion de trouver une véritable place et une véritable reconnaissance.

Nous devons garantir pour les plus démunis, la progression du pouvoir d'achat par des mesures salariales et la maîtrise des coûts des loyers, de l'eau, de l'énergie...

Ce qui est déterminant, c'est de préparer un monde où chacun trouve sa place, et qu'il en soit de même pour les générations futures et ainsi répondre aux attentes des classes moyennes et de la classe ouvrière.

 

B. LA CRISE POLITIQUE ECONOMIQUE ET FINANCIERE EN EUROPE ET DANS LE MONDE.

Il n'y a pas d'approche des questions économiques sociales et sociétales sans que les réponses proposées ne s'envisagent au niveau mondial. Chaque individu appartient aujourd'hui au « village planétaire » selon la formule pertinente d'Edgar MORIN.

Cette évolution a un double effet :

-   Beaucoup de citoyens, deX jeunes, privilégient l'engagement humanitaire, nécessairement transnational, d'autant qu'internet permet en permanence de se relier au monde entier.

-   Le repli frileux sur le territoire national considéré comme plus identifiant que le monde lui-même entraînant des réactions de rejet de tous ceux qui paraissent étrangers.

C'est ainsi que le Front National veut rendre la mondialisation responsable de tous nos maux.

Les socialistes défendent une vision progressiste de la mondialisation contre la construction libérale qui  s'est imposée; ils sont internationalistes tout en dénonçant le désordre capitaliste du monde.

·    L’EUROPE

- La crise a convaincu les Français qu'une partie des réponses ne se trouvera pas seulement en France, mais dans et par la construction européenne qui représente ainsi un enjeu décisif.

Il nous faut donc construire une Europe qui protège et se protège mais sans dérive protectionniste.

La finance doit encourager et non freiner la croissance nécessaire à la vie des 9 milliards d'humains qui peupleront demain la planète, alors qu'elle promet à tous une cure d'austérité et de misère.

François HOLLANDE a su imposer un volet croissance indispensable à la réduction des dettes publiques de l'ensemble des pays européens. L'orientation défendue par le Président de la République et la construction d'un « projet social européen »permettront de définir pour tous les travailleurs d'Europe les avancées en termes d'emplois, de salaires, de conditions de travail, d'innovation...

Nous appelons la réunion des Etats Généraux de la Gauche Européenne, politique, syndicale et associative, première étape pour constituer une véritable dynamique progressiste, à l'échelle de l'Union Européenne, capable d'imposer des règles sociales face à l'emprise des capitaux et des banques.

L'Europe reste encore une entité administrative sans que rien ne vienne en manifester l'existence au-delà de certains symboles et des décisions de son Parlement qui semble parfois « s'opposer »aux intérêts nationaux.

La crise est là : fermeture d'entreprises, délocalisations, inadaptation des outils de production, etc..

Le diagnostic n'est jamais posé sur des bases démographiques. Depuis A.SAUVY, chef de cabinet de Pierre MENDES-FRANCE, on sait qu'une société qui ne renouvelle pas sa population est vouée au déclin et à la régression économique. La sous-natalité européenne, après avoir provoqué un effet euphorisant (peu d'investissement pour les enfants en  écoles, crèches, formations) engendre une société dominée par les classes les plus âgées. Elles cumulent les pouvoirs politiques et patrimoniaux.

Ce sont les générations les plus jeunes qui assument seules le poids des charges sociales. Le dynamisme intellectuel, scientifique est paralysé par les pesanteurs démographiques. Va-t-on continuer de sacrifier les jeunes générations ?

La crise européenne frappe en priorité l'Europe du Sud. Est-ce un hasard ? Ces pays s'enfoncent depuis plus de cinquante ans dans un désastre démographique (le taux de natalité est de 1 en Italie , Espagne, Grèce, Portugal, alors qu'il devrait être de 2,2 pour renouveler une population . Aucune mesure n'a été prise pour modifier ce phénomène. L'Allemagne elle-même a masqué son déficit (de 1,3 à 1,4) en absorbant la jeunesse de l'ex RDA très bien formée...

Curieusement l'Union Européenne qui a conscience du problème n'envisage pas une relance économique par une politique nataliste. Les membres de l'UE du Sud et de l'Est y trouveraient une énergie nouvelle basée sur de jeunes générations prêtes à relancer une machine industrielle en panne d'innovation et d'ambition. Le modèle familial français et celui de l'Europe du Nord ont montré leur efficacité : il est temps que la vieille Europe se rajeunisse !

Les frontières géographiques structurent notre monde et conditionnent les relations entre les Etats et les peuples. Les frontières sont faites pour être franchies. Les mouvements migratoires sont aussi anciens que l’humanité ; les immigrations doivent être abordées par la Gauche comme une chance et en aucun cas comme une menace. Elles doivent être prévues, préparées, régulées et être parties intégrantes des échanges économiques et sociaux. Et ce, dans un cadre d’abord européen.

·     UN MONDE LOURD DE MENACES

A la bipolarisation née de la guerre de 39/45 a succédé, après la chute du mur de Berlin, un mode multipolaire où les pays dits émergents comme la CHINE, l'INDE, le BRESIL...sont autant de puissances économiques, démographiques et sociales.

Ce monde reste marqué par la famine persistante, la pauvreté dans laquelle vivent des milliards d'humains et le sentiment pour certains peuples – en AFRIQUE, en ASIE, au MOYEN-ORIENT- d'être les laissés pour compte du développement planétaire. Un sentiment d'humiliation peut provoquer des replis nationalistes, ethniques et les intégrismes religieux.

Le monde multipolaire est ainsi devenu un monde multirisque puisque multipliant les lieux et les raisons de conflits, parfois armés, avec leurs cortèges de populations civiles déplacées et violentées.

Depuis quelques mois le MALI est devenu l'exemple même de l'évolution plus que préoccupante de l'état actuel de notre monde.

·     LE PRINTEMPS ARABE : ESPOIRS ET DECONVENUES.

Tous les progressistes les démocrates, les humanistes se sont associés à l'espoir provoqué par le printemps arabe faisant chuter en TUNISIE, EGYPTE, LIBYE...des régimes totalitaires et corrompus. L'image des peuples reprenant en mains leur destin a marqué tous les citoyens du monde jusqu'à ce que les élections donnent la majorité à des partis proches de l'intégrisme religieux.

Certes c'est à chaque peuple qu'il revient de décider de son destin, et la liberté de vote comporte toujours un risque, mais nous devons affirmer sans faiblesse que pour nous la démocratie ne se résume pas à l'élection et que la démocratie ne progresse pas là où les droits des femmes régressent.

Il ne s'agit pas d'affirmer des valeurs prétendument occidentales mais de défendre des valeurs universelles.

Avec l'AFGHANISTAN, le PAKISTAN, l'IRAN et surtout la SYRIE, ce sont l'ensemble des pays quiX se réclament de l'islam qui connaissent une véritable déstabilisation pouvant porter en germe de lourdes menaces pour la paix mondiale ; et d'abord la paix en ISRAEL.

Le rôle de la FRANCE du fait de son histoire et de sa puissance militaire est ainsi primordial pour éviter un tel chaos.

Dans cette réalité préoccupante nos liens historiques et culturels avec les pays du MAGHREB peuvent être un point d'appui déterminant pour conforter la paix et le progrès. La volonté de François HOLLANDE, l'action de Laurent FABIUS, les liens des socialistes avec les Algériens dont ceux qui vivent en France, constituent un espoir qu'il nous faut renforcer.

II.- Répondre aux attentes des Français

Dans le cadre des engagements du Président de la République et du Gouvernement conduit par Jean-Marc AYRAULT, nous proposons de rassembler l'action des socialistes autour de trois priorités : protéger, prévoir, prévenir.

A. PROTÉGER

La crise financière a des conséquences sociales et humaines au cœur des préoccupations des Français, qui se sentent de plus en plus menacés ; certains ne croient plus en l'avenir ce qui provoque xx détresse et même désespoir avec le risque d’un geste suicidaire ; cette situation entraîne un besoin légitime de protection.

Pour nous, protéger ne doit pas être synonyme d'assister, encore moins d'infantiliser.

Les français, quelle que soit leur situation sociale, n'ont pas besoin de générosité comme leur propose Jean-François COPE, ils ont besoin de respect. La protection s'inscrit dans notre vision républicaine de la société et consiste à renforcer un ensemble de droits et de devoirs, pour permettre à chacun, quel que soit son âge, son genre ou son statut, de trouver une place et se construire un avenir :

·    Droit au logement : c'est le droit premier qui détermine l'exercice de beaucoup d'autres droits. Le logement au tout début de la vie est l'espace d'apprentissage de la relation avec les parents, le voisinage, l'environnement social. L'exiguïté du logement, la trop grande promiscuité peuvent provoquer des comportements déviants ou des violences. Cela rejaillit sur la façon d'être ensemble au sein de la famille et avec les autres habitants de l'immeuble, du quartier, de la ville. Un logement dégradé peut dégrader le comportement de ceux qui y vivent : un espace de vie dans la dignité doit être un droit reconnu pour tous, dès la petite enfance.

Les seules règles du marché ne peuvent déterminer la construction et la distribution des logements. Les injustices sociales ont une première traduction, les inégalités territoriales. L'ensemble de l'espace urbain doit être pensé comme une véritable entité, il faut parler de la cité et non des cités.

Les centres des grandes agglomérations urbaines sont constitués d'immeubles à étages multiples voire de tours, la construction en hauteur démultiplie la valeur du sol : pour respecter la règle des 20% de logement social chaque immeuble de cinq étages devra en comporter au moins un attribué au logement ou à une activité sociale. C'est la seule façon de réaliser la mixité urbaine sans découper le sol de la ville en différentes zones finissant par stigmatiser, pour les plus pauvres, les populations qui y vivent. Moins l'individu se sent reconnu dans l'ordre social, plus il a besoin de se sentir appartenir à son quartier ; les phénomènes de clans et de bandes sont d'autant plus exacerbés que les jeunes se sentent relégués et stigmatisés.

L'offre de logement doit s'adapter à l'évolution des modes de vie : les familles monoparentales, les personnes âgées valides et parfois seules, les étudiants, les jeunes travailleurs, ont besoin de studios, F1, F2, qui devraient être systématiquement proposés dans l'ensemble des habitations de façon à éviter des concentrations par âges ou par modes de vie.

L'habitat vaut aussi par le lien social qu'il génère, ce sont les deux faces d'une même réalité, on ne peut construire l'un sans se préoccuper de l'autre.

Dans les grands immeubles, les quartiers, les hameaux en zone rurale, des « emplois-liens » seront créés pour assurer de façon permanente une présence humaine solidaire et disponible. Ils favoriseront le bien vivre ensemble et pourront être recrutés avec le statut d'emplois d'avenir ou proposés à des seniors en recherche d'emplois. Ils seront aussi des vigiles en contact avec les services éducatifs, sociaux et de justice, pour alerter sur des situations humaines et (ou) sociales dégradées.

·    Droit à l'éducation 

Avec  le droit à la qualité du logement, le droit à l'éducation pour tous, dès la petite enfance, est la condition pour aller vers l'égalité des chances ; C’est dès le plus jeune âge que l'épanouissement individuel et les capacités personnelles trouvent ou ne trouvent pas les conditions de leur développement. François HOLLANDE a placé l'éducation et la jeunesse au cœur de l'action publique qu'il veut mettre en œuvre en s’en donnant les moyens (60 000 postes supplémentaires sur le quinquennat ).

Dès le plus jeune âge il faut mieux intégrer les actions médico-sociales, scolaires et péri-scolaires, non pas pour suppléer les parents, mais pour construire avec eux un espace de vie pour l'enfant plus propice à ses rencontres et découvertes. Les sources de difficultés parentales se trouvent très souvent dans la précarité de leur parcours professionnel, dans l'éloignement de leur lieu de travail qui les rende moins disponibles en temps et en projets.

Les conflits, voire les relations violentes, aboutissent souvent à la séparation parentale. Les familles monoparentales ne sont plus l'exception. Beaucoup d'enfants manquent encore de soutiens affectifs et relationnels du monde des adultes, compensés par les réseaux d'aide aux familles. Mais ceux-ci interviennent souvent de façon répétée mais ponctuelle laissant de longues périodes d’abandon (soir, week-end).

L'instauration des « emplois-liens » permettra une présence permanente et donc plus rassurante et efficace.

Plus tard le monde des adultes doit être attentif aux messages qu'il adresse à la jeunesse : entre l'enfant-roi centre du monde et l'attente de sa réussite en toute discipline (scolaire, sportive, musicale...), notre société multiplie les « injonctions paradoxales » et nombre d'adolescents sont en souffrance. Il faut renforcer le maillage collectif autour d'eux, les Maisons des adolescents leur offrent un accueil et une orientation pour leur permettre de se construire comme de futurs citoyens responsables. Leur formation doit leur permettre d’intégrer la vie active en ayant les possibilités de changer de métier grâce à la formation tout au long de la vie. Aussi la qualité de la formation initiale est primordiale pour les préparer à ces adaptations et l’apprentissage peut constituer pour certains une des meilleures voies.

·    Droit à l'emploi

Avec la crise et les plans sociaux qui se multiplient souvent consécutifs à l'impéritie des gouvernements de Droite, la question du chômage est à nouveau la question numéro un de la société française. C'est pour y remédier que le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT, suivant en cela les engagements du Président e de la République, a placé au cœur de son action le redressement productif et le refus de considérer l'emploi comme la variable (toujours en baisse) d'ajustement de la gestion des entreprises et de la production.

Face à la Droite et au patronat dont l’objectif est de toujours tirer vers le bas l'emploi et les salaires au nom de la sacro-sainte compétitivité, c'est le devoir de la Gauche politique et syndicale qu'il revient de porter la croissance et le progrès économique en s'appuyant sur le progrès social.

C'est l'enjeu majeur du changement que les Français doivent mettre en œuvre avec le Président de la République et toutes les forces disponibles.

Tous les leviers politiques économiques et sociaux (banque d'investissements, nouvelle politique industrielle, refus des licenciements économiques, emplois socialement utiles...) doivent être utilisés pour faire inverser la courbe du chômage. Les Français ont compris que cette politique réussira d'autant plus qu'elle sera menée au niveau national et au niveau européen.

L'économie ne se résume pas à la loi du marché et aux initiatives des entreprises. Le secteur public participe lui aussi au développement économique qui suppose des infrastructures, des interconnexions, des moyens de communication, d'une qualité toujours renouvelée.

Nous devons aussi faire porter notre effort pour développer de façon déterminée l'économie sociale et solidaire. La création innovante d'un ministère qui lui est dédié, marque la nouvelle place qu'on veut lui donner dans la production des biens et des services.

·    Droit à la sécurité et à la justice

La Gauche doit défendre l'autorité et ne pas laisser l'idée s'installer que seule la Droite saurait le faire.

Puisque l'on souhaite l'instauration d'une autorité politique internationale pour réguler les rapports entre les états et la finance, il nous faut de la même façon assurer des rapports respectueux entre les individus. Lorsqu'il y a un manque d'autorité, ce n'est pas la justice qui règne, mais bien la loi du plus fort du clan, du caïd ou du gourou.

La Gauche au gouvernement a déjà su se montrer exemplaire pour refuser les violences envers les femmes, les salariés (loi sur le harcèlement moral au travail ) les violences racistes (loi condamnant les discriminations), les violences homophobes, elle doit refuser avec la même détermination les violences civiques (dégradations, incivilités, agressions, racket) dont sont victimes les plus démunis ou les plus vulnérables de la société.

Cette violence individuelle ou à travers des bandes organisées prend la forme au-delà d'actes véritablement délictueux ou criminels, d'un harcèlement civique, qu'il faut sanctionner à la mesure des méfaits qu'il provoque dans la vie quotidienne et le vivre ensemble.

C'est à la police qu'il revient de protéger les citoyens, et cette protection ne peut se réaliser que dans la proximité. La police de proximité n'est pas une lubie de la Gauche, c'est la condition même de la réussite de la mission policière, qui ne peut en aucun cas se confondre avec la mission des services sociaux ou éducatifs qui inscrivent eux leur action dans la prévention.

La police a aussi pour rôle de repérer et d'arrêter les auteurs d'infraction pour les présenter à la justice.

Nous avons besoin d'une justice indépendante, dotée des moyens humains, administratifs et techniques, rendus nécessaires par les progrès technologiques considérables, l'attente des justiciables, et l'évolution de l'opinion publique.

Le juge d'instruction sera le garant des droits et des moyens entre l'accusation, qui sera indépendante du pouvoir politique et la défense. L'indépendance des experts par rapport aux magistrats sera consacrée : ils auront l'obligation d'agir selon les règles et les savoirs les plus avancés de leur discipline.

·    Droit à la santé

François HOLLANDE s'est engagé pendant la campagne présidentielle à sécuriser l'accès aux soins, cet objectif est essentiel tant les disparités de santé et d'espérance de vie sont la marque première des inégalités sociales. L'hôpital ne sera plus considéré comme une entreprise et retrouvera sa mission de service public. La place des Urgences Hospitalières, qui cannibalisent l'activité de ces établissements et deviennent la porte exclusive d'entrée à l'hôpital, sera reconsidérée. Le critère d'urgences parfois nécessaire, ne peut pas rester l'indicateur premier de la qualité des soins.

La rémunération des médecins de ville comportera une part forfaitaire consacrée aux missions de santé publique que chaque praticien doit mettre en œuvre.

De même le financement des installations particulièrement onéreuses (équipement en radiologie, biologie...) devra être déconnecté du remboursement de l'acte médical proprement dit.

L'industrie pharmaceutique devra être mieux associée à la politique de redressement industriel, à l'innovation et s'intégrer dans la perspective d'une médecine prédicto-préventive qui est l'un des enjeux des prochaines décennies. Le métier de visiteur médical devrait changer de nature, en assurant un rôle d'information et de sensibilisation des médecins, déconnecté des obligations commerciales très souvent discutables pour la santé de la population. .

·    Droit aux libertés et choix individuels 

La culture n'est pas un supplément d'âme que l'on répand sur une société en perte de sens et de repères, elle est un besoin irrépressible de tous les humains, la marque de toutes les civilisations quel que soit son mode d'expression artistique.

Aujourd'hui les biens et les services culturels se transmettent grâce aux réseaux de communication, radio, télévision, internet, qui deviennent par leur puissance même l'outil principal de la diffusion culturelle, et qui peuvent imposer leurs choix au prix de milliards de dollars avec des enjeux capitalistiques et géostratégiques sans précédent.

Face à cette déferlante financière, à ces décideurs privés, il faut affirmer avec toujours plus de force que la culture n'est pas une marchandise comme les autres.

Le fait culturel, quelle que soit son origine géographique ou sa référence historique et philosophique, participe pleinement à la qualité du vivre ensemble ; il ne s'agit en rien d'imposer la même norme à tous, mais bien de permettre à chacun de s'approprier une part de ce qui fonde le bien commun. Un pays qui délaisse la culture, est un pays qui meurt.

D’autre part, la laïcité est la première garantie de la liberté d’expression culturelle. Le combat laïque est plus que jamais d'actualité alors que cent ans après son vote la Loi sur la Séparation des Eglises et de l'Etat subit les coups de butoir du communautarisme et du sectarisme.

La société n'ignore pas le fait religieux comme étant l'un des grands vecteurs de la spiritualité, mais celle-ci ne se confond pas avec la croyance religieuse. Le principe de neutralité de l'Etat est la condition de la libre adhésion des croyants.

Le communautarisme est l'exact contraire de notre vision républicaine selon laquelle chacun appartient à la nation qui lui confère un ensemble de droits et de devoirs, l'appartenance à un groupe quel qu'il soit, ne pouvant se substituer à l'obligation citoyenne. Il porte en lui le risque de discrimination et de relégation.

Il ne s'agit pas d'évacuer la réalité des communautés comme espace de la vie des individus, il s'agit de refuser qu'elles enferment leurs membres dans une idéologie sectaire et dans un rapport clanique à la société, faisant le lit du racisme et de l'anti-sémitisme.

Puisque le droit doit être le même pour tous, il faut garantir l'égalité hommes/femmes dans tous les espaces de vie et d'activité. C'est l'honneur du gouvernement de Lionel JOSPIN d'avoir érigé la parité en principe d'organisation politique et sociale. Il lui reste à s'imposer partout comme une réalité. Tout ce qui cloisonne, cantonne, isole, les femmes dans des rôles spécifiques, tout ce qui les discrimine pour la raison exclusive qu'elles sont des femmes, est inacceptable.

Partout dans le monde le combat pour le droit des femmes se confond avec le combat pour la démocratie

Ce principe d'égalité des droits vaut pour chaque citoyen quels que soient ses choix de vie personnelle : le Président de la République s'est engagé avec détermination pour reconnaître aux homosexuels le droit au mariage et à l'adoption.

B. PRÉVOIR

On ne peut inscrire notre vision de l'économie et du progrès social dans la perspective d'un développement durable sans projeter les conséquences des décisions prises dans le moyen et le long terme. Préparer l’avenir implique le principe de précaution  et oblige lui à la prudence, voire à l'abandon de certaines techniques comme c'est le cas aujourd'hui pour le gaz de schiste.

Si la planification de l'économie et de la société n'est plus à l'ordre du jour, le principe de prévision s’impose avant toutes les décisions ayant un impact durable sur notre avenir.

Trois grands domaines au moins nécessitent son application :

·    les sciences et la technologie

Elles changent plus profondément nos modes de vie, nos attentes personnelles et nos relations sociales, que certaines décisions politiques ou économiques. Nous ne devons pas être les simples « spectateurs consommateurs » des nouvelles techniques. La recherche scientifique médicale et technique doit être soumise à un véritable contrôle démocratique pour imposer les règles éthiques sans lesquelles les générations futures pourraient être exposées à une crise morale touchant le fondement même de l'humain. L'histoire des sciences nous apprend que toutes les découvertes ont été un jour appliquées, même avec les plus funestes destins.

Les institutions de la République comprennent un « Conseil Economique Social et Environnemental » qui permet d'éclairer les pouvoirs publics et l'ensemble des décideurs, sur les conséquences pour les générations futures des choix dans les domaines sociaux et écologiques. Nous proposons que soit constitué sur le même modèle un « Conseil de la Science de la Santé et de l'Ethique  ».

Pour manifester l'importance que l'on accorde à ces problèmes majeurs et pour ne pas être redondant avec un ensemble de structures déjà existantes ce Conseil devra regrouper les activités : du Comité National d 'Ethique de la Science et de la Recherche Médicale, de la Haute Autorité de la Santé, du Conseil National de la Santé Publique, de l'Office des Sciences et des Technologies et de tous les organismes publics qui oeuvrent pour la même cause.

·    l'énergie

François HOLLANDE s'est engagé à réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025, en garantissant la sûreté maximale des installations et en poursuivant la modernisation des industries nucléaires.

Conformément aux engagements du Président de la République le gouvernement doit mettre en œuvre un vaste plan permettant à 1 million de logements par an de bénéficier d'une isolation thermique de qualité. La production de l'énergie domestique doit se réaliser au plus près de sa consommation afin d’éviter surcoût et perte de capacité : équipement photo-voltaïque, géothermie...sont pour nous prioritaires.

En parallèle et en vue de la réduction d’émission de gaz à effet de serre, le développement du moteur électrique et des moteurs hybrides développé dans l’industrie française doit continuer à être encouragé.

Parce que notre pays possède un vaste territoire de bois et de forêts, la filière bois pour l'énergie et pour l'habitat, représente aussi une perspective d'avenir.

·    les politiques publiques

Elles touchent notamment les filières professionnelles dont les effets XX ont des répercussions des années, voire des décennies plus tard. C’est le cas des secteurs comme l’école ou la santé qui sont en corrélation directe avec la démographie ou la mobilité de la population.

La gestion des professions médicales est un exemple de l’incohérence des décisions politiques qui, cédant aux contraintes financières à court terme, engendrèrent les problèmes de désertification médicale et/ou la disparition de certaines disciplines, alors que cette évolution était parfaitement prévisible ; aujourd’hui le manque de médecins dans certains territoires et dans certaines spécialités va rendre l'accès aux soins pour tous plus difficile d’autant plus que l’espérance de vie augmente.

Le même phénomène a souvent été évoqué pour les établissements scolaires où la qualité d’enseignement est discriminatoire par manque d’enseignants ou les capacités d’accueil sont insuffisante lors de certaines rentrées.

C .PRÉVENIR

La gauche a toujours privilégié la prévention, à la sanction dans le domaine de la justice, ou aux soins de la santé.

La France cependant n'a pas acquis la culture préventive  telle qu’elle prévaut dans d'autres pays européens ou nord-américains ; il nous faut donc rattraper ce retard en faisant de la prévention une des nouvelles priorités de notre action. Le milieu associatif a souvent  été précurseur pour le développement des pratiques préventives, mais aujourd’hui  ces structures importantes et nécessaires au tissu social rencontrent des difficultés de financement et aussi de gestion ; il devient donc urgent de changer notre regard sur ces activités bénévoles qui, pour nombre d’entre elles s’apparentent désormais à de petites entreprises avec les contraintes inhérentes pour les responsables de ces organisations : disponibilité croissante, gestion des salariés, gestion des « usagers » dans le cas de services à la personne, contrôles multiples, gestion de conflits, etc…

Le statut de bénévolat pour les responsables de ces structures semble aujourd’hui peu compatible avec la réalité quotidienne à laquelle certains responsables doivent faire face. XX Comme les élus locaux, ils devraient pouvoir bénéficier d’une reconnaissance de leur rôle primordial dans le lien social par le versement d’indemnités (sous forme de chèque solidarité par exemple) et/ou d’avantages spécifiques liées aux activités de l’association qu’ils animent quotidiennement.

La vie associative est parfois ponctuée de désaccords, de conflits voire de violences alors qu'elle est censée défendre l'intérêt général. Pour éviter l'enkystement de certaines situations voire l'appel à des procédures judiciaires (coûteuses et chronophages), le recours à un médiateur de la vie associative pourrait être la réponse adaptée.

Si l'intervention associative doit rester l'un des fondements de la prévention, la politique publique doit en assurer la cohérence et lui donner les moyens indispensables à la réussite de ses missions. Les pouvoirs publics se doivent d‘identifier les fléaux sanitaires ou sociaux et valoriser leur prévention par le relais de ces associations afin de les endiguer et réduire ainsi les coûts humains, économiques et sociaux qu'entraînerait l'absence de mesures préventives.

Dans la société complexe de ce début du XXIème siècle, où l'individu doit faire face à des situations humainement et socialement dégradées, nous proposons de nous impliquer sur quelques chantiers prioritaires :

·    le mal-être au travail

Depuis que le gouvernement de Lionel JOSPIN a fait voter la loi pénalisant le harcèlement moral au travail, la société française et les acteurs économiques (patronat, syndicats) ont pris conscience de l'importance du bien-être au travail sur le plan physique, mais aussi psychologique et relationnel, et de la nécessité de le préserver. Lorsque les salariés vont bien, c'est l'entreprise elle-même qui peut prospérer : le mal-être au travail, le harcèlement , la dégradation des conditions de travail n'ont pas seulement un coût humain, ils ont aussi un coût économique et financier pour l'entreprise ou le service concerné.

La prévention des risques psycho-sociaux au travail est un chantier prioritaire.

On sait que les plans sociaux, les restructurations, les changements de stratégie managériales peuvent fragiliser certains salariés : il nous paraît opportun que des salariés seniors puissent consacrer leur activité pour accompagner les changements survenant dans l'entreprise. Ils pourraient être recrutés dans le cadre des emplois inter-générations souhaités par le Président de la République.

Un système bonus-malus pourrait être instauré de façon à ce que les entreprises qui protègent la santé des salariés bénéficient d'une « détaxe sur la valeur humaine ajoutée » venant réduire le coût de la taxe sur la valeur économique ajoutée (TVA) payée par les entreprises.

Le bien-être au travail peut être entravé par des conditions de transports particulièrement longs et pénibles qui devraient faire l'objet d'une enquête nationale pour mieux apprécier les méfaits éventuels de telles situations.

Le mal-être ne touche pas seulement les salariés, mais il concerne plus encore peut-être ceux qui ont perdu leur travail. La « sécurisation du parcours professionnel » en développant la formation tout au long de la vie permettra d’éviter de trop longues périodes sans emploi. Le chômage provoque des conditions matérielles et sociales difficiles (surendettement fréquent) auxquelles s’ajoute la dégradation de l'état de santé. Or le chômeur ne bénéficie plus de la médecine du travail. Il devra pouvoir bénéficier dès le licenciement d'un réel suivi médico-social (au moins sur deux ans) au même titre que les salariés en activité.

·    le suicide

En provoquant chaque année la mort de plus de 11 000 françaises et français (dont 6 500 âgés de 30 à 60 ans) le suicide est la 1ère cause de mortalité pour nos concitoyens âgés de 40 à 45 ans, c'est-à-dire ceux qui seraient en pleine activité.

Si l'on ajoute à ces morts nos 120 000 compatriotes qui réalisent une tentative de suicide nécessitant des soins parfois sur une longue période, on comprend pourquoi le suicide représente un grave problème de santé publique qu'il est nécessaire de mieux prévenir.

L'onde de choc qu'il provoque toujours atteint non seulement les proches, mais aussi les collègues de classe, d'entreprises, l'entourage social, voire parfois la société toute entière.

Le suicide n'est pas suffisamment connu et étudié dans notre pays, on ne sait pour l'heure rien des effets de la crise économique et sociale sur l'évolution de la mortalité suicidaire. Il faut créer un « Observatoire du Suicide et des Conduites Suicidaires », organisme public mais indépendant et doté de fonds propres. Il permettra le suivi de l'évolution des morts et des tentatives selon les différents groupes de la population, première condition pour la mise en œuvre des mesures préventives nécessaires.

 

·    les addictions

Aujourd'hui on parle moins d'alcoolisme, de tabagisme, de toxicomanie, c'est le terme addictions qui est venu englober l'ensemble de ces comportements à risques qui peuvent débuter dès le très jeune âge.

Certaines pratiques nouvelles comme celle du « binge drinking »sont particulièrement risquées. L'usage de médicaments psychotropes est autant recherché pour ses effets psychologiques que par la stimulation qu'ils peuvent provoquer : l'effet « dope » est particulièrement recherché dans une société marquée par la concurrence.

Le débat concernant la dépénalisation des drogues n'est pas encore à l'ordre du jour, mais nous pouvons être d'accord pour développer la prévention au moins autant qu'appliquer les sanctions. (à l'exception des trafiquants bien sûr). C'est pourquoi la Mission Interministérielle de Lutte contre la Dépendance et la Toxicomanie (MILDT) devrait voir sa mission préventive reconnue et développée ce qui devrait se traduire par le changement de son appellation.

 

·    les violences

Prévenir les violences, c'est d'abord prévenir les comportements agressifs souvent provoqués par des carences éducatives dès la petite enfance, d'un manque d'étayage éducatif, d'une faille familiale, qui nécessitent une attention collective.

Le système éducatif peut, dès la maternelle, faire saisir aux très jeunes enfants qu'il n'est pas nécessaire d'être violent pour se faire entendre. L'incivilité reflète autant la fragilité et le manque de confiance en soi qu'une volonté perverse de puissance. Tout ce qui peut renforcer l'estime de soi doit être entrepris, comme cela se fait dans les pratiques éducatives de certains pays du Nord de l'Europe.

-     Parmi les violences, les violences de couple doivent retenir toute notre attention parce que près de 10 % des femmes en ont été ou en sont victimes. Selon l'Organisation Mondiale de la Santé les femmes victimes de ces violences perdent entre une et quatre années de vie en bonne santé quand ce n’est pas leur vie même.

Traumatisme physique mais aussi injures, menaces, dépréciation et rapports sexuels forcés. Par un phénomène d'emprise et par une situation de dépendance matérielle et sociale, la victime peut subir les pires avanies pendant des années, avec abus de substances toxiques, réactions dépressive et même conduites suicidaires. La réponse est dans la dénonciation du conjoint violent mais qui n'est jamais facile pour la victime. Les campagnes de sensibilisation sont toujours nécessaires, mais rarement suffisantes. Il existe des freins psychologiques profonds, situations de vie inextricables qui empêchent les femmes de se plaindre : les actions préventives doivent tenir compte de ces difficultés spécifiques. Enfin, les conditions de vie dégradées, le confinement dans un logement trop petit et inadapté, la promiscuité des relations adultes-enfants sont des facteurs de risques dont il faut tenir compte ; les violences conjugales posent le problème des inégalités hommes/femmes, mais aussi celui des inégalités sociales.

-     Il faut porter une attention toute particulière aux violences à caractère sexuel. Plus de la moitié des procès criminels ont pour cause une violence de ce type. Nous manquons dans notre pays d'études et de recherches concernant ces comportements particulièrement destructeurs et inacceptables ; c'est la raison pour laquelle la création d'un « Institut National de recherche et de prévention pour ces violences » nous paraîtrait opportun. Il pourrait regrouper des médecins experts, psychiatres, psychologues, mais aussi des magistrats, avocats, des personnels de prisons. Une meilleure compréhension de ces phénomènes pourrait éviter certaines de ces violences et leur récidive.

-     Un numéro vert garantissant un total anonymat permettrait à certains pédophiles de faire une première démarche pour obtenir de l’aide, puis de progresser face à leurs pulsions obsédantes. Certains passages à l’acte pourront ainsi être évités. Les sites à portée pédo-pornographique, une fois neutralisés, seront remplacés par des messages de prévention.

-     Les Instituts Hospitaliers de Médecine Légale sont les lieux d'accueil des victimes vivantes et des corps des victimes décédées. Ils constituent ainsi un lieu d'observation sans égal qui doit être mis à profit pour mieux connaître et prévenir ces situations. La reconnaissance de la mission de santé publique de ces Instituts doit être clairement énoncée. Comment accepter que l'Institut de Médecine Légale de Paris reste toujours sous l'autorité de la Préfecture de police ?

Il doit être transformé en Service Hospitalier comme tous les autres Instituts placés sous la tutelle du Ministère de la Santé et reconnus dans l'ensemble de ses missions pour la justice, la santé publique et l'enseignement. Cette évolution pourrait correspondre à la construction d'un nouvel établissement situé dans un CHU parisien, qui deviendrait ainsi un des lieux phare de la pratique médico-légale dans notre pays.

LE ROLE DU PARTI SOCIALISTE

Le Parti socialiste connaît une situation inédite après la victoire de François HOLLANDE, suivie des élections législatives et précédée par celle du Sénat (elle-même consécutive aux victoires municipales, départementales et régionales) et détient comme aime à le rappeler la Droite « tous les pouvoirs »; façon de dire qu'il sera responsable de tout ce qui peut arriver dans notre pays.

Il ne s'agit pas de nier une responsabilité essentielle, celle des élus, mais il faut rappeler qu'un pays, une société, c'est d'abord l'ensemble de ses citoyens, sa jeunesse, ses institutions, ses entreprises....

Le Président de la République s'est engagé auprès des Français sur 60 propositions, qu'il veillera à appliquer sur la durée de son quinquennat, en tenant compte de la réalité politique, nationale et internationale, mais aussi de l'état de notre pays, tel que l'a laissé la Droite après 10 années où elle disposait, elle, de tous les pouvoirs.

Le gouvernement de Jean-Marc AYRAULT a pour tâche de mettre en œuvre les orientations présidentielles, de veiller à leurs bonnes applications et à leurs justes effets ; quant au Parlement, il est la représentation nationale, et doit assurer ainsi la nécessaire articulation entre les décisions prises au niveau de l'Etat, et les besoins de la population.

Reste le Parti, qui dans ce contexte est et doit rester un acteur politique, pour relayer les décisions du Président de la République et de l'Assemblée Nationale, par un travail d'explications et de convictions : la société ne change pas seulement par les lois et les décrets, mais par l'adhésion du plus grand nombre aux réformes entreprises.

La victoire de la Gauche n'a pas fait disparaître les forces politiques, sociales, sociétales, qui s'expriment XXXXXX au cœur de la société de façon souvent antagoniste ; c'est même le rapport entre ces différentes forces qui la fait changer et évoluer.

Le Parti est un des leviers essentiels dans ce rapport de forces démocratiques : en agissant résolument à Gauche avec ses alliés radicaux et écologistes, en tenant compte des autres expressions de la Gauche et en étant sensible au mouvement social, il continuera d'être un éclaireur d'avenir.

A. MOBILISER LES FORCES CITOYENNES ET SOCIALES

-       La primaire socialiste a été un incontestable succès et elle a créé une véritable « dynamique participative » permettant aux citoyens de s'approprier la campagne. Pendant ces primaires les six candidats ont su être concurrents sans être adversaires et François HOLLANDE une fois désigné, a voulu et su rassembler tous les socialistes pour mener sa campagne ; ce fut la première condition du succès.

Le parti doit prolonger cette dynamique participative en associant le plus grand nombre de citoyens à la politique du Président de la République et du Gouvernement, au travers (par exemple) de Cahiers du changement ; chaque citoyen sera appelé à proposer sur un site internet dédié, les grandes concrétisations du changement qu'il appelle de ses vœux ; tant au niveau international que local, et dans le même temps les Sections socialistes et les Fédérations, iront à la rencontre des Françaises et des Français, pour écrire avec eux ces Cahiers du Changement.

Cet ensemble constituera une base de propositions concrètes analysées à l'occasion d'une Convention Nationale ;

-       Notre parti doit continuer à s'ouvrir aux forces vives de la société, à échanger avec les intellectuels et les experts ; ce que rend plus facile l'usage des Nouvelles Techniques de l’Information et de la Communication. Le Comité économique social et culturel du parti mis en place par François HOLLANDE au Congrès de Strasbourg qui associe des responsables syndicaux, associatifs, du monde du travail, de la culture - membres ou non du PS - verra son rôle renforcé.

B. GAGNER LES ELECTIONS LOCALES

Nous inscrivons notre action dans la durée. Notre stratégie doit être de s’inscrire dans le temps de deux quinquennats. Ce sera le temps nécessaire pour réparer, stabiliser, rétablir mais aussi transformer, réformer, changer.

Les élections locales se situeront dans ce cadre. La Gauche détient déjà la presque totalité des régions, la majorité des départements et de nombreuses villes. Nous devons donc conforter les victoires acquises et préparer de nouvelles conquêtes ; les « cahiers du changements » pourront servirent de basse programmatiques des prochaines élections locales.

En effet, lors des scrutins présidentiels et législatifs, des résultats positifs permettent d’envisager de nouvelles victoires. Pour cela nous devrons préparer les équipes, rassembler les forces de la Gauche, de l’écologie et du progrès, assurer la présence de terrain, associer les citoyens à la démarche.

Nous devons redonner les moyens financiers et l’autonomie nécessaire aux différents niveaux de collectivité. Clarifier les compétences entre les 3 niveaux décentralisés et l’Etat est une nécessité absolue.

Il conviendra également d’assurer le renouvellement, la parité, la diversité. Cela peut nécessiter l’évolution des modes de scrutin, principalement pour les élections départementales, mais aussi pour les communes où le mode de scrutin des villes doit s’appliquer aussi aux communes de plus de 500 habitants afin de remplacer le panachage archaïque.

Limiter le cumul des mandats est impératif pour mieux répartir les responsabilités.

Nos collectivités ont un rôle majeur dans l’accompagnement du changement. Prenons quelques exemples.

-      La priorité à l’éducation et à la jeunesse : le dialogue nécessaire entre l’Etat et les collectivités locales sur la qualité de l’enseignement, les rythmes scolaires, le soutien aux élus en difficulté est essentiel.

-      Le logement nécessite un travail en commun pour augmenter le nombre de logements, appliquer la loi SRU, réguler le niveau des loyers, mettre les terrains de l’Etat au service des collectivités et des bailleurs sociaux.

-      La conversion écologique afin d’accélérer le développement des énergies renouvelables, l’isolation des logements, la remise à niveau des transports en commun.

-      Une politique culturelle ambitieuse permettant l’accès de tous aux pratiques artistiques et à leur diffusion.

 

* sondage IFOP repris par Jérôme FOURQUET dans « Le sens des cartes » Editions Jean Jaurès Fondation

 

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Les premiers signataires :

  • Michel Debout, Président du CESC - André Chapaveire, Vice-Président du Conseil Régional d’Auvergne, Membre du Conseil National - Philippe Bassinet, Ancien Député - Jean-Pierre Bequet, Conseiller général, Maire d’Auvers-sur-Oise – Jean-Claude Benay, Maire-adjoint de Romagnat (63) - Alain Calmette, Député Maire d’Aurillac (15) - Didier Chouat, Ancien Député - Gérard Convert, Président du groupe socialiste et républicain du Conseil régional d’Auvergne - Charlie Delamaide, Conseiller Général, Maire-adjoint d’Aurillac (15) - Bruno de la Censerie, (42) – Serge Dupessey, Ancien Maire-adjoint (74) - Fabrice Farison, Secrétaire Fédéral (43) - Michèle Faucher, Membre du Bureau National – Jean-Claude Ferret, Conseiller régional Auvergne – Pierre Gibert, Président de l’UDSR (43) – Jean-Noël Lhéritier, Conseiller régional Auvergne - Josiane Mialon, Secrétaire fédéral (43) – Elisabeth Mianes,Secrétaire fédéral (43) – Jean-Paul Moille, Conseiller régional Rhône-Alpes – Alexandre Pourchon, Président du groupe socialiste du Conseil général (63) – André Roure, Premier secrétaire fédéral adjoint (43) – René Teulade, Sénateur (19) – Président d’honneur du CESC - Wilfrid Vincent, Conseiller municipal de Montrouge -

Contactez les auteurs de la contribution

Les signataires :

LABLANCHE jacqueline (42100), GODON Nicolas (75011), LENNE Gérard (69210), FRANQUES Jean-Guy (95320), JASMIN Veronique (95190), JASMIN Muriel (95190), GODON Nicolas (75011), GUÉRIN Nicole (85300), ACHERIAUX Corinne (63118),