Connectez-vous

Identifiez-vous :

Avec votre compte
Parti-socialiste.fr

Saisissez votre adresse de courriel
Saisissez votre mot de passe

Avec votre compte
Facebook ou Coopol

Coopol connect
Parti socialiste

Adhérez au PS Débattre, agir
et préparer l'avenir

Soutenez le PS De l'énergie pour
le changement

Contactez le PS Entrez en contact avec
le PS près de chez vous

Web TV du parti socialiste

Congrès

Congrès

La Polynésie Française à la recherche d’une identité territoriale

 

Contribution thématique présentée par Stéphanie Atger

Elue locale – Essonne / Membre du Conseil fédéral – Essonne/ Directrice de Cabinet

La Polynésie Française à la recherche d’une identité territoriale.

La Polynésie Française est une région océanienne qui provoque bon nombre d’idées reçues et clichés persistants. Entre l’idée d’un paradis terrestre et les retombées des essais nucléaires, les représentations métropolitaines s’apparentent souvent à une forme d’indifférence et de méconnaissance de cette partie du monde.

La loi organique du 27 février 2004 portant statut d’autonomie de la Polynésie Française agrégée  depuis par d’autres lois organiques relatives notamment au fonctionnement de ses institutions, a renforcé l’éloignement des relations entre la métropole et ce territoire car construite sur une seule ligne directrice claire, celle d’un recul permanent de la responsabilité de la métropole  et surtout réduire de manière drastique les enjeux budgétaires qui lui incombent.

Ces évolutions s’avèrent très éloignées de la volonté du gouvernement de Lionel Jospin qui souhaitait rendre aux territoires des outremers davantage d’autonomie et de responsabilités tout en faisant avancer l’égalité. L’objectif essentiel était d’établir une parité sociale entre la métropole et l’Outre-Mer.

 La présidence de Nicolas Sarkozy n’a pour bilan que le fait  d’avoir creusé les inégalités territoriales.  En cinq ans, il est parvenu à éloigner les fondements de la République et déséquilibrer les rapports entre l’Etat et les collectivités– Force est de constater qu’au-delà des territoires métropolitains, ceux des outremers ont été lourdement affaiblis.

Alors que nous sommes dans une période capitale où nos voix ont opté majoritairement pour les forces progressistes, impliquant la préférence pour un projet de société, il m’apparaît important d’intégrer humblement la problématique des territoires de la Polynésie Française tant la situation politique, sociale, environnementale et  économique se complique et plonge ses habitants dans des difficultés de plus en plus sensibles. 

François Hollande dans ses 30 engagements pour les outremers a tenu à rappeler que le désir de changement exprimé tout au long de sa campagne s’avérait intégrer l’ensemble des territoires français, dans toutes leurs diversités.

Indéniablement, la présidence de Nicolas Sarkozy a été vécue durement par les territoires non métropolitains – Entre stigmatisation, désengagement budgétaire, recul drastique du pouvoir d’achat et augmentation du chômage – cette dernière implique toujours ses corollaires de maux sociaux et sociétaux. Une société en mal de repères est une société malade. Pierre Bérégovoy disait déjà, je le cite : « On ne construit pas le progrès social à coups de déficits. »

Certes, les réalités comme en métropole diffèrent – Les outremers ne sont pas homogènes face aux problématiques rencontrées. L’Histoire et le rattachement à la République française ne peuvent être comparables selon que l’on soit de la Martinique, de la Réunion, de la Guyane, de Nouvelle Calédonie.

Les communautés vivant en métropole peinent par ailleurs à décliner une identité spécifique. Souvent la tentation est d’englober les outremers en une seule et même communauté. Ce qui dans la réalité ne peut être confirmé.  Plus précisément, la communauté polynésienne vivant en métropole, présente dans le sud-est, sur la côte atlantique et en région parisienne, tend à rester discrète. Souvent très éparse, dans l’armée et migrant régulièrement, les relais d’opinion la concernant s’avèrent peu connus.

Un des enseignements que nous pouvons tirer pour chaque scrutin est l’observation d’une forte abstention. Chaque scrutin reste soumis  à cette triste réalité. Qu’il s’agisse du scrutin de la présidentielle de 2007 ou bien de celui de 2012 (22 avril),  partout en métropole, nous pouvons observer une forte mobilisation. Dans les territoires des outremers en revanche, les taux de participation s’effondrent.

Pour le 1er tour de la présidentielle de 2012 notamment où le taux d’abstention atteint près de 47% sur les 10 territoires.  Une moyenne très élevée de fait mais  qui ne part pas des mêmes phénomènes selon le département ou le territoire évoqué.

En Polynésie Française, seule la moitié des électeurs a pris part à l’élection présidentielle de 2012. Cette situation prend racine dans la défiance développée par les polynésiens à l’égard des responsables politiques. Le « système Flosse » y étant pour une grande part responsable. Le mode de scrutin d’autre part qui distille une forme d’instabilité politique et rend de fait toutes réformes profondes difficiles.

186 636 inscrits sur l’ensemble des 8 sections qui délimitent les groupements d’îles pouvant être représentés à l’assemblée de la Polynésie Française, soit 70% de la population totale (267 913 habitants répartis sur 118 îles).  Au-delà, il apparaît impossible d’expliquer une situation politique sans aller plus loin dans la compréhension de la société polynésienne. 

En effet, on ne peut comprendre ses résultats si nous nous en tenons uniquement à une étude  institutionnelle. Pour comprendre le comportement d’un polynésien face au pouvoir politique, il faut le replacer dans le contexte historique qui a construit son peuple. A savoir que l’Histoire du territoire retient un processus d’autonomisation politique notamment pendant le règne de Pomaré en même temps que le développement important de l’implantation de lieux de culte. La politique et la religion (pour 50% de la population, Protestante) ont évolué en parallèle et subie les évolutions de la société polynésienne à l’épreuve des réalités mondiales.

Il n’est pas inutile non plus de rappeler que le droit de vote a été accordé aux polynésiens en 1946 et que le premier gouvernement local a été élu en 1957. A chacun la liberté d’en tirer ses conclusions quant à la défiance à laquelle il est fait référence plus haut.

En sus, un homme considéré comme « le père », né en 1895, s’étant engagé auprès des armées de libérations françaises pendant la seconde guerre mondiale avant de s’investir en politique et de créer le RDPT (Rassemblement Démocratique des Populations Tahitiennes). Il a dénoncé le non-respect  des autochtones par la métropole et  a été jugé coupable de faits semblant relever d’erreurs d’appréciations. Cet homme n’a pas pour défenseur Zola mais une partie de son  peuple puisque ses descendants réclament la réouverture de son procès.

François Hollande proposant  la réouverture du dossier de Monsieur Pouvanaa a Oopa. Il devient donc assez paradoxal que les polynésiens portent Nicolas Sarkozy en tête des suffrages exprimés (45,21% au 1er tour de l’élection présidentielle de 2012).

Pour la gauche, la responsabilité doit guider sa politique à l’adresse de la Polynésie Française : celle de permettre la construction de dispositifs permettant une meilleure participation électorale. En accompagnant notamment une nouvelle évolution institutionnelle,  à savoir la répartition des fonctions régaliennes. A 22h de vol de la métropole, il apparaît en effet opportun de redéfinir les rôles de chacun et renforcer les moyens de dialogue, d’échanges via  la délégation polynésienne à Paris et sans doute en développant un maillage de relais plus important.

Il existe un réel besoin de gauche notamment compte tenu de la situation sociale du territoire et bien que l’actuel président, Oscar Temaru, soit un proche du parti, la Polynésie n’échappe pas aux recompositions politiques locales et à l’évolution des relais électoraux. Ainsi, les tahitiens assistent régulièrement à des coalitions entre familles politiques souvent aux projets politiques opposés.

Ces climats ne permettent pas au peuple polynésien aujourd’hui de trouver en la politique les solutions à leurs problématiques.

A titre personnel, il m’est douloureux d’accepter que la majorité des électeurs polynésiens qui s’expriment le fasse en faveur de la droite. Il est manifeste que l’éloignement réduit l’analyse portée sur le projet de société qu’il développe et qui va à l’encontre de leurs intérêts.

Aves  des  atouts économiques indéniables : (région du Pacifique où transitent des échanges commerciaux importants (proximité de la Nouvelle Zélande, de l’Australie, des Etats Unis, du Japon..) ; culture perlière ; production de vanille, d’ananas ; Tourisme), les polynésiens ne peuvent continuer à accepter les relégations sociales,  une paupérisation certaine, un recul de leur pouvoir d’achat.

Les 30 engagements pour les outremers déclinés par François Hollande lors de la campagne présidentielle ont eu un retentissement fort dans les départements de l’outremer. En Polynésie Française, les 5 spécifiques développés par son programme, bien que répondant aux attentes des polynésiens, n’ont pas retenu leur attention.

Pourtant les enjeux sont forts si ce n’est que sur l’aménagement de ces territoires, en proie aux conséquences du réchauffement climatique. En effet, le niveau des océans augmentant, c’est une grande partie de cette région qui reste menacée.

Répondre aux enjeux institutionnels, sociaux et environnementaux demeure des domaines où les socialistes ont une responsabilité majeure à prendre. A nous de les convaincre que le projet politique favorable au développement  de ce territoire dans les conditions rappelées en amont est porté par le Parti Socialiste. Au-delà, à nous de faire vivre durablement ici et là-bas le lien existant entre la République et ce territoire particulier outre-mer.

STEPHANIE ATGER

Les thématiques de cette contribution

Télécharger la version PDF

Les premiers signataires :

  • Stéphanie ATGER (Directrice de cabinet), David ROS (Maire d’Orsay et Vice-Président du Conseil général), Clovis CASSAN (Secrétaire de section), Maxime VIALA (Directeur de Cabinet), Adélaïde ITEY (Assistante parlementaire), Cédric MERLAUD (Secrétaire de section), Henri FIORI.

Contactez les auteurs de la contribution

Les signataires :

RAUCY Hugues (91380), ATGER Christine (93380), SANGOUARD Louis (91190), GILBON patrice (91190), COTTON Jean-Pierre (91440), DESCHAMPS Damien (Votre code postal), DARNAUDET LEMAITRE Delphine (91940), BOUSSAMBA Rose-Marie (91940), BEAUVAIS georges (91190), LOMBARD Catherine (91430), MOREAU Krystele (91380), ROULET Laurence (91440), KARMINSKI Denise (91940), LOZA PALLAS Nicole (91940), BOUBETRA hicham (91940),