COP 23 : des avancées, mais l’urgence climatique doit susciter un sursaut des États

Après deux semaines de travaux, la COP 23 s’achève à Bonn sur un bilan mitigé. Si la conférence a pu préparer la COP24 qui se tiendra en Pologne en 2018, elle n’a pas marqué de sursaut pour le climat de la part des États alors que s’accumulent les signaux les plus alarmants sur le réchauffement climatique.

Les négociations ont avancé sur les règles de fonctionnement, les « dialogues de facilitation » (qui visent à renforcer l’ambition de l’Accord de Paris). Quelques minces progrès ont été enregistrés, non sans mal, sur l’adaptation au changement climatique ou l’agriculture, préservant ainsi le rendez-vous important de la COP24 qui devra établir un bilan d’étape collectif des engagements climatiques nationaux.

Mais ces deux semaines n’ont malheureusement pas permis de sécuriser la question essentielle des financements. Le Parti socialiste rappelle que la solidarité climatique, fondée sur l’engagement financier des pays développés envers les pays en développement, est l’une des conditions de la réussite internationale de l’Accord de Paris. Au Sommet sur le Climat en décembre 2017 à Paris, la France devra peser de tout son poids pour garantir ces financements climatiques.

Le Parti socialiste regrette par ailleurs le manque d’ambition de la COP23 sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre avant 2020, alors que celles-ci devraient repartir à la hausse au cours de l’année 2017 selon l’étude scientifique  du «bilan mondial du carbone», publiée lundi dernier. À cet égard, que le seul événement organisé par l’administration Trump en marge de la conférence ait eu pour finalité de vanter les énergies fossiles apparaît comme une provocation doublée d’un aveuglement.

Pour le Parti socialiste, la COP 23 aura souffert d’un manque de leadership que la venue d’Emmanuel Macron et de la chancelière Merkel n’aura pas comblé. Les avancées à Bonn auront ainsi davantage été portées par la société civile, les villes et certaines coalitions d’Etats- dont l’Alliance pour une sortie définitive du charbon qui rassemble déjà une vingtaine de membres. Mais sans le soutien des Etats, ces initiatives sont vouées à l’échec.

Le Parti socialiste demande au Président de la République de remettre la France au cœur de la bataille climatique pour retrouver le souffle de l’Accord de Paris conclu en 2015 afin d’entrainer l’Europe et le monde dans un cycle climatique vertueux.