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Lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux candidats à la primaire de la Belle alliance populaire

Lettre de Jean-Christophe Cambadélis aux candidats à la primaire de la Belle alliance populaire

Mon cher Manuel, Mon cher Benoît,
Nul ne peut l’ignorer. Nous sommes confrontés à une offensive qui va au delà de l’élection présidentielle.
Ce qui est en jeu ce n’est pas seulement le Parti socialiste. C’est la gauche que l’on veut fractionner, pour mieux fracturer le modèle social. Voire pire, imposer le national populisme fort du précédent Donald Trump.
Le premier tour de la primaire fut un succès, ce qui a évidemment contrarié ceux qui s’attendaient ou attendaient une déroute en terme de participation.
Le déchaînement qui s’en est suivi, indique les difficultés qui attendent l’un d’entre vous.
Dans ce moment incertain, l’unité est notre bien. Benoît tu as déclaré que « tu ne te trompais pas d’ennemis : François Fillon et Marine Le Pen ». Manuel, tu as déclaré que « tu n’avais pas d’ennemis dans ta famille politique ».
Je n’ignore rien de ce qui se dit sur les réseaux sociaux au sujet de Manuel ou ce qui fut dit ici ou là pour Benoît. Mais je veux retenir votre double attitude qui, si elle est ferme sur les idées, n’oublie pas qu’il y aura un lendemain.
Le Parti socialiste se tiendra au côté du vainqueur qui aura la lourde charge de conduire la bataille présidentielle.
Le Parti socialiste sera facteur d’unité en toute occasion. Nous ferons tout pour rassembler. Nous ferons tout pour battre la droite et l’extrême droite.
Nous ferons tout collectivement pour que notre histoire, notre culture, nos succès gouvernementaux depuis un siècle soient source de victoires et de combats renouvelés.
Voilà pourquoi après avoir été officiellement saisi, je voulais vous présenter des mots d’apaisement. Même si je perçois un débat de fond qui est loin d’être médiocre sur l’Europe, le travail, la laïcité et bien d’autres choses.
Je n’ai jamais cru à l’impossibilité de l’unité – au regard des enjeux – dans cette élection présidentielle. La gauche est plurielle. La difficulté du redressement de la France après le bilan catastrophique de la droite a aiguisé les divergences. La dureté du monde qui vient où le national populisme a sa dynamique nécessite sang-froid et homme d’Etat. Les crises de la société où la précarité galope obligent à penser différemment. Je ne doute pas que vous serez à la hauteur de ces enjeux.
Voilà pourquoi je vous souhaite tout à la fois un bon débat et un grand rassemblement.
Amitiés socialistes,
Jean-Christophe Cambadélis