Ecologie : le texte de Stéphane Le Foll

Mes cher.e.s camarades,

L’organisation prochaine du congrès est le moment privilégié pour nous, socialistes, de redécouvrir les Humanités. En choisissant Jaurès, j’ai voulu partagé avec vous ma volonté de plonger dans nos racines internationalistes pour mieux affronter les enjeux de demain. Notre internationalisme est plus que jamais d’actualité,  c’est celui qui sera capable de porter l’intérêt général de la planète toute entière.

C’est parce nous sommes internationalistes que nous avons à cœur de mener la bataille de la lutte contre le réchauffement climatique, de la préservation de la planète, de l’engagement pour la biodiversité. C’est pourquoi nous avons activement œuvré, nous socialistes, au succès de la COP21, premier accord universel de ce type avec 195 pays signataires sur 197. Il est le meilleur exemple de ce que peut offrir notre combat internationaliste au monde. Sans la détermination de la France, sans la volonté des socialistes à mener ce combat, le succès de la COP21 n’aurait jamais été possible. C’est une leçon que certains à gauche et à droite oublient, ou ne veulent pas voir en se drapant dans le confort de l’opposition du « jamais suffisant, jamais assez », donnant ainsi la mesure de leur incapacité à assumer des responsabilités qui imposent des compromis à l’échelle mondiale.

Nous, socialistes, avons la conviction commune que la transition doit se faire vers une économie décarbonée, vers les énergies renouvelables, vers la bio économie et l’agro écologie, à travers l’intensification de l’énergie solaire et de la photosynthèse.

Ce combat, je l’ai mené dès 2012 en défendant une agriculture agroécologique (diminution des intrants, renforcement de l’autonomie fourragère, association de haies, d’arbres et de cultures, exploitation du potentiel naturel du sol). L’objectif était d’obtenir les mêmes rendements en réduisant l’utilisation de pesticides, de concilier performance économique et environnementale.

Toutefois, comme ministre de l’Agriculture, j’ai rapidement acquis la conviction que ce combat ne pouvait pas se réduire à une simple panification nationale. Il fallait passer de pionnier à ambassadeur. J’ai donc lancé à l’occasion de la COP21 l’initiative « 4 pour 1000 ». C’est une innovation majeure qui part d’un constat simple : la captation de CO2 par les plantes via la photosynthèse. Si  ces plantes se décomposent dans le sol, elles lui restituent leur carbone sous forme de matière organique. Le sol s’enrichit alors de carbone, et devient plus fertile, plus résilient. Si l’on augmentait ainsi la matière organique des sols agricoles chaque année de quatre grammes pour mille grammes de CO2, on serait capable de compenser l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre produits par la planète en un an.

Le monde de demain doit allier confort, recherche du bien-vivre et lutte contre le réchauffement climatique. Ces éléments ne doivent pas être opposables, encore faut-il inventer de nouvelles méthodes. Le confort n’est pas l’ennemi de l’environnement, la croissance non plus, mais à la condition d’être efficaces collectivement. C’est comme cela qu’on l’on trouve les ressources et les gains de productivité nécessaires pour redistribuer différemment et poursuivre sur le chemin d’une croissance nouvelle que j’appelle la « croissance sûre », celle qui va permettre d’assurer la production de richesse durable nécessaire au progrès de tous, en particulier les perdant de la mondialisation.

Ce défi, nous le relèverons seulement si nous mobilisons largement, autour de nous citoyens, entreprises, scientifiques, territoires. C’est pourquoi je propose de lancer d’ici  deux ans un grand forum pour construire les bases d’un modèle de développement durable et d’efficacité énergétique sur le long terme, pour les 20 ans qui viennent. 

Camarades, l’écologie est le cœur battant de notre engagement et de nos valeurs. Nous avons prouvé que nos initiatives pouvaient rassembler le monde entier. C’est cet internationalisme que nous devons défendre au nom de l’intérêt général de l’humanité.