Ecologie : le texte d’Emmanuel Maurel

Vers l’écosocialisme

Les réunions internationales se suivent, mais le réchauffement s’accélère et la biodiversité se réduit. La pollution des océans, de l’eau, de l’air et des sols ont atteint un seuil alarmant au point de menacer la santé, l’avenir de la planète et de l’humanité.

Pourquoi ? Parce qu’à l’origine de l’exploitation folle de nos ressources naturelles se trouve la même logique d’enrichissement sans limites qui a produit la crise financière. Cette vision à court terme nie les impacts écologiques et sociaux. Le « verdissement » du système économique actuel ou des multinationales ne répondra pas à la gravité des enjeux. La solution ne pourra venir que de la transformation de notre société consumériste et productiviste en une société plus sobre et mieux intégrée à son environnement.

Nous devons lier le combat social et le combat écologique : l’écosocialisme doit soustraire un maximum de productions à la sphère du profit, encourager d’autres modèles de production et de consommation, retrouver le sens du temps long.

Pour rompre avec un modèle de développement qui détruit les solidarités comme les écosystèmes, jamais nous n’avons eu autant besoin d’un socialisme écologiste.

Soumettre le secteur de l’énergie à l’intérêt général

Les énergies fossiles sont sources de pollutions et de CO2. Si l’énergie nucléaire émet moins de gaz à effet de serre, elle pose problème par les incertitudes liées à ses rejets, dont la durée de vie nous dépasse, et à sa sûreté.

La transition énergétique est un processus de long terme qui requiert une volonté sans faille, depuis la résistance aux lobbies jusqu’aux changements des comportements individuels. Cette perspective impose une intervention publique sur l’investissement énergétique afin de remplacer à la fois les hydrocarbures (et renoncer à toutes chimères sur les gaz de schiste) et la fission nucléaire.

Mais il faut aussi repenser la ville, l’aménagement du territoire, réapprendre à produire localement et faire de l’efficience énergétique un principe contraignant toutes les politiques publiques. Tout cela devrait devenir un axe fort de nos projets pour les élections locales.

Engager une nouvelle révolution agricole

Le productivisme agricole contemporain n’a que faire du bien-être animal, de la santé, de la qualité et de l’intérêt général humain. Accepter de livrer l’agriculture au libre-échange mondial et au marché, aux multinationales et à la grande distribution (peu soucieuse des agriculteurs et des consommateurs) est une folie criminelle contre la santé des terres agricoles, de ceux qui les cultivent et de ceux qui en mangent les fruits.

Nous prônons une agriculture bio, plus extensive, centrée sur la qualité pour favoriser l’emploi agricole et la renaissance des territoires ruraux.

Nos propositions

  • Dénucléariser progressivement mais avec détermination notre appareil de production énergétique et mettre en œuvre un contrôle public de l’énergie, en favorisant la décentralisation de la production et les réseaux intelligents ;
  • Créer une véritable filière industrielle du démantèlement du nucléaire;
  • Soutenir de manière stable les énergies renouvelables et les moyens de stockages, depuis la recherche, le développement jusqu’à l’installation ;
  • Engager massivement la rénovation thermique du bâti;
  • Instaurer une taxe au kilomètre ajouté pénalisant les déplacements de marchandises, propice à la relocalisation des activités économiques;
  • Investir dans un maillage en transports en commun propres dans les périphéries et territoires isolés;
  • Refuser le CETA (traité de libre-échange avec le Canada), qui menace gravement notre agriculture et l’environnement ;
  • Autoriser les régions qui le souhaitent à mettre en place une écotaxe sur les poids lourds sur le réseau routier non-concédé ;
  • Construire une réforme fiscale qui intègre les impératifs écologiques et sociaux ;
  • Moduler la TVA en fonction du préjudice écologique lié à la production et à la consommation des biens et services concernés ;
  • Privilégier des modes de productions, de distribution et d’usage intégrant le modèle d’économie circulaire et de la fonctionnalité;
  • Étendre l’agriculture biologique et l’agro-écologie afin de favoriser une utilisation raisonnable de nos ressources et une alimentation saine pour tous ;
  • Saisir l’Europe en vue d’une directive contre le gaspillage alimentaire pour organiser la répartition des invendus et les obligations de la grande distribution.