Ecologie : le texte d’Olivier Faure

Lançons la mobilisation social-écologique !

L’urgence est là, la communauté scientifique est unanime, le réchauffement climatique est avéré et la responsabilité de l’homme est certaine. L’urgence est là car l’épuisement des ressources naturelles, la destruction de notre planète et celle de la biodiversité sont d’ores et déjà enclenchés.

Nous ne pouvons donc plus raisonner comme avant. Notre modèle de production et de consommation est à bout de souffle et nous devons accélérer la transition écologique. Nous devons faire de cette obligation une chance : celle d’inventer un monde nouveau où vivre mieux et plus solidaires, un monde qui retrouve le sens de l’harmonie entre l’homme et la nature.

Nous le devons car, être socialiste, c’est dessiner l’avenir et penser aux générations futures. Or, nous le savons, nos modes de production et de consommation actuels ne sont pas durables.

Nous le devons car, être socialiste, c’est être internationaliste et vouloir la paix. Or, les problèmes environnementaux et climatiques si nous ne les traitons pas, sont et seront générateurs dans le monde, de souffrances, d’instabilités et de guerres.

Nous le devons car, être socialiste, c’est lutter contre les injustices et agir pour améliorer la situation des moins favorisés d’entre nous. Or, ces derniers sont les premières victimes des problèmes climatiques et environnementaux. Crise des inégalités et crise écologique se conjuguent.

Nous le devons car, être socialiste, c’est vouloir améliorer le sort de tous. Or, les désordres environnementaux et écologiques se traduisent par une dégradation de la santé et de la qualité de vie de chacun.

Mais nous le devons aussi, car être socialistes c’est croire dans la valeur du travail. Or, nous le savons, la transition écologique représente un formidable vivier d’emplois et de nombreuses opportunités économiques.

Nous ne partons pas de rien. Notre Parti est devenu « social-écologiste » et nous ne déléguons plus ces questions à des partenaires politiques. Le quinquennat précédent a permis de nombreuses avancées comme l’organisation de la COP21 et les Accords de Paris, la Loi de transition énergétique qui acte la baisse de la part du nucléaire, le combat contre les perturbateurs endocriniens et les néonicotinoïdes, le lancement de l’agro-écologie, la lutte contre la précarité énergétique ou la création de l’agence pour la biodiversité.

Les territoires sont les creusets de la transition énergétique et écologique. Leurs acteurs, comme les collectivités que nous dirigeons, ont lancé la mobilisation des villes et des régions, accéléré l’économie circulaire et collaborative, lutté sans merci contre la pollution de l’air et en faveur des circulations douces et des transports en communs, porté le combat contre la précarité énergétique et pour faire de l’écologie un levier d’innovation sociale, de citoyenneté active et d’insertion.

Nous avons prolongé cette mobilisation en Europe et au Parlement, face à un gouvernement qui, comme souvent, joue du double langage et masque ses reculs par de grandes opérations de communication.

Mais nous devons aborder plus radicalement encore l’écologie qui devra alimenter tous les chantiers que nous lancerons avec les citoyens et le mouvement social et bien sûr dicter l’aménagement de notre futur siège.

Il nous faudra repenser toutes nos politiques publiques au prisme de la nouvelle donne écologique. Elles définiront un nouvel Etat providence social-écologique, porteur de nouvelles solidarités et de nouveaux droits, et mutualisant la couverture des risques liés aux désordres environnementaux. Elles impliqueront une démocratie renouvelée faisant du dialogue environnemental une clé de la réussite des politiques.

Nous voulons mener la sortie progressive des énergies carbonées, et notamment la sortie du diesel, la réduction à 50% en 2025 de la part du nucléaire dans notre mix énergétique, et le développement rapide des énergies renouvelables. Efficacité énergétique et sobriété, mutation des transports et de la construction, lutte contre la précarité, doivent compléter cette stratégie.

La transition écologique doit permettre de faire émerger de nouvelles opportunités économiques. Elle doit notamment guider le développement durable des activités maritimes, agricoles, forestières, de la valorisation des bio-ressources, piliers de l’avenir des territoires ruraux, littoraux et ultramarins. Nous avons également besoin d’un nouveau modèle agricole et alimentaire fondé sur la qualité, la proximité, et le lien retrouvé entre producteurs et consommateurs.

Notre combat est aussi celui de la prévention et de la santé publique, avec la reconnaissance des enjeux de la santé environnementale révélatrice des inégalités et des conditions de vie dans l’alimentation, le logement, le travail, etc.

Ces combats touchent quasiment tous les aspects de notre vie quotidienne, ces combats se jouent dans tous les secteurs de l’économie et de l’action publique. Déclarons la mobilisation social-écologique !