Ecologie : le texte de Luc Carvounas

Nous n’avons pas de planète de rechange

Nos générations seront les premières à connaître enfin l’ère de l’après pétrole qui est désormais inéluctable. Mais nous ne sommes pas parvenus malgré l’accord de Paris à limiter le réchauffement de la planète. Et il faut l’admettre, les Etats n’en prennent pour l’instant pas vraiment la voie.

C’est d’ailleurs l’enseignement principal du « One Planet Summit » qui s’est tenu à Paris en décembre dernier : si la France et l’Europe peuvent écrire une nouvelle page mondiale de la lutte contre le réchauffement climatique, elles ne le feront qu’avec, à leurs côtés, des territoires prêts à relever le défi.

Des territoires aux avant-postes

Les exemples sont nombreux : Paris a lancé son fonds vert qui permettra de financer à hauteur de 200 millions d’euros des PME en matière de transition énergétique ; la région Nouvelle Aquitaine, elle, s’est fixée un objectif de 32% d’énergie renouvelable consommée sur son territoire en soutenant des politiques ambitieuses en matière de méthanisation, d’hydroélectricité ou encore d’énergies marine.

La ville de New-York vient de retirer 5 milliards d’euros de ses fonds propres aux géants pétroliers et la Californie a engagé un bras de fer avec les constructeurs automobiles pour restreindre l’accès à son marché aux seuls constructeurs qui s’engagent dans l’hybride et l’électrique.

Plus de double discours de la part de l’Etat

Mais il faut que les Etats soient aussi au rendez-vous ; en portant à près de 2 milliards d’euros par an le crédit de transition énergétique et en nous fixant un objectif contraignant mais réaliste de sortie du nucléaire lors du précédent quinquennat, nous avions déjà posé les fondations d’une véritable écologie politique.

Le gouvernement ne trouve rien de mieux que de saper ces deux piliers de la transition énergétique.

Mais nous pouvons aller plus loin et entrer de plain-pied dans la décennie française. Avec la transition énergétique, ce sont la souveraineté, l’éducation et le pouvoir d’achat des Français qui sont en jeu.

Nous pouvons réussir parce que nous pensons que le progrès est la chose du monde la mieux partagée.

L’après pétrole nous donne une chance unique de réaliser enfin l’indépendance énergétique de la France. Nos importations d’énergies fossiles pèsent toujours pour moitié dans notre déficit commercial et nous restons trop dépendants des cours du pétrole et des pays fournisseurs comme la Russie, l’Arabie saoudite ou le Kasakhstan.

Pour qu’une nouvelle ère soit possible, les états et les collectivités doivent désormais pouvoir compter sur nos entreprises :

Nous devons tous mouiller la chemise

Oui nous pouvons construire la France des énergies renouvelables en diminuant les prix de revient des énergies renouvelables classiques et en asseyant notre leadership sur les énergies de rupture comme les énergies marines ; nous ne manquons pas de littoral, et pour réussir, n’oublions pas que nos outremers sont un avantage comparatif sans commune mesure avec nos voisins.

Mais à moyen terme, le stockage de l’énergie propre sera essentiel à notre réussite : à côté du tout électrique, nous devons développer la filière hydrogène qui répond mieux aux besoins de stockage d’énergie pour les trajets longs et représente à elle seule un marché de 30 milliards d’euros à l’horizon 2030. C’est notamment là que nos entreprises doivent prendre le relais : Avec Air Liquide, la France a sur ses terres le leader mondial de l’hydrogène. Avec Renault-Nissan, Peugeot et Citroën elle possède des leaders européens de l’automobile. Alors qu’attendons-nous ?

Il devient urgent pour la France de retrouver son rôle d’Etat stratège et de favoriser les rapprochements et les filières à l’échelle européenne et nationale pour aller défier les meilleurs partout dans le monde.

La transition énergétique est aussi un enjeu de pouvoir d’achat pour les Français : un tiers des émissions de CO2 produits sur le sol français trouve sa source dans le gaspillage énergétique des bâtiments. Mais pour y remédier, il ne suffit pas de mettre en œuvre toujours plus de normes ; il faut d’abord veiller à une meilleure association entre les professionnels du bâtiment et l’industrie et à une meilleure formation des premiers à l’emploi des matériaux innovants.

Enfin, nous sommes convaincus que la transition énergétique peut être un formidable enjeu pour le rayonnement de la France à travers sa recherche et son enseignement supérieur. Donnons-nous la chance que la France accueille la première un grand campus intégralement dédié à la recherche et à l’innovation sur les énergies renouvelables financé par des partenaires privés et publics.

Beaucoup d’entre nous se prononcent depuis des semaines au sein de notre parti pour que le congrès d’Aubervilliers marque une rupture avec nos comportements passés. Nous nous reconnaissons dans cette revendication; Et s’il ne devait y avoir qu’une seule raison à cela, elle serait assurément dictée par l’urgence climatique et écologique.