Europe : le texte de Stéphane Le Foll

Cher.e.s camarades,

Il ne faut jamais laisser tomber le drapeau du socialisme disait François Mitterrand car il y aura toujours quelqu’un pour le reprendre. Oui, les partis peuvent mourir surtout quand ils sont mal dirigés. Mais nos idées vivent, ce sont les flammes des esprits des hommes et des femmes pour le progrès, la solidarité, l’internationalisme, l’écologie, le refus du nationalisme, de l’enfermement et des réflexes identitaires. Nos idées vivent car il faut porter un espoir pour ceux à qui l’ordre du monde et des choses ne donnent plus d’espoir.

Je garde à l’esprit ce message de François Mitterrand lors de ses vœux à la Nation en janvier 1995 :

«(…) Ne dissociez jamais la liberté de l’égalité. Ne séparez jamais la grandeur de la France de la construction de l’Europe. »

Notre internationalisme ne se pense pas, là encore, sans mesurer la réalité, celle de la puissance de la Chine, de l’Inde, du décollage inégal, mais réel de l’Afrique, du retour des empires russe et turc, de l’isolationnisme de l’Amérique de Trump mais aussi, des menaces qui mettent l’Europe à l’épreuve, celle du terrorisme, de la pression migratoire.

Au fond l’Europe et la France sont au cœur des tensions et appellent plus que jamais de la force et de la solidarité dans les réponses. C’est pourquoi, je ne crois pas à la fin de la social-démocratie en Europe, contrairement à d’autres. Elle doit s’affirmer au moment où les populismes et les nationalismes agitent les peurs, en défendant une Europe solidaire face au défi migratoire, solidaire en son propre sein et solidaire avec ses voisins. Cela n’a de sens que si l’Europe s’engage dans une formidable action de développement, de stabilisation des pays de tout le pourtour méditerranéen et de l’Afrique. Il faut pour cela un budget européen avec une vraie recette financière. La taxe sur les flux financiers doit financer une grande politique de développement. La finance au service du développement : c’est notre engagement. Avec le réchauffement climatique, l’Europe et la France doivent s’engager résolument dans un soutien au développement du grand continent africain.

L’Europe doit aussi rester, elle-même, exemplaire en tant qu’espace de solidarité. C’est pourquoi elle ne peut être laissée aux seuls tenants du marché et du commerce mais portée par des sociaux-démocrates déterminés à faire valoir la nécessité d’un budget européen favorables aux politiques de solidarités : fonds socio-structurels pour l’emploi et la jeunesse, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, la politique agricole commune, la politique globale de l’énergie, du numérique et la culture.

Ce budget européen devra être un budget favorable aux politiques de solidarité, pour la lutte contre la pauvreté, l’emploi, l’éducation et la jeunesse.

Avec le Brexit, l’occasion est donnée d’avoir enfin un vrai budget européen avec une recette propre affectées au budget de l’Europe. Cette nouvelle recette européenne diminuerait d’autant les contributions budgétaires nationales et donc, pour certain pays, leur déficit budgétaire. S’ouvrirait alors un vrai débat démocratique au sein de l’espace européen qui nécessitera une réforme profonde des institutions européennes au sein même du triptyque Conseil européen, Parlement européen, Commission européenne. Il s’agit de rappeler à l’Allemagne, comme l’avait dit Jacques Delors, que le marché unique ne tient que parce qu’il est complété par une solidarité forte.

  • Je vous propose d’engager une convention sur l’Europe début octobre 2018 pour construire notre projet européen de l’après Brexit avec un vote des militants pour engager la campagne des européennes.