Europe : le texte d’Olivier Faure

Pour une Europe puissance et protectrice dans la mondialisation

L’Europe est au cœur de notre avenir politique. Les multiples défis qui marquent notre temps ne peuvent trouver de solution sans l’Europe. Une Europe puissance, protectrice, démocratique et solidaire, défendant fièrement un nouvel internationalisme. Une Europe qui porte ses valeurs et son modèle de société à l’échelle planétaire. Une Europe qui encadre la finance, mène le combat écologiste et défend les droits des femmes et des hommes face aux ruptures technologiques.

La tentation nationaliste serait notre tombeau. Souveraineté nationale et souveraineté européenne vont de pair. Avec Trump à l’Ouest, le Brexit au Nord, Poutine à l’Est et de nombreuses menaces au Sud, l’Europe doit prendre conscience d’elle-même et conforter ses frontières extérieures, dites Schengen, garantes de notre protection et notre sécurité.

Être socialiste, c’est tenir une promesse de transformation au nom de l’égalité et de la justice. Pour réduire les inégalités et les écarts de développement au sein même de l’Europe, nous portons un pilier social et écologique exigeant. Nous, socialistes, défendons un modèle économique et social exemplaire, un modèle façonné par l’histoire, fondé sur notre conception universaliste des droits de l’Homme, sur la solidarité et le développement durable.

Ce modèle doit être fort et protecteur pour réduire la fracture entre les gagnants et les perdants de la mondialisation, sans quoi demain les États se soumettront aux multinationales et aux GAFA, les droits et libertés seront rognés par la course au profit.

Au sein de l’Union européenne comme à l’échelle de la planète, nous menons le combat contre le néolibéralisme et ses corollaires : l’austérité budgétaire, la dérégulation et la libéralisation à tout crin. Notre engagement européen est total, mais il y a plusieurs chemins possibles pour l’Europe. Le nôtre est à gauche, il est socialiste et écologiste, il n’est pas celui de la droite libérale.

Nos combats

L’Europe doit se protéger dans la mondialisation en revoyant sa politique de concurrence et de commerce international, en refusant les échanges inéquitables, non respectueux des droits sociaux, de l’environnement, de la souveraineté alimentaire et de notre création culturelle. Les accords de libre-échange devront être subordonnés au respect de nos solidarités. L’Europe doit mener un combat impitoyable contre les paradis fiscaux et fixer de nouvelles règles contre l’optimisation et la concurrence fiscale qui minent l’Etat social.

Au sein même de l’Union, il faut être intraitable sur le respect de la démocratie et des droits humains, sur l’égalité entre les femmes et les hommes et contre toute forme de discriminations. Il nous faut aussi organiser une véritable convergence sociale et fiscale et mettre pleinement en œuvre le principe « à travail égal, même salaire et protection sociale sur un même lieu de travail» pour les travailleurs détachés. L’Europe doit aussi construire des droits nouveaux pour tous les citoyens en matière de santé environnementale, de libertés numériques et de droits des consommateurs.

Nous voulons une Europe qui investit pour préparer l’avenir en investissant massivement dans les transitions numérique et énergétique, dans le progrès social par la formation et l’insertion, dans la recherche et l’innovation, dans le développement des entreprises et les projets des territoires. la résorption des inégalités territoriales.

Pour cela l’Europe doit porter une politique industrielle durable, rompre avec l’austérité budgétaire aveugle, renforcer le contrôle du Parlement sur la zone Euro et se donner un budget en cohérence avec ses ambitions, à travers une mobilisation des Etats-membres et surtout l’instauration de ressources budgétaires propres qui corrigeront les excès du capitalisme financier mondialisé (taxe sur les transactions financières, fiscalité sur les GAFA,…). L’Europe doit enfin offrir un cadre de droits sociaux protecteurs.

Depuis la COP21, et plus encore depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, l’Europe a pris le leadership de la cause environnementale. Elle doit continuer à défendre sa conception des biens communs, et encourager les politiques économiques qui rapprochent producteurs et consommateurs, telle une agriculture raisonnée, fondée sur la qualité des produits et la proximité.

L’Europe doit également assumer sa relation d’interdépendance avec l’Afrique et la Méditerranée et investir massivement dans leur développement durable qui est la meilleure politique pour prévenir de futures crises d’accueil des réfugiés. L’Europe doit mener une politique migratoire qui corresponde à ses valeurs, dans le respect du droit d’asile et des engagements pris pour l’accueil des réfugiés. Nous plaidons pour que s’instaure une action politique commune entre les États afin de faire respecter la solidarité avec les pays les plus fragiles économiquement, comme l’a voté le Parlement européen en révisant Dublin III.