Le gouvernement doit entendre la colère des retraités

14 mars 2018

Le Parti socialiste appelle le gouvernement à entendre la colère des retraités qui manifesteront demain, jeudi 15 mars, contre la baisse de leur pouvoir d’achat.

Le Parti socialiste tient à rappeler que ce mouvement est d’abord motivé par le fait que 60 % des retraités accuseraient une perte de revenu. Depuis le 1er janvier, ils se sont en effet rendu compte que la hausse de la CSG sur leur pension dépassait le taux de 1,7 points sur lequel le gouvernement a communiqué. En effet, ce taux, qui correspond à une hausse de

25 % de la CSG, s’applique sur le montant brut de leur pension. En net, la hausse de la CSG atteindrait ainsi 1,84 point pour la CNAV et 1,86 point pour les complémentaires AGIRC et ARRCO.

La communication gouvernementale a laissé entendre que la hausse de l’impôt ne devait pas concerner les retraités exonérés ou assujettis au taux réduit de CSG, c’est-à-dire percevant une pension mensuelle inférieure à 1 200 €. Mais en réalité, c’est le revenu fiscal de référence qui est pris en compte pour déterminer ce plafond : dans le cas d’une personne vivant seule, il est, en effet, fixé en 2017 à 1 200 € par mois mais dans le cas d’un couple, il ne dépasse pas 1 838 € mensuels. Autrement dit, si chacun des membres perçoit une retraite de 920 euros, les deux pensions subissent l’augmentation de la CSG. Il en va de même si l’un des époux bénéficie d’une pension de 1 300 € et l’autre de 540 €.

Le gouvernement affirme que cette hausse sera compensée par la suppression progressive de la taxe d’habitation. Mais les retraités, et plus encore les retraités isolés, savent que cette manne financière retirée aux communes impactera nécessairement la qualité et la présence des services publics de proximité dans les territoires.

Le gouvernement Macron-Philippe accumule depuis le début du quinquennat les mesures défavorables aux retraités (baisse des APL, augmentation du forfait hospitalier, hausse des tarifs du gaz…) et plus généralement aux classes moyennes et populaires, au nom de la solidarité avec les générations futures – omettant que celle-ci est déjà à l’œuvre notamment via l’engagement des retraités dans la vie sociale (associations, garde d’enfants…). Le Parti socialiste n’a pourtant pas entendu le gouvernement invoquer le même type d’argument au moment de voter la suppression l’ISF pour les grandes fortunes ou d’instaurer une « flat tax » favorable aux revenus du capital.