Le gouvernement et le mix énergétique : des mots mais pas de parole

23 novembre 2017
Le Parti socialiste s’étonne du singulier manque d’ambition avec lequel le Premier ministre aborde la question de la transition énergétique et en particulier celle de l’entrée en vigueur d’une réduction à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique français.
 
Lors d’une interview à l’émission « Mediapart le live », il a en effet indiqué « ne pas être fétichiste » de cette date et évoqué, sans plus de précision, un horizon compris entre 2030 et 2035. Ce faisant, il confirme que le gouvernement a définitivement renoncé à respecter l’objectif de 2025, pourtant inscrit dans la loi de transition énergétique et repris à son compte pendant la campagne présidentielle par le candidat Emmanuel Macron. Le Parti socialiste continue de déplorer cette décision considérant que l’objectif de 2025 est exigeant mais pas impossible à atteindre.
 
Le Premier ministre évoque donc une nouvelle échéance, assez vague, et sans la rattacher à un nouveau scénario de réduction de la part du nucléaire. Or chacun sait que sans calendrier précis, sans visibilité à long terme, nulle transition énergétique n’est possible. Celle-ci nécessite en effet d’être programmée bien en amont, que l’on pense à la réduction de la consommation d’électricité ou au développement des énergies renouvelables. 
 
En filigrane, le Premier ministre laisse surtout entendre qu’aucune décision pourrait être prise sur ce sujet qu’il juge « redoutablement complexe » durant le quinquennat. En restant flou sur la date de son entrée en vigueur, il renvoie aux calendes la transition vers un nouveau mix énergétique. Ce manque d’ambition n’est à la hauteur ni des défis du pays ni des enjeux du futur.