Hébergement : le principe de l’accueil inconditionnel en hébergement d’urgence doit rester au cœur du pacte républicain

11 janvier 2018

Le Parti socialiste soutient la démarche des 27 associations qui ont décidé aujourd’hui, au moment même où  le Premier ministre doit leur présenter le projet de loi « immigration et asile », de déférer la circulaire Collomb devant le Conseil d’État pour la faire annuler ou obtenir sa réinterprétation.

Cette circulaire porte en elle une grave régression parce qu’elle remet en cause le principe légal de l’accueil inconditionnel des sans-abris dans les centres d’hébergement d’urgence. C’est pourtant l’honneur de la France, au nom des droits universels, de mettre à l’abri toute personne qui en a besoin, quelle que soit sa situation administrative. Pour le Parti socialiste, s’il faut appliquer la loi, il ne saurait être question d’organiser une concurrence entre des situations de pauvreté ou de misère.

Si cette disposition était maintenue, elle créerait un précédent fâcheux et pourrait être répliquée dans les services publics de la santé – comme le prévoyait une circulaire, retirée depuis, dans les hôpitaux psychiatriques en région PACA – ou de l’éducation nationale.

Cette circulaire est par ailleurs inefficace puisqu’elle se révèle en réalité inapplicable sur le terrain. Sa mise en œuvre ne ferait que compliquer le travail des associations auprès des plus démunis qui demain ne se rendraient plus dans les centres d’hébergement mais trouveraient refuge dans des campements indignes qui se reconstitueront au cœur des villes de notre pays.

Depuis le 10 décembre dernier, le Parti socialiste a pris position contre cette circulaire qui apporte une mauvaise réponse à la situation de saturation de l’hébergement d’urgence dans notre pays. Alors que la crise migratoire est devant nous, Il demande au gouvernement de poursuivre et d’amplifier l’effort de création de places d’hébergement qui a permis sous le précédent quinquennat de passer de 80.000 à 140.00 places. Il réitère sa demande auprès du Président de la République de recevoir, enfin, les associations pour construire avec elles une politique de l’hébergement qui concilie humanité et efficacité.