Inégalités & modèle économique : le texte d’Emmanuel Maurel

Pour un développement solidaire

À l’heure où les inégalités se creusent à une échelle jamais observée, jamais nous n’avons eu autant besoin d’un socialisme écologiste, antilibéral et républicain.

Oui, nous pensons toujours qu’il existe une réponse socialiste, crédible et distincte de l’illusion sociale-libérale qu’on nous présente comme le progrès et la seule politique possible et qui a pourtant conduit à l’échec. La lutte contre les inégalités est indispensable pour consolider le pacte et l’idéal républicains.

Retrouver notre boussole

La gauche a perdu ses repères, il lui faut une boussole. Il nous faut revenir aux fondamentaux : il est surprenant que le Parti Socialiste ne parle plus des salaires, ni de la question de la répartition entre le capital et le travail.

Il est tout aussi incompréhensible qu’un gouvernement socialiste demande aux entreprises de ne pas augmenter les salaires ! Il faut renouer avec ce que nous n’aurions jamais dû cesser d’être : des « partageux ». C’est notre filiation historique. Le monde a changé, de nouveaux problèmes sont apparus, mais on ne doit pas renoncer à ce qui fait notre code génétique, c’est-à-dire le partage : des richesses, des pouvoirs, des savoirs.

Défendre la valeur du travail

La dynamique capitaliste a repris sa course folle. Les 1% les plus riches captent la plus grande part de la croissance mondiale et la révolution numérique installe de nouveaux monopoles, les GAFA, qui remettent en cause les solidarités.

Les Français attendent de nouvelles perspectives sur leur pouvoir d’achat, sur la sécurité sociale, la protection de l’emploi, la démocratie dans l’entreprise, et une riposte ferme à la précarisation et l’atomisation sociale dont usent et abusent les entreprises « innovantes » du monde merveilleux de l’ubérisation.

Un État fort au service des citoyens

Il n’y aura pas d’égalité sociale – et encore moins d’égalité entre les territoires – sans une relance des services publics. On ne peut pas fournir un service public de qualité avec toujours moins de fonctionnaires, à la paie bloquée et sans cesse vilipendés.

La santé en général et les hôpitaux publics en particulier ont trop souffert d’une gestion strictement comptable.

Retrouvons le chemin de la politique, c’est-à-dire du volontarisme !

Mobilisons-nous sur des projets concrets (infrastructures, technologies, sciences) qui favoriseront l’emploi et l’investissement !

S’il faut bien sûr favoriser l’innovation et l’investissement des entreprises, cela ne sera efficace qu’avec des contreparties en créations d’emplois et pour les salariés.

Des plans d’investissement volontaristes et stratégiques doivent être mis en œuvre, au plan national comme européen, afin de favoriser la réindustrialisation et les relocalisations.

Nos propositions

  • Mener campagne pour l’augmentation des salaires et du SMIC;
  • Rétablir la hiérarchie des normes ;
  • Prendre à nouveau en compte la pénibilité au travail, soigner les maladies liées à l’épuisement professionnel;
  • Interdire les « licenciements boursiers » (uniquement destinés à augmenter le cours de l’action) ;
  • Favoriser les coopératives de salariés et rendre possible la reprise par ses salariés de tout établissement économiquement viable menacé de fermeture ;
  • Donner la possibilité aux Régions qui le souhaitent de mettre en place une « écotaxe poids lourds » sur le réseau routier non-concédé ;
  • Moduler la TVA en fonction du préjudice écologique lié à la production et à la consommation des biens et services concernés ;
  • L’hôpital public doit préserver la qualité des soins et l’attention aux patients. Cela passe évidemment par des moyens supplémentaires en équipements et en personnels ;
  • Installer de façon systématique dans chaque désert médical, une oasis médicale (Maisons de santé, etc.) ;
  • Proposer une « loi islandaise » d’interdiction du moindre écart de salaire entre les hommes et les femmes;
  • Conférer aux travailleurs des plate­formes le statut de salarié et limiter le recours au travail détaché;
  • Adopter une conception volontariste et sectorielle de la politique industrielle et un budget européen d’investissement;
  • Dépasser le productivisme et le consumérisme en privilégiant des modes de production, de distribution et d’usage intégrant le modèle d’économie circulaire et la fonctionnalité ;
  • Garantir la capacité des collectivités à aménager le territoire et assurer la continuité des services publics ;
  • Insérer, dans tout projet d’accord commercial européen, des clauses permettant de lutter contre le dumping social et environnemental.