Les inégalités se creusent, l’action publique peut et doit y remédier

15 décembre 2017

Le Parti socialiste a pris connaissance de la publication, jeudi 14 décembre, du premier rapport sur l’évolution des inégalités dans le monde. Il tient à saluer ce remarquable travail, fruit d’une collaboration d’une centaine d’économistes, supervisée par le français Thomas Piketty et publiée par le World Wealth and Income Database, qui établie une « catastrophique augmentation des inégalités ».

Le phénomène est mondial et les choses s’aggravent d’année en année. Depuis 1980, les 1% les plus riches s’accaparent plus de 27% de la croissance, pendant que les 50% les plus pauvres voient leurs revenus n’augmenter que de 12% sur la même période. En conclusion du rapport, Thomas Piketty et ses co-auteurs affirment que « la tendance va s’aggraver si rien n’est fait » et ils appellent à bouleverser les modèles fiscaux pour rendre l’impôt plus progressif et plus juste, à faciliter l’accès à l’éducation et à augmenter les investissements dans le domaine de la santé. La comparaison de la situation européenne et de celle des Etats-Unis apporte ici une remarquable démonstration de l’efficacité des dépenses publique et de la fiscalité pour freiner la croissance des inégalités.

 En France, ces orientations ont guidé l’action de la majorité de gauche lors du précédent quinquennat. Le modèle fiscal français a ainsi été transformé et, plus redistributif, il a permis, pour la première fois en 15 ans, une baisse de l’indice de Gini, l’une des mesures des inégalités. Quant à l’éducation et la santé, elles n’ont jamais cessé d’être des priorités du quinquennat : entre 2012 et 2017, le budget de l’éducation nationale a augmenté de 9 milliards d’euros, du jamais vu. La santé a fait l’objet d’une grande loi qui aura notamment permis d’engager la généralisation du tiers-payant, la création d’actions de groupe, le remboursement intégral de IVG pour toutes les femmes, la création de 1000 maisons de santé pluridisciplinaires pour lutter contre les déserts médicaux,…

Pour porter durablement ses fruits, cet élan doit s’inscrire dans une action à long terme, indépendante des alternances politiques. Le Parti socialiste déplore que le gouvernement Macron-Philippe ait fait le choix de rompre avec la lutte contre les inégalités sociales en supprimant l’impôt sur la fortune, en créant un prélèvement forfaitaire unique sur le capital, en réduisant les aides au logement, en imposant une économie de 4,2 milliards d’euros pour la sécurité sociale et en abandonnant la priorité budgétaire donnée à l’éducation.

La République En Marche (LREM) est en train de détruire les avancées du précédent quinquennat, pourtant portées dans une période de crise économique majeure, au profit de politiques injustes, inefficaces et créatrices d’inégalités. C’est pourquoi le Parti socialiste demande au Président de la République de tenir compte de ces menaces et de faire en sorte qu’elles soient au cœur de la politique du gouvernement.