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Interview de Jean-Christophe Cambadélis à La Provence

Interview de Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, à La Provence à retrouver sur leur site ou à lire dans son intégralité ci-dessous :

Le Président américain, Donald Trump a fait bombarder une base aérienne en Syrie, a-t-il eu raison ?

François Hollande avait déjà proposé de le faire en 2013 quand Bachar Al Assad avait gazé son propre peuple pour la première fois. Si on l’avait écouté il n’y aurait pas eu 300 000 morts et la situation serait toute autre. Aujourd’hui il semble nécessaire de répliquer, mais il faut le faire dans le cadre de l’ONU ou bien d’une coalition.   

Vladimir Poutine dénonce une « agression » contre « un Etat souverain » ?

Tous ceux qui soutiennent Poutine, et ils sont fort nombreux en France, doivent regarder le bout de leurs chaussures. Il serait important qu’ils nous disent ce qu’ils pensent des réactions de M. Poutine qui soutient un dictateur qui gaze son propre peuple.

Pour la présidentielle, vous avez décidé de vous en remettre à la Commission Nationale des conflits pour décider du sort de ceux qui appellent à voter pour Emmanuel Macron. Est-ce un aveu de faiblesse ?

Lors du bureau national nous avons réaffirmé notre soutien à Benoît Hamon. Nous avons décidé que les parlementaires socialistes qui soutiennent Emmanuel Macron devront passer devant la Commission des conflits.  Quant à ceux qui le parrainent, ils devront être sanctionnés. On ne peut pas à la fois, jouer pour l’OM et l’OGC Nice.

En ne prenant pas de décision vous cherchez à obtenir le maximum d’élus députés socialistes aux législatives qu’ils aient voté Hamon ou Macron ?

Je veux, oui, obtenir le maximum de députés 100% socialistes et non pas des députés hybrides macrono-socialistes ou socialo-mélenchonistes qui se feraient élire sous l’étiquette PS mais qui une fois élus, siègeraient autre part. Donc, je leur demande de s’engager à siéger au groupe socialiste. C’est une question de clarté pour les électeurs.

Pour une majorité de Français Jean-Luc Mélenchon incarne la gauche, n’est-ce pas à lui de la fédérer ?

Jean-Luc Mélenchon ne veut pas incarner la gauche mais le peuple contre la gauche. Sinon il aurait accepté en début de campagne l’alliance avec Benoît Hamon qui de tous les socialistes, lui est le plus proche. Il a tiré un trait sur l’union des gauches et des écologistes à la grande satisfaction des libéraux et conservateurs de notre pays.

Emmanuel Macron n’a-t-il pas raison de dire que le PS est devenu une coalition de gens qui ne sont plus d’accord sur rien ?

Sa coalition à lui réunit à la fois, le très libéral Mr Madelin, le très communisant, Mr Robert Hue, 11 anciens ministres de Jacques Chirac et 2 ou 3 ministres actuels ou anciens de François Hollande. Il s’agit plutôt d’une coalition des contraires que d’une formation unie sur une perspective politique.

Dans l’hypothèse d’une victoire d’Emmanuel Macron, comment pourriez-vous empêcher votre aile droite de le rejoindre et votre l’aile gauche de rejoindre Jean-Luc Mélenchon ?

« Mon aile droite » comme vous dites, n’aurait aucun intérêt à le faire puisque la place est occupée par Emmanuel Macron. « Mon aile gauche » n’y aura pas non plus intérêt puisque la place est occupée par Jean-Luc Mélenchon. L’une et l’autre n’auront qu’une seule solution : se regrouper au sein d’un PS puissamment rénové pour qu’à terme, il retrouve sa place centrale au sein de la gauche.

Le PS paye-t-il aujourd’hui l’attitude des frondeurs ?

Oui. Dans cette histoire tout le monde à sa part de responsabilité. Ils ont contesté parce qu’ils avaient des convictions. Ils n’ont pas respecté les décisions du Congrès. Ils ont mené jusqu’au bout cette contestation au point de vouloir déposer une motion de censure contre leur gouvernement. Aujourd’hui évidemment, fort de ce précédent, d’autres contestent la campagne de Benoît Hamon. Ce qui veut dire qu’il faut refaire l’unité du PS sur un socle solide, où chacun partage les mêmes droits, les mêmes devoirs.

 Regrettez-vous que François Hollande ne se manifeste pas pour soutenir la candidature de Benoît Hamon ?

Le seul candidat qu’il ait reçu est Benoît Hamon, il a donc donné une indication. Je crois qu’il parlera entre les deux tours de l’élection présidentielle et ce sera bien suffisant.

Vous envisagez un PS métamorphosé, cela veut-il dire que vous tirez un trait sur le parti fondé en 71 à Epinay par François Mitterrand ?

Je tire un trait sur le PS d’Epinay qui voulait l’union de la gauche. Cette union est maintenant refusée par Jean-Luc Mélenchon. Il y a un centre qui s’est distingué de la droite ce qui est nouveau. Le paysage politique a changé. On peut maintenant évoquer une alliance des électeurs de Macron à Mélenchon. A nouvelle époque, il y a nécessité à proposer une nouvelle offre politique.

Envisagez-vous de changer le nom du PS ?

Spontanément non. Mais toutes les questions peuvent être posées.

 Quelle serait la ligne politique de ce PS rénové ?

Il serait autonome, à la remorque de personne mais rassemblant les électorats progressistes. Social écologiste dans la société. Social démocrate en économie et pro-européen parce qu’antinationaliste.

Ça ne change rien, puisque c’est déjà le cas ?

Pas tout à fait. Il est nécessaire d’opérer une vraie rupture avec le socialisme à la papa.

Quand ce nouveau parti verra-t-il le jour ?

D’abord il faut aller jusqu’au bout dans la campagne présidentielle avec Benoît Hamon. Ensuite, réaliser le meilleur score possible aux législatives. Enfin, se laisser un peu de temps pour organiser de nouvelles assises du PS et installer une nouvelle direction.

Ce PS rénové pourrait-il entrer dans la majorité parlementaire du – peut-être président Emmanuel Macron ? 

Emmanuel Macron n’est pas élu et il est clair qu’il a envie de gouverner seul. Nous, nous sommes toujours disponibles pour faire avancer le progrès en France. C’est le sens de la candidature de Benoît Hamon.

Propos recueillis par Farida Setiti