Connectez-vous

Identifiez-vous :

Avec votre compte
Parti-socialiste.fr

Saisissez votre adresse de courriel
Saisissez votre mot de passe

Avec votre compte
Facebook ou Coopol

Coopol connect
Parti socialiste

Adhérez au PS Débattre, agir
et préparer l'avenir

Soutenez le PS De l'énergie pour
le changement

Contactez le PS Entrez en contact avec
le PS près de chez vous

Web TV du parti socialiste

    Le PSLe PS

    La SFIO de 1905 à 1958

    Le socialisme politique s’unifie en 1905 avec la fusion des courants socialistes (guesdistes, blanquistes, réformistes...) dans la nouvelle Section française de l’internationale ouvrière (SFIO). Peu à peu, Jean Jaurès s’impose comme la figure majeure du socialisme français, par son combat pour l’unité, par sa capacité de synthèse entre la république et le socialisme, entre le patriotisme et l’internationalisme, entre les idées marxistes dont se réclame principalement Jules Guesde et la tradition de la Révolution française. La SFIO, qui se veut parti ouvrier, a acquis une large base électorale et militante : les paysans, les ouvriers, les artisans côtoient les intellectuels et les fonctionnaires. 

    Le double choc : 1914 et 1917

    Les principes de l’internationalisme et du pacifisme portés jusqu’alors par le mouvement ouvrier et la IIe Internationale sont remis en question par l’adhésion de la SFIO et de la CGT à la politique d’union sacrée. Cependant, la durée de la guerre, les sacrifices et désillusions  qu’elle entraîne, vont faire germer une opposition qui s’organise lors de la conférence de Zimmerwald en septembre 1915. En 1917, la révolution russe accentue une poussée à gauche dans le parti et la «majorité de guerre» est renversée. La SFIO, profondément traumatisée et divisée, se trouve donc devant le choix de l’adhésion à la IIIe Internationale, dirigée par Lénine et les bolchéviques.

    Le congrès de Tours et «la vieille maison»

    Le congrès de Tours de décembre 1920 survient après l’échec électoral de 1919 (chambre «bleu horizon») et l’échec syndical des grandes grèves de 1920. Par ailleurs, les bolchéviques croient à la possibilité d’une révolution mondiale et recherchent la constitution d’une avant-garde révolutionnaire dans chaque pays, avec notamment  les 21 conditions d’adhésion à la IIIe Internationale, imposées par Lénine.

    Les conditions d’une scission sont réunies : le congrès voit l’opposition entre une réaffirmation de la tradition socialiste française (démocratie interne et respect du suffrage universel), telle que l’avait établie Jaurès (discours de Blum) et une volonté révolutionnaire (adhésion à la IIIe Internationale et acceptation du “modèle” bolchévique). Les trois-quarts des congressistes acceptent les 21 conditions. Ils quittent la SFIO pour créer le Parti communiste français (SFIC-PCF). Cette fracture entre communistes et socialistes se retrouve sur le terrain syndical avec la cassure entre la CGT (proche de la SFIO) et la CGT-U (dite «unitaire», liée au PCF).

    Pour tous ceux qui avaient décidé de garder la «Vieille Maison», la tâche était difficile : 20 000 adhérents seulement étaient restés, parmi eux de nombreux élus et des cadres fédéraux. Sous la houlette de Léon Blum et de Paul Faure, la SFIO devient en quelques années la première force de la gauche. Son alliance avec les radicaux permet l’élection d’une majorité de gauche à l’assemblée : le cartel des gauches (1924-1926). La SFIO pratique alors pour la première fois le «soutien sans participation» au gouvernement. Jusqu’au Front populaire, la SFIO est un parti ni purement réformiste ni réellement révolutionnaire. 

    En 1933, s’ouvre une crise interne au sein de la SFIO qui débouche sur une scission en novembre. Les néo-socialistes (Déat, Marquet) quittent le parti, mais ils sont discrédités  en raison de leur complaisance envers le modèle fasciste. En contrecoup, on assiste à un gauchissement du parti et l’affirmation de deux tendances de gauche, l’une autour de Zyromski, et l’autre avec Marceau Pivert. 

    L’offensive de la droite et la menace fasciste, à partir du 6 février 1934, ouvrent les voies à un mouvement populaire d’ampleur, et bientôt, avec le changement d'orientation décidé par l'Internationale communiste, à l’unité d’action avec le PCF.

    Le Front Populaire

    Cette union se concrétise le 14 juillet 1935 au cours d’une cérémonie où des délégués de toute la France prêtent le serment du Rassemblement populaire. Pour la SFIO, comme pour le PCF, il ne s’agissait pas de construire le socialisme. Le Front populaire a été ce grand mouvement défensif qui, dans une coalition originale, a regroupé socialistes, communistes, radicaux et syndicalistes de la CGT réunifiée depuis mars 1936, auxquels il faut ajouter de nombreuses associations de gauche, comme la Ligue des droits de l’homme.

    Après les élections victorieuses de Mai 1936, le gouvernement dirigé par Léon Blum, porté par une grande vague de grèves populaires, réalise un large ensemble de réformes sociales - augmentation des salaires, conventions collectives, congés payés, semaine de 40 heures - dont certaines ont changé le visage de la France. Les difficultés économiques et les rigidités de l’appareil de production amènent le gouvernement à pratiquer une “pause” dans les réformes sociales. La question de l’intervention dans la guerre d’Espagne divise socialistes et communistes tandis que les premières réformes étant réalisées, les radicaux se raidissent. 

    Les derniers mois du gouvernement Blum voient une dégradation de la situation et une diminution de la confiance populaire. Mis en minorité devant le Sénat en Juin 1937,  le gouvernement démissionne.

    Le Front populaire survit difficilement, Munich et l’échec de la grève de novembre 1938 signent son éclatement définitif. Le bilan du Front populaire est très positif sur le plan social, mais il se termine mal politiquement.

    La SFIO sort exsangue et divisée de ces deux années, perdant même sa position d’organisation dominante au sein du mouvement ouvrier français au profit du Parti communiste. La défaite voit le désarroi de la SFIO et seule une minorité du groupe parlementaire, autour de Léon Blum, en juillet 1940, refuse les pleins pouvoirs à Pétain. 

    De la Résistance à la Libération

    Les socialistes se ressaisissent et s’organisent dès 1940 sous l’impulsion, notamment, de Daniel Mayer. Présent dans les réseaux de résistance et les maquis, luttant contre l’occupant et les collaborateurs, durement frappé par la répression jusqu’au jour de la libération, le Parti socialiste clandestin joue un rôle essentiel dans la résistance. Léon Blum, avant d’être déporté, donne l’exemple par son comportement courageux au cours du procès de Riom, obligeant Vichy à l'interrompre en mars 1941. Des membres de la SFIO siègent au Conseil national de la résistance (CNR).

    Les socialistes participent au gouvernement avec de Gaulle jusqu’en janvier 1946 puis, selon la formule du tripartisme (SFIO, PCF, MRP), jusqu’en mai 1947.

    Les réformes de structure réalisées à la Libération et pendant le tripartisme ont été importantes et continuent de modeler le visage de la France moderne : vote des femmes, nationalisations, sécurité sociale, comités d’entreprise...

    Guerres froides et guerres coloniales

    Occupée d’abord à la reconstruction du pays et à la création d’une nouvelle démocratie parlementaire, la SFIO se trouve rapidement confrontée, à l’intérieur, au problème de la concurrence communiste et, à l’extérieur, à la constitution des deux grands blocs antagonistes. Aux élections de 1945, le PCF dépasse pour la première fois la SFIO (26 contre 24 %). Le congrès de septembre 1946 se tient alors que le parti traverse une grave crise d’identité. Guy Mollet anime une tendance de gauche composite qui met en minorité la direction sortante (Daniel Mayer) soutenue par Léon Blum.

    Ce dernier propose au parti -mais trop tardivement- de rechercher comment la transformation socialiste peut s’accomplir par la voie démocratique. Refusant de céder à «la peur du qu’en dira-t-on communiste» le vieux leader invite le parti à être d’abord lui-même. Guy Mollet, quant à lui, affirme sa fidélité à la doctrine marxiste, à la lutte des classes, à l’unité d’action avec le PCF et condamne les révisionnismes. 

    Pour Léon Blum et les socialistes assurant des responsabilités gouvernementales, le souci majeur reste l’instauration du nouveau régime parlementaire sur le plan intérieur et, à l’extérieur, la recherche d’une troisième voie entre le protectorat américain et la dictature stalinienne. Ainsi se comprennent les efforts pour créer une Europe forte et indépendante. 

    En mai 1947, le PCF quitte le gouvernement, refusant à la fois la politique indochinoise et le partage de responsabilités gouvernementales de plus en plus lourdes du fait de la grave situation économique et sociale. Dès l’automne 1947, le PCF mène une virulente campagne anti-socialiste et s’affirme comme parti totalement stalinien.

    La SFIO, engluée dans la 3e force (alliance avec les radicaux et le MRP en opposition à la fois aux gaullistes et aux communistes), connaît un effritement de ses positions électorales et un déclin militant.  

    En 1954, c’est Pierre Mendès France, alors membre du Parti radical socialiste, qui paraît incarner le renouveau de la gauche non communiste. Les difficultés et les drames de la décolonisation amènent les socialistes à prendre la direction d’un gouvernement de Front républicain en janvier 1956. Les réalisations sont notables  - traité de Rome sur la CEE, 3e semaine de congés payés... - mais toute l’action politique du gouvernement de Guy Mollet est hypothéquée par la guerre d’Algérie. Le durcissement de la guerre conduit Pierre Mendès France et Alain Savary à quitter le gouvernement. La SFIO sort profondément divisée et coupée de la jeunesse. La IVe République ne survit pas au coup de force des militaires qui, en mai 1958, ramène de Gaulle au pouvoir.