L’avenir est-il au tourisme ?

Dans un premier temps, l’ensemble des participants s’est félicité de la tenue, pour la première fois depuis sa création, d’un atelier consacré au tourisme à l’UEPS. Cela dénote un nouvel intérêt du PS pour cette question, renforcé par la nomination récente d’André Viola au poste de secrétaire national mais aussi à l’accession du tourisme à un ministère de plein exercice dans le gouvernement Ayrault.

Le titre de l’atelier, « l’avenir est-il au tourisme ? », a servi de fil rouge aux interventions même si, à l’instar de Jean-Pierre Blat, directeur du Comité Régional du Tourisme d’Ile-de-France, chacun s’est accordé à dire que « le présent est déjà au tourisme ».

Secteur économique d’importance comme le rappelait en introduction le sénateur Luc Carvounas, le tourisme pâtit d’un manque d’ambition de la part de l’Etat alors qu’il représente 7 % du PIB et plus de 87 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La France s’endort sur ses lauriers, se contentant de la première place en tant que destination mondiale en nombre de visiteurs alors même que son rang ne cesse de reculer au regard des dépenses totales (3ème) que des dépenses par touriste (9ème). Il est temps alors de considérer, à l’instar de Renaud Lagrave, vice-président au tourisme de la région Aquitaine, le tourisme comme une industrie,  même s’il ne peut pas être réduit qu’à cela. En effet, Saskia Cousin, anthropologue du tourisme, a rappelé que le tourisme n’est pas qu’un secteur économique mais bien largement, qu’il a parti lié à l’humain, à son devenir et à sa place en société. La mobilisation des pouvoirs publics apparaît indispensable pour confirmer la place du tourisme du France et la place du tourisme français dans le monde. Les collectivités territoriales ont souvent bien pris en compte cette problématique. Aménageur entre 1910 et 1980, l’Etat, lui, s’est fait animateur, entrepreneur puis consultant avant de se désengager depuis 2009 selon la typologie de S.Cousin.

Pourtant, des démarches originales, de type clusters, seraient l’un des moyens pour dynamiser le secteur, comme le propose le réseau national des destinations départementales (RN2D) par la voix de Véronique Brizon, sa directrice. Créateur d’emplois, potentiellement 500.000 d’ici 2020, aménageur d’espace, secteur à fort enjeu social avec le nombre toujours croissant de Français ne partant pas en vacances (42 %), le tourisme recouvre de multiples problématiques. Le développement de l’Internet touristique change les pratiques des visiteurs mais aussi les missions des organisations publiques. Qui peut croire que demain un office de tourisme viendra concurrencer certains sites internet dans l’offre d’hébergement ? En conclusion, André Viola s’est félicité que cet atelier s’inscrive dans la suite des travaux qu’il a animé pendant la campagne présidentielle et qu’il se pose aussi comme le point de départ du travail à mener dans le cadre de son secrétariat national. De nombreux chantiers s’ouvrent et le PS doit y prendre toute sa part et ne pas les déléguer seulement à ses partenaires.