Le dialogue social, « une condition du progrès »

Le dialogue social, « une condition du progrès »

Les partenaires sociaux et le gouvernement se sont réunis lundi 19 octobre pour la quatrième conférence sociale du quinquennat. L’occasion d’évoquer les grandes mutations à l’œuvre (révolution numérique, transition énergétique, nouveaux rapports de production…) et les adaptations devenues nécessaires. « Sommes-nous capables de réinventer notre modèle social, dans la fidélité aux valeurs qui l’ont fondé ?», s’est ainsi interrogé le Président dans son discours. Dans un plaidoyer en faveur du dialogue social, François Hollande a rappelé que « chaque année, 1600 accords de branches et 40 000 accords d’entreprises sont signés ».

« Moi, je crois au rôle des organisations représentatives. (…) Je crois au dialogue social, et je n’accepterai jamais que les violences inexcusables qui ont été commises à Air France puissent être l’occasion de s’en prendre au syndicalisme dans son ensemble », a-t-il ajouté, avant de saluer l’accord de principe conclu pour sauver le régime des retraites complémentaires.

Pour le président, la réussite du dialogue social est fondamentale car, désormais, « le statu quo n’est plus possible, et l’alternative, c’est la réforme ou la rupture, la rénovation du modèle social ou sa disparition. » Dans ces conditions, « le dialogue social est donc non pas une formalité, non pas une obligation, mais une condition du progrès. »

Parmi les mesures mises en place pour mieux accompagner les salariés, le compte personnel d’activité aura une importance particulière. Pour sa mise en œuvre, la ministre du Travail présentera un document d’orientation aux partenaires sociaux et un projet de loi issu de ce dialogue sera ensuite élaboré.

Autre sujet incontournable, la place de la négociation collective pour que « le dialogue social se rapproche de l’entreprise », précise le président. Mais attention, « il ne s’agit pas de toucher au principe de code du travail, à la durée légale du travail, au Smic, au contrat de travail. L’objectif, ce n’est pas d’inverser la hiérarchie des normes, c’est de faire le pari de la confiance pour que ce soit les employeurs et les salariés, à travers leurs représentants, qui déterminent d’un commun accord les solutions les meilleures pour leur entreprise ou leur branche professionnelle. » Cette modification sera discutée dans le même projet de loi que le CPA prévu en début d’année.

François Hollande a également annoncé le renouvellement du plan de formations prioritaires, dont 150 000 seront destinées aux chômeurs en 2016, principalement pour les chômeurs de longue durée, les seniors et les jeunes. En 2015, 60% des 100 000 formations pourvues avaient débouché sur un emploi.

La « garantie jeunes », qui permet d’accompagner les jeunes décrocheurs vers l’emploi sera étendue à l’ensemble des territoires volontaires. Il y aura 100 000 places en 2017. Ce dispositif offre aux jeunes de 18 à 25ans sans emploi ni formation, un accompagnement renforcé vers l’emploi, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros.