Le logement social paie la facture de la rigueur…

20 septembre 2017

Le Parti socialiste émet de très fortes réserves sur la Stratégie logement présentée par le ministre de la Cohésion des territoires, Jacques Mézard et son secrétaire d’Etat, Julien Denormandie.

Si la poursuite des dispositifs d’encouragement à la construction (PTZ, Pinel) et de l’effort de  construction de logements pour les étudiants et les jeunes actifs sont parfaitement louables,  la volonté de faire payer la facture de la rigueur au seul logement social n’est pas acceptable.

Le gouvernement semble n’aborder la question du logement qu’au travers de son obsession de faire baisser la facture des allocations-logement. Après avoir abaissé les APL de 5 euros par mois cet été pour réaliser 392 millions d’euros d’économies annuelles (un rappel utile pour le secrétaire d’Etat, frappé d’amnésie sur ce sujet), il exige à présent une économie de 1,4 milliards à travers une baisse des loyers dans le parc social.

Cette décision n’est pas anodine, elle aura des impacts concrets et immédiats. Elle va fragiliser les bailleurs qui ne disposeront plus des moyens nécessaires pour entretenir leur parc locatif ni le hisser en matière de performance énergétique au niveau des exigences de l’Accord de Paris. Mais elle frappera aussi les locataires dont les appartements se dégraderont plus vite et plus longtemps.

Cette stratégie se trompe de cible. Elle a dans le viseur le logement social alors que l’inflation des prix et des APL en zone tendue est d’abord de la responsabilité du secteur privé. Pourtant, aucune proposition du gouvernement ne propose d’y généraliser l’encadrement des loyers.

A quelques jours de la présentation du budget, et du Congrès annuel de l’Union Sociale pour l’Habitat qui appelle à une journée de mobilisation le 14 octobre prochain, cette Stratégie augure d’un budget en berne, loin des moyens nécessaires pour mener la bataille du « logement pour tous ».