Emploi et travail Vendredi 24 Avril 2009 à 10:59
N. Sarkozy et l’emploi des jeunes : défausse et rafistolage
Le Parti socialiste et le Mouvement des Jeunes socialistes regrettent que la question décisive de l’emploi des jeunes ait donné lieu à une simple opération de rafistolage de la part de N. Sarkozy.Aucune mesure nouvelle n’a été proposée dans un plan qui se contente de recycler des mesures existantes, et qui ont fait la preuve de leur faible efficacité depuis 2002. Ce sont ces mesures, c’est cette politique qui a conduit à la situation désastreuse que nous connaissons aujourd’hui. Le Parti socialiste et le MJS constatent qu’après avoir diminué les crédits alloués à certains contrats aidés, N. Sarkozy leur trouve soudain un mérite nouveau, ce qui conduit à des incohérences caractéristiques d’une politique menée à courte vue. Dans le budget 2009, le gouvernement avait retiré 200 millions d’euros aux crédits alloués aux contrats de professionnalisation. Les annonces de ce jour ne représentent qu’un retour à la situation de départ ! Le PS et le MJS contestent la pertinence de plusieurs annonces : - Ils doutent de la capacité du Pôle emploi à mettre en place les 50000 contrats d'accompagnement annoncés pour la formation des jeunes de 16 à 25 ans, dans la mesure où le service public de l'emploi, déjà désorganisé par la fusion ANPE-UNEDIC, peine à gérer l'afflux de chômeurs. - Le recours quasi-exclusif aux contrats de formations dans le secteur privé risque de se heurter à la récession et à la situation catastrophique du marché de l'emploi. Alors que les perspectives d'embauche des entreprises restent très limitées, les dispositifs favorisant la formation au sein de l'entreprise et les contrats aidés risquent d’être sous-utilisés faute d’entreprises solvables pour y participer. - D’autres mesures risquent même d’entraîner de graves effets pervers. Les primes concernant les stagiaires, l'apprentissage ou les contrats de formation constituent un formidable effet d'aubaine pour les entreprises. Au lieu d’embaucher les jeunes en CDI, elles les prendront en stage ou en formation. Aucun nouvel emploi ne sera créé et cela permettra juste de changer l'ordre dans la file d'attente de l'emploi. - N. Sarkozy s’est montré peu disert sur les sources de financement de ces annonces, sauf sur un point. Une bonne partie reposera sur les collectivités locales, alors que, dans le même temps, elles sont étouffées par les baisses de crédit, les transferts de charge non compensés et la hausse des dépenses, notamment sociales, liées à la crise. M. Sarkozy pratique à grande échelle la défausse sur les collectivités majoritairement gérées par la gauche. Le PS et le MJS dénoncent la méthode du Président de la République qui n'a pas consulté les partenaires sociaux avant de faire ces annonces et finance des propositions avec l'argent des collectivités territoriales, déjà asphyxiées financièrement. Le PS et le MJS affirment que contrairement à ce qu'a dit Nicolas Sarkozy ce matin, les jeunes n'ont pas à « mériter leur insertion ». En revanche, ils méritent une autre politique de l'emploi de la part du gouvernement: l'occupation des jeunes, le rafistolage et les effets d'annonce sont bien dérisoires face au tsunami social que représente l'augmentation du chômage des jeunes. Une autre politique de l’emploi en direction des jeunes est possible. Une politique qui passe par l’abrogation du dispositif sur les heures supplémentaires, par l’annulation des mesures favorisant le cumul emploi-retraite et par des mesures ciblées innovantes : - la création de 100 000 emplois jeunes dans les collectivités territoriales et le secteur associatif, emplois qui ont fait la preuve de leur efficacité pour l’insertion (dans 87% des cas, ils ont débouché sur un emploi durable) ; - l’ouverture de 50 000 contrats insertion-formation : ce sont des contrats aidés couplés à une vraie formation, dans le domaine choisi par le bénéficiaire ; - la création d’une allocation « formation-rebond » permettant aux jeunes sortant d’une scolarité sans diplôme de reprendre une formation dans un cadre différent, pour lutter contre le décrochage scolaire ; - la prolongation automatique de 6 mois de l’indemnisation chômage pour les jeunes après la rupture d’un contrat d’intérim ou d’un CDD (coût pris en charge par l’Etat). Communiqué du Parti socialiste et du Mouvement des Jeunes Socialistes