Emploi et travail Samedi 28 Août 2010 à 18:02
L'égalité professionnelle femmes - hommes : et si on passait aux actes ?

Gaëlle Lenfant a introduit la discussion en rappelant quelques chiffres. Les femmes constituent 80% des travailleurs pauvres, 85% des travailleurs à temps partiels, et touchent entre 19 et 27% de salaire en moins. Ces inégalités s’aggravent au moment de la retraite (en moyenne, les femmes touchent une pension inférieure à 800€).
Rachel Silvera, économiste a, pour sa part, souligné un paradoxe : le thème de l’égalité professionnelle fait l’objet de recherches, d’interventions dans les médias et d’intervention des politiques. Pourtant, jamais nous n’avons connu une situation où les inégalités étaient autant criantes. En matière de retraites par exemple, la réforme du gouvernement va pénaliser les temps partiels, les carrières discontinues et longues qui sont en grande majorité celles des femmes.
Monique Merceron, experte au service des comités d’entreprise a rappelé que le travail des femmes a été, et est souvent encore, considéré comme "secondaire", leurs salaires perçus comme un appoint. Le travail est pourtant un élément déterminant pour développer les capacités et l'émancipation personnelles.
Ghyslaine Richard, responsable du collectif femmes – mixité de la CGT a insisté sur le fait que les stéréotypes que l'on subit au cours de notre vie ont des conséquences sur le travail. Lutter contre les inégalités professionnelles passe donc aussi par des mesures de société : petite enfance, éducation, orientation… Elle a rappelé également les propositions de la CGT : augmentation de salaire des femmes, augmentation du SMIC (qui concerne à 80% des femmes),… Chiffre intéressant : les inégalités professionnelles coûtent chaque année 78 milliards d’euros aux caisses de retraites
Pour Brigitte Dionnet, membre du Conseil national du PCF, la gauche a une responsabilité importante. En prenant des décisions politiques ambitieuses, les responsables agissent à la fois concrètement en adoptant des lois et font en parallèle changer les mentalités. Si la gauche renoue avec le pouvoir, elle devra prendre des décisions comme l’évaluation des lois existantes et la mise en œuvre effective des lois, l’adoption d’une loi anti-sexiste pour l’ensemble de la société, la pénalisation des entreprises qui ne fonctionnent essentiellement avec des CDD et temps partiels…
Delphine Mayrargue a souligné la complémentarité des gauches sociale, syndicale et politique. Pour elle, les socialistes doivent introduire, lorsqu’ils reviendront au pouvoir, une obligation de résultats pour les entreprises. Aujourd’hui, on est dans une politique d’incitation. C' est insuffisant.
À ses yeux, on tolère aujourd’hui dans l’entreprise des atteintes aux droits les plus élémentaires : exposition aux produits dangereux, inégalité femmes / hommes, refus du droit syndical… Dans ce domaine aussi, la société a besoin d’ordre public et de réglementation.
Enfin, un des outils de l’égalité professionnelle est la revalorisation salariale. Delphine Mayrargue a insisté sur la nécessité de défendre le salaire égal et de refuser toutes les dérogations qui maintiennent des inégalités.
