Education, recherche, culture Lundi 29 Octobre 2012 à 10:56
Aurélie Filippetti : «défendre une nouvelle exception culturelle à l'heure du numérique»
La ministre de la Culture et de la Communication était ce lundi 29 octobre l'invitée de France Inter, l'occasion de revenir sur les réformes pour le financement de la création à l'heure du numérique.
L'exception culturelle à l'heure du numérique
Sur le fil rouge de la politique culturelle du gouvernement la ministre a déclaré :
Nous sommes en temps de crise, une crise économique, financière et une crise d'espérance. L'Europe a besoin d'un nouveau projet, on a plus que jamais besoin d'une véritable politique culturelle et d'une véritable ambition culturelle.
Il s'agit désormais pour la ministre de «défendre une nouvelle exception culturelle à l'heure du numérique» : les supports numériques sont régis par les lois du marché mais la loi du marché en matière culturelle ne fonctionne pas, «elle est néfaste». La ministre défend donc une adaptation des mécanismes existants au numérique, afin que ceux-ci contribuent également au financement de la création.
Par exemple en matière cinématographique, les fournisseurs d'accès internet tirent un profit des oeuvres culturelles produites, ils doivent donc participer au financement de ces oeuvres. Egalement, sur la presse en ligne, la ministre estime qu'il est normal que les grands sites aggrégateurs de liens participent au financement de la presse dont ils tirent profit.
Dans cette recherche de nouveaux financements, il apparaît important que la Commission européenne change son regard sur la création pour la sortir d'une logique de marché. Pour la ministre, «il faut aussi que l'Europe s'intéresse à la culture». Dans ce domaine plusieurs pays se mobilisent, notamment sur la taxation des moteurs de recherche créant un véritable «mouvement européen».
L'audiovisuel public doit financer la création
Aurélie Filippetti est également revenue sur la question du financement et des missions de l'audiovisuel public. Celui-ci est dans une situation difficile car la suppression de la publicité n'a pas été compensée par des recettes nouvelles. En conséquence, le gouvernement soutiendra la proposition du sénateur David Assouline d'augmenter de 2 euros la redevance télé car cette redevance est «prévisible, moderne dans son assiette et équitable». Pour la ministre, l'audiovisuel public doit offrir des programmes de qualité mais également financer la création ou encore proposer des programmes jeunesse pédagogiques.
