Non Madame Le Pen, le Vel d’Hiv n’est pas un détail de l’histoire

10 avril 2017

En déclarant que la France n’est pas responsable de la rafle du Vel d’Hiv, Madame Le Pen rompt brutalement avec la position officielle adoptée depuis plus de vingt ans par tous les Présidents de la République successifs et s’érige en candidate de la discorde nationale.

En déclarant que la France n’est pas responsable de la rafle du Vel d’Hiv, Madame Le Pen rouvre un débat pourtant tranché par les historiens, notamment depuis les travaux de Laurent Joly et Henry Rousso. Par cette relecture de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, la Cheffe du Front national cherche à imposer sa version d’un roman national frelaté et à mémoire sélective. Madame Le Pen cherche à brouiller l’histoire de France pour mieux embrouiller les Français.

En déclarant que la France n’est pas responsable de la rafle du Vel d’Hiv, Madame Le Pen ravive les plaies de l’histoire, insulte la mémoire des 13.152 juifs arrêtés et déportés les 16 et 17 juillet 1942, et à travers eux, celle de la Nation française toute entière.

Le 9 avril 2017, Marine Le Pen a fait du Vel d’Hiv un détail de la Seconde Guerre mondiale. D’évidence, il s’agit là de ce que certains professionnels qualifieraient de « retour du refoulé ». Marine Le Pen renoue avec les obsessions de son père et puise à nouveau dans le vieux fond de commerce rance, antisémite et xénophobe de l’extrême droite française. Avec cette déclaration, elle met à terre la longue stratégie de banalisation du mouvement frontiste qu’elle avait pourtant, à son tour, tenté de réaliser.

Le Parti socialiste condamne cette déclaration irresponsable et rappelle que le Front national, en dépit de ces tentatives d’enfumage, n’a pas changé. Nous n’avons cessé de le dire, le Front national est et demeure un parti d’extrême-droite.