Organisation du parti : le texte de Luc Carvounas

L’avenir du PS s’écrit ensemble

Jusqu’ici, notre parti a fonctionné d’une manière doublement centralisée autour de la capitale et de la figure du Premier secrétaire. Cette organisation ne correspond plus aux attentes de nos militant.e.s.

Décentraliser notre parti : des moyens pour les militant.e.s et les fédérations

Nos fédérations doivent disposer des moyens de se développer : nous devons décentraliser notre parti en redonnant le pouvoir aux militant.e.s  et aux fédérations.

C’est pourquoi nous devons donner un poids central et décisionnaire aux fédérations pour replacer le PS au cœur des territoires.

Nous devons :

– Rendre environ 20% de la vente de Solférino aux fédérations pour qu’elles puissent avoir la garantie de payer au moins chacune un permanent jusqu’en 2022 si elles le décidaient

– Garantir aux fédérations que les instances nationales n’interviendront plus dans les décisions fédérales lorsque ces dernières s’avéreront mieux placées

– Interdire les parachutages non sollicités par les militant.e.s

Construire la Gauche-Arc-en-Ciel avec nos partenaires

Si nous ne prenons pas la mesure des enjeux, demain ce sont l’ensemble des villes et des EPCI Socialistes et républicains qui seront en danger, donc nos politiques de solidarité, d’aménagement durable, de démocratie participative…

Demain, c’est une Gauche Arc-en-Ciel qu’il nous faut inventer sur un socle « rose-rouge-vert ». Elle devra aussi inclure l’ensemble des forces progressistes, démocrates et républicaines qui se reconnaissent dans notre projet. Elle devra s’ouvrir largement à la société civile, aux syndicats, aux intellectuels, aux membres des associations.

Nous devons :

– Prendre l’initiative d’un Conseil de la Gauche Arc-en-Ciel qui réunirait tous les acteurs associatifs, syndicaux, intellectuels et politiques qui se diront prêts à construire la plateforme programmatique en vue des prochaines échéances européennes

Articuler l’action du groupe parlementaire avec notre Parti

Nous demeurons la première force d’opposition au Parlement comme dans les collectivités territoriales.

Les militant.e.s font souvent le reproche aux élus d’apparaître déconnectés de leur base. Cette critique est en partie fondée. La bonne articulation entre tous est une priorité et le gage de notre réussite collective.

Nous devons :

– Réserver au moins une séance/an confiée à nos groupes parlementaires à une proposition émanant des militant.e.s

– Rendre obligatoires les comptes rendus de mandats annuels des présidents de groupes parlementaires devant le Conseil national, comme pour les Maires et les Députés devant les militant.e.s de leurs communes et de leur circonscriptions

Retrouver le sens du collectif

Le Premier secrétaire ne doit pas être une femme ou un homme seul pouvant engager le Parti dans les décisions les plus graves sans contrepouvoir réel.

Le Conseil national doit devenir le véritable Parlement du Parti et exercer un contrôle de l’action du Premier secrétaire.

Nous devons aussi :

– Créer les conditions d’une nouvelle gouvernance avec les fonctions de Premiers secrétaires nationaux délégués à l’Egalité Femme-Homme, à l’Outre-mer, et à la Jeunesse

– Rendre totalement transparent le choix de notre prochain siège et le présenter en Conseil national

Intégrer les nouvelles formes d’engagement

Pour répondre aux nouvelles formes de militantisme, nous devrons proposer 3 niveaux d’adhésions : au premier niveau les « adhérent·e·s », qui le deviendront en « un clic » sur internet et recevront les informations et argumentaires, mais qui ne participeront pas à nos votes internes ; au deuxième niveau, les « militant·e·s de projet » qui souhaitent s’engager sur des projets locaux ou nationaux puis enfin les « membres actifs », qui seront rattachés à une section avec de nouveaux droits.

Savants et militant.e.s : pour un dialogue interne permanent

Nous avons trop longtemps délégué notre intelligence collective aux thinks tanks. Nous devons rétablir en notre sein les lieux du débat politique. De nombreux militant.e.s souhaitent d’abord et avant tout contribuer au débat d’idées.

Nous devons :

– Créer une Université populaire du Parti Socialiste pour former nos adhérent.e.s

– Ouvrir une plateforme militantes pour communiquer, proposer des votes, déposer des motions à l’ordre du jour du CN, télécharger les outils et tutoriels de campagne, mutualiser les bonnes pratiques locales

– Créer une chaîne nationale du PS et une web radio

Démocratiser nos instances et dématérialiser nos consultations militantes et procédures de vote.

Notre Parti doit améliorer son fonctionnement interne pour redonner confiance à nos militant.e.s.

Nous devons :

– Elire au suffrage universel des militant.e.s les Présidents de nos commissions nationales statutaires

– Proposer la fonction de Trésorier national à la motion arrivée en 2ème position du vote des militant.e.s

– Le Conseil national doit être élu par les militants : les candidats sont issus des motions par fédération

– Mettre en place un système de vote électronique