Organisation du parti : le texte de Stéphane Le Foll

Cher.e.s camarades,

Ce congrès doit-être le vôtre loin des manigances et des accords de sommet. Il est celui d’une remise à flot, d’une clarification de notre identité dans le contexte nouveau que nous connaissons.  Le rôle de ce Congrès sera de voter pour un.e premier.e secrétaire et de rassembler en renouvelant les équipes notamment pour atteindre la parité, les méthodes et en intégrant de manière plus significative et directe l’avis des militant.e.s en les sollicitant de manière régulière.

Je souhaite que notre parti soit dirigé et qu’il existe. Cela passe avant tout par une majorité cohérente avec des choix stratégiques clairs.

Notre parti doit se repenser dans ses structures et ses formes de débats.

–          Nous devons préserver ce qui reste solide, c’est-à-dire les fédérations qui doivent continuer à s’organiser avec un conseil politique départemental regroupant l’ensemble des militants et un exécutif mettant en œuvre les décisions et préparant les activités politiques et électorales.

–          Nos sections, représentant l’unité de base de notre parti, doivent être renforcées en s’adaptant aussi aux nouvelles réalités territoriales (intercommunalités, métropoles, régions) afin de mener nos combats politiques avec plus de force tout en gardant une proximité et un ancrage sur le terrain.

–          Le modèle d’adhésion doit être revu avec deux types de cotisations : celle des militant.e.s et celle des sympathisant.e.s à l’occasion de débats qui pourront être ouverts à d’autres formations. Cela permettra de concrétiser l’idée d’une fédération souple de différentes sensibilités autour des socialistes. A cette fin, des plateformes numériques pilotées par les fédérations et les nouvelles sections seront développées partout.

–          L’initiative des débats ne pourra surgir que des militant.e.s avec des modalités à définir. Les militant.e.s auront donc une prérogative exclusive : le droit d’initiative politique et le choix final. Le vote, quel que soit le débat, sera en outre électronique.

Pour mieux rassembler, nous devons dès maintenant tirer toutes les conséquences de la dernière primaire qui n’est plus acceptable dans sa forme actuelle. Aussi, les inscriptions seront préalables au vote pour sortir de l’effet d’aubaine de votes au dernier moment qui dénature tout le processus.

Nous, socialistes, devons être clairs sur notre positionnement. Nous avons, avec la République en Marche, un vrai clivage sur la question fiscale : la suppression de l’ISF et la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique sont des mesures qui vont favoriser les 350.000 personnes les plus riches, alors que l’augmentation de la CSG impacte directement les petites retraites. Nous devons dénoncer cette présidence des riches. Mais notre opposition doit aussi d’être intelligente. Il y a des sujets où nous ne devons pas être dans une stratégie d’affrontement mécanique, par exemple la lutte contre le réchauffement climatique et la mise en place de la COP21. L’environnement est un enjeu majeur pour notre avenir.

Mes cher.e.s camarades, le congrès n’est pas une fin en soi. C’est au contraire un point de départ essentiel pour notre avenir. Je vous propose un calendrier en deux phases :

–          Une phase de reconstruction sur 2018-2020 :

o   Entre avril – août 2018 il faudra régler les problèmes internes : réalisation d’une première convention sur notre organisation et son fonctionnement, les militants décideront s’ils veulent changer le nom du parti et si oui quel nom ; changement des modalités de vote avec les votes électroniques ; ouverture des plateformes nouvelles de débats. Cette première étape doit se terminer à la fin de l’été 2018 avec à La Rochelle autour de nos élus et de la FNESR un point d’étape avant une convention et un conseil national pour adopter après le vote des militants l’ensemble de notre nouvelle organisation.

o   2018 – 2019 : préparation des européennes afin de faire le meilleur score possible et repasser devant la France Insoumise ; lancement d’une vaste réflexion sur l’Europe et une première application des nouvelles règles de débat internes et ouvertes aux sympathisants ; adoption fin février 2019 du projet et de la liste nationale.

o   2019 -2020 : Lancement de deux grandes réflexions avec une nouvelle convention, un conseil national pour mieux préparer les municipales avec l’adoption d’un programme commun. Dans le même élan un grand débat sera lancé sur l’analyse des inégalités en France et les moyens de la lutte contre les inégalités ainsi que la question des nouvelles formes de redistribution.

  • Une phase de préparation des élections présidentielles et législatives(2020-2022) avec l’objectif de mettre en œuvre une fédération de la gauche de gouvernement et une nouvelle forme de désignation pour l’élection présidentielle.

Cher.e.s camarades, je suis convaincu qu’en l’absence d’un parti social-démocrate en capacité d’assumer des responsabilités gouvernementales, il n’y aura pas de retour au pouvoir pour la gauche. Mais la reconquête de la gauche doit passer par ce calendrier sans en brûler les étapes. Il serait illusoire de penser à la prochaine présidentielle sans réaffirmer notre ancrage territorial. C’est ainsi que nous sommes devenus un parti de gouvernement, c’est ainsi que nous le redeviendrons.

Maintenant, c’est à vous de décider. Je vous propose un parti cohérent, rassemblé, ouvert, avec un calendrier clair et une voix forte pour les années à venir.