Le Parti socialiste invite le Président de la République à décréter un moratoire sur le projet de la Montagne d’Or en Guyane

28 octobre 2017

Le Parti socialiste invite le Président de la République à décréter un moratoire sur le projet de la Montagne d’Or en Guyane, le temps de publier une étude exhaustive et partagée sur ses impacts sociaux et environnementaux.

S’il devait voir le jour, ce projet aurifère « hors-norme », porté par le groupe russe Nordgold en association avec la firme canadienne Colombus, verrait la construction de la plus grande mine d’or française. Ses promoteurs estiment qu’il pourrait créer jusqu’à 3.000 emplois (dont 750 directs) mais dans un rapport publié le 18 octobre dernier, WWF nuance fortement ces affirmations fondées sur des hypothèses optimistes alors que le modèle économique est fragile et dépendant d’une subvention de plus de 400 millions.

Le Président de Nordgold se veut rassurant, toutefois son projet est installé en pleine forêt amazonienne et fait courir des risques considérables à l’environnement. Il prévoit l’installation d’une usine de traitement au cyanure classée Seveso (site sensible) et sera particulièrement énergivore avec 20 mégawatts/jour, soit l’équivalent de la consommation de Cayenne.

Un projet de cette envergure aura des impacts humains et écologiques qu’il faut prendre le temps de mesurer. Une note d’information interministérielle de février 2016 indiquait d’ailleurs que ce projet induirait des «empreintes spatiales et écologiques de dimensions inconnues en France». L’expérience nous a appris que les éléments de l’étude doivent être disponibles et accessibles à la population locale avant toute consultation nationale publique. Au risque sinon, de mécontenter les guyanais dont la parole doit être entendue et de faire reculer le dialogue environnemental.