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« Le Parti socialiste doit rester une force autonome », interview au Télégramme

Le Parti socialiste est-il devenu un acteur politique secondaire ?

Non ! Le Parti socialiste est dans les quatre capables de figurer au deuxième tour de l’élection présidentielle.

Vous y croyez vraiment ?

Oui ! De plus le Parti socialiste sera un acteur majeur des prochaines élections législatives. Nul n’en doute.

Condamnez-vous l’attitude de Manuel Valls qui, après s’être engagé à soutenir le vainqueur de notre primaire, refuse aujourd’hui de faire campagne pour Benoît Hamon ?

Je regrette que Manuel Valls n’ait pas donné son parrainage, car je crois qu’il faut toujours respecter les règles. Je constate qu’au cours de ce quinquennat, il y a eu beaucoup de contraventions à ce principe, y compris quand Manuel Valls était Premier ministre.

Le Parti socialiste doit rester une force autonome

Si Emmanuel Macron l’emporte le 7 mai, le Parti socialiste devra-t-il passer un accord électoral avec lui ?

Le Parti socialiste doit rester une force autonome. Je ne crois pas que le PS soit une force d’appoint. Ni partenaire junior d’Emmanuel Macron, ni partenaire sénior de Jean-Luc Mélenchon. Le Parti socialiste doit décider par lui-même et pour les Français.

François Hollande a renoncé à briguer un second mandat. Qu’attendez-vous de lui aujourd’hui ?

Qu’il continue son mandat jusqu’au bout, qu’il soit Président jusqu’à la dernière seconde et qu’après il puisse aider sa famille politique à continuer à peser dans la vie politique française qui est bien tumultueuse.

Des personnalités socialistes de poids, comme Bertrand Delanoë, et sans doute bientôt Jean-Yves Le Drian, ont rejoint ou vont rejoindre Emmanuel Macron. Comment réagissez-vous à ces défections ?

Tout cela va se terminer par une auberge espagnole. J’ai beaucoup de respect pour Jean-Yves Le Drian, je sais que ses raisonnements ne sont jamais médiocres. Il a fait, ou va faire, un choix. Je le regrette profondément, mais je voudrai dire aux élus qui ont lancé un appel autour de Marylise Lebranchu, Charles Josselin et Louis Le Pensec pour faire respecter le choix des primaires et soutenir Benoît Hamon, que la décision de Jean-Yves Le Drian n’est pas un voyage sans retour. Il reviendra dans la famille socialiste

L’enjeu pour la prochaine présidentielle n’est-il pas la prise de contrôle du Parti socialiste ?

Le contrôle par qui ? Je ne crois pas que ce soit l’enjeu. Je partage ce qu’a dit Benoît Hamon : il se moque de savoir qui sera Premier secrétaire. Je pense que Manuel Valls est dans le même état d’esprit. Maintenant que nous avons les primaires, le rôle du Premier secrétaire n’est plus d’être le leader de la gauche. Il doit être l’animateur. C’est différent.

Pourquoi les affaires (Fillon, Le Pen et peut-être bientôt Macron) ne profitent-elles pas au candidat socialiste ?

Les affaires sont un symptôme de la décomposition de la Ve République. Elles ne sont pas un vecteur de recomposition. C’est pourquoi personne ne peut surfer sur les affaires.

Propos recueillis par Philippe Reinhard