Communiqué de Presse
Procréation médicalement assistée : ne mélangeons pas tout… Je suis l’un des députés qui ne souhaite pas être cosignataire de l’amendement introduisant la procréation médicalement assistée (PMA) au projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Mon opposition à cet amendement ne se base pas sur un refus d’ouvrir la PMA aux couples de femmes. Elle se base sur le cadre nécessaire à la discussion d’un tel sujet, qui ne relève pas d’un texte sociétal mais bioéthique, et qui ne concerne pas que les couples homosexuels. L’accès à la PMA pour les couples de femmes est impossible sans reformer la loi qui stipule que « l’assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l’infertilité d’un couple ou d’éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité. Le caractère pathologique de l’infertilité doit être médicalement diagnostiqué. » L’ouverture de la PMA pour les couples de femmes redéfinirait donc le cadre légal autorisant une procréation médicalement assistée dans notre pays pour tous les couples, car l’homosexualité n’est pas « une infertilité pathologique ». À moins de créer une inégalité entre couples hétérosexuels et couples homosexuels, c’est bien sur un assouplissement de la PMA dans son ensemble que cet amendement nous invite à travailler. Est-il vraiment judicieux de se servir de ce texte pour introduire une disposition qui ne concerne pas que les couples homosexuels, mais principalement les couples hétérosexuels, voir les femmes seules si l’amendement le prévoit… En Espagne, où cette possibilité est ouverte, 45% des PMA sont faites par des couples hétérosexuels, 45% par des femmes seules et 10% par des couples de femmes. Ce refus de ma part ne remet aucunement en cause mon engagement en faveur du mariage pour tous, ni de l’ouverture à l’adoption pour les couples homosexuels. Considérer que l’ouverture de la PMA à l’ensemble des couples est une question qui nécessite un débat qui va bien au-delà du mariage pour tous n’est pas un retour sur un engagement qui n’a jamais été pris ni par moi, ni par mon parti, ni par le Président de la République. C’est simplement une méthode de travail sérieuse adaptée à un sujet tout aussi sérieux. Il me semble nécessaire, pour investiguer un sujet d’une tel complexité, de travailler dans un cadre serein, et en auditionnant toutes les parties prenantes : je pense par exemple aux associations d’enfants issues de PMA, aux praticiens, etc.. Ce n’est pas la voie qui est prise par les défenseurs de cet amendement et à vouloir aller trop vite, nous risquons de mal faire. ...