La France maintient le cap sur la dissuasion
Ce 9 janvier, le Président de la République a adressé ses vœux aux Armées et réaffirmé ses engagements lors de la campagne électorale, le 11 mars 2011. Il a réaffirmé l’attachement de la France à la protection de son territoire et à la défense des valeurs de notre République partout dans le monde. Il a rappelé sa détermination pour tout mettre en œuvre pour renforcer l’Europe de la Défense, tout en gardant notre place dans l’OTAN. En ma qualité de Députée de la 6ème Circonscription de la Gironde, membre de la Commission de la Défense et des Forces Armées, je salue les positions du Président Hollande. La Défense est l’un des éléments qui fondent l’autorité et la crédibilité de la France sur la scène internationale. Et en son sein, Le Président de la République a assuré que la dissuasion nucléaire, dans ses deux composantes, demeure un des piliers indispensables qui garantissent notre souveraineté et préservent la paix. Elle est à la fois la garantie ultime de notre sécurité, de notre indépendance et une condition nécessaire de notre autonomie stratégique. C’est en ce sens que j’ai défendu le budget de la Défense à la tribune de l’Assemblée Nationale lors des débats sur le Projet de budget de la Défense. Cet engagement se traduit aujourd’hui par un effort budgétaire de plus de 4 milliards d’euros d’autorisations d’engagement et 3,3 milliards d’euros de crédits de paiement. A l’heure où de nombreuses nations s’engagent dans des programmes nucléaires, sur la base de doctrines peu ou mal connues, ce serait une erreur stratégique de renoncer à la nôtre. Les dangers qui pèsent sur notre sécurité nationale ne manquent pas. Des crises sévissent toujours partout dans le monde où des forces d’interposition peuvent être indispensables pour protéger les populations civiles et rétablir la paix. La France et ses forces armées doivent être prêtes en permanence. La doctrine française en matière de dissuasion est raisonnable : nous faisons le choix de maintenir nos efforts à niveau constant, et les investissements réalisés obéissent au principe de la stricte suffisance. Au delà des discours récurrents demandant un renoncement pur et simple à toute notre doctrine, d’aucuns suggèrent que l’on renonce à la modernisation de sa composante aéroportée…comme vient de le faire l’ ancien Ministre de la Défense, Hervé Morin ce mercredi 9 janvier. Si le Président du Nouveau Centre ne renie pas la complémentarité entre les deux forces nucléaires sous-marine et aérienne, il propose purement et simplement d’éliminer la seconde ! Ce serait pourtant une lourde erreur… La double composante de la dissuasion est indispensable et répond à des impératifs opérationnels…cette double opérationnalité qui offre au Président de la République une souplesse et une réversibilité précieuses à l’instant d’une crise majeure… Le budget 2013 de la Défense au contraire a sanctuarisé la dissuasion, en reconnaissant ces deux composantes comme indissociables. La permanence de la composante aéroportée de la dissuasion exige de disposer d’une capacité de ravitaillement en vol pour nos appareils. L’âge avancé de notre flotte de ravitailleurs divisait notre capacité opérationnelle par deux. Nous avons choisi aujourd’hui d’engager les crédits nécessaires à l’acquisition en 2013 de 14 appareils multirôle MRTT, renforçant ainsi la crédibilité de notre force de dissuasion. Alors, qui est « l’enfumeur en chef » dont parle M.Morin ? Le Président de la République, le Gouvernement et les parlementaires qui ont voté le budget 2013 de la Défense en maintenant les efforts nécessaires ? Ou ceux qui préfèrent polémiquer ou se fonder sur des raisonnements simplifiés qui conduisent à penser que toute baisse des dépenses, toute suppression pure et simple de crédits, serait une source d’économie ? Ce serait d’abord des économies bien minces, tant nos investissements portent essentiellement sur la modernisation et la maintenance. Ce serait surtout faire bien peu de cas des pans entiers de notre économie nationale qui reposent sur nos stratégies de défense. Parce que la dissuasion relève de notre souveraineté, l’ensemble de son économie est tourné vers le tissu industriel et technologique français. Ces appareils multirôle MRTT sont de fabrication française, et cette technologie fait l’objet aujourd’hui de contrats avec des pays tiers alliés qui pèsent lourd dans la balance commerciale française. Car nous parlons là de Recherche & Développement, de technologie de pointe, de fabrication ou d’entretien. Nous parlons d’entreprises françaises, dont la production n’est pas, faut-il le rappeler, délocalisable. Nous parlons de milliers d’emplois directs et indirects, dans les grandes entreprises aéronautiques par exemple, mais aussi dans le tissu local des nombreuses PME qui remplissent leurs carnets de commande grâce aux contrats de sous traitance et aux partenariats. Finalement, nous parlons d’excellence technologique et industrielle de la France, d’un savoir-faire reconnu sur la scène internationale, d’entreprises qui font notre compétitivité, la croissance et la richesse de notre pays. ...