Co-signer une proposition de loi avec le FN :certainement pas un point de détail !
Le 16 janvier dernier, les trois députés de droite de Vendée ont co-signé avec quelques quelques autres députés dont la députée du Front National, Marion Maréchal Le Pen, une proposition de loi portant sur la “reconnaissance du génocide vendéen”. Cela soulève bien des questions tant sur le contenu que sur l’acceptation d’une co-signature avec une représentante d’un parti d’extrême droite. Que des députés aient pour première préoccupation une loi mémorielle peut sembler, tout d’abord, bien déconnecté des problèmes que connaissent actuellement les citoyens de leurs circonscriptions. S’il fallait une preuve que le cumul des mandats (que ces trois députés pratiquent…) n’est en rien une garantie de proximité avec les électrices et électeurs, elle est ici clairement apportée! Combien de citoyens dans les permanences pour demander une loi de reconnaissance du “génocide vendéen” ? Combien, par contre, pour parler du chômage et des difficultés pour se loger dans un département déficitaire en logements sociaux ? Le risque d’instrumentalisation idéologique de l’histoire ne peut, non plus, être occulté quand des parlementaires s’érigent en pseudo-experts et prétendent avoir la légitimité pour trancher des questions qui sont, pourtant, loin d’aller de soi. C’est le cas pour le “génocide vendéen”. De nombreux historiens (comme Jean-Clément Martin qui a enseigné à la Sorbonne et dirigé l’Institut de la Révolution française) insistent sur la différence entre un “massacre” et un “génocide” soulignant que s’il y a eu bien ordre de tuer des contre-révolutionnaires il n’y a pas eu volonté de détruire un groupe humain en raison de son identité religieuse ou ethnique comme le mot “génocide ” le présuppose et le sens des mots compte ! Mais ce qui compte aussi et ne peut être passé sous silence ou considéré comme anodin, c’est la co-signature de cette proposition de loi avec une représentante du Front National. Un député UMP des Bouches-du-Rhône, Dominqiue Tian, découvrant que son nom était associé à celui de Marion Maréchal- Le Pen a décidé de retirer sa signature déclarant ” On doit être très clairs avec le FN, il n’y a pas de passerelle, pas d’alliance, pas de connivence, ce ne sont pas nos amis “. Les députés de Vendée n’ont pas suivi cet exemple en rompant une alliance que les électrices et électeurs n’ont, par leur vote, aucunement validée. Ils assument ainsi un rapprochement inadmissible. ...