Financement des TER
Si je peux laisser de côté un instant les problèmes du tram-train sur lesquels vous vous exprimez tous très régulièrement (notamment ici), je voudrais partager quelques informations communiquées hier en commission des transports par la direction régionale de la SNCF. Quels indicateurs ? L’association des régions de France (ARF) et SNCF Proximités ont défini un nouveau socle commun d’indicateurs qui s’applique à toutes les activités TER. Il est utilisé pour la communication des indicateurs 2011, et semble adapté selon la SNF à la réalité locale des TER en Rhône-Alpes. Il peut évoluer par contre selon le contexte de la Convention TER et selon les demandes de notre Région. Ces indicateurs sont du nombre de 36 je vous épargne donc le détail, mais les grands domaines sont Finance, Devis, Trafic et Recettes, Matériel et Gares, et Suivi de la performance de l’exploitation. A titre d’exemple, l’indicateur 15 (détail des recettes, réparti par marché tarifaire permet de croiser la croissance cumulée des recettes et la croissance cumulée du trafic. Ainsi on peut noter qu’à la fin de 2011, le trafic sur le marché des jeunes occasionnels affiche la plus forte croissance des différents marchés du TER RA (+5,9%), le marché des fréquents (abonnements) connait une forte croissance en trafic comme en recettes, mais une décroissance sur le marché des jeunes fréquents, ce qui est un phénomène nouveau. (Commentaire perso : peut être que le réajustement que nous avons opéré en 2012, car l’on s’est rendu compte que l’abonnement de travail était moins cher que le tarif jeunes, aura un impact sur ce ‘marché’). L’indicateur ‘Fréquentation’ (comptages) révèle le nombre de montées + descentes par ligne, en moyenne des jours ouvrables de base (lundi à vendredi). Sans grosse surprise, la ligne Lyon Mâcon est en première place, avec plus de 22 800 m+d, suivi de Lyon-Valence-Pierrelatte avec 19 300 m+d et Lyon-Grenoble avec 16 400 m+d devance de peu Lyon St Etienne avec 15 400 m+d. Sur la ligne dont je préside le comité, Lyon-Lamure sur Azergues ne compte 1 300 m+d. Bien sûr on peut faire dire ce que l’on veut aux chiffres, et quand on voit le peu de desserte sur ‘ma’ ligne, on comprend le peu de fréquentation. Ce que je ne voudrais pas, et un autre conseiller régional a fait la remarque, c’est que l’on se serve de cet indicateur pour montrer du doigt des ligne peu rentables et justifier des fermetures de gare voire pire de cette manière. Je resterai très vigilante sur ce point. L’on nous a transmis le rapport de délégataire, par mail heureusement puisqu’il fait 170 pages. Inutile de vous dire que je ne l’ai pas lu depuis hier, mais il comporte 5 parties (plus annexes) : Description du service, Exécution du service, Patrimoine et investissements, Qualité du service, Résultats économiques et financiers. J’insiste un court instant sur cette dernière partie, car elle comporte les comptes de ligne. Les services de la Région et SNCF TER Rhône-Alpes ont découpé le réseau en 22 lignes. Les comptes de lignes fournissent une analyse macro-économique dont le but est de faciliter une réflexion stratégique autour de l’offre, pour que nous comprenions mieux l’utilisation de la contribution financière régionale dont je parlais à l’instant, au regard de l’offre et de la fréquentation. 10 lignes représentent 87% du plan de transport, 89% des recettes, 90% de la fréquentation. 11 lignes sur 21 représentent 13% du plan, 11% des recettes, 10% de la fréquentation. (Oui, cela fait bien un total de 21 lignes et non 22, on a écarté l’ouest lyonnais de ces calculs en raison des travaux sur la ligne en 2011). Sachez que « le ratio recettes directes payées par le client final / charges totales » (la part payée par l’usager par rapport au prix du billet) est de 33% en moyenne sur le réseau SNCF TER en Rhône Alpes. La contribution de la Région s’élève à 57%, et les compensations pour les tarifs sociaux (10%) couvrent donc le reste. Autrement dit, pour un billet de 10 euros, l’usager paie 3€30 et la Région 5€70. Le coût moyen du kilomètre-train (combien cela coûte de faire rouler un train sur UN SEUL kilomètre est de l’ordre de 21,30 euros (ce qui inclut 3€80 de reversement à RFF pour les péages d’infrastructures), et ce coût est relativement homogène sur les lignes majeures. Si l’on intègre l’offre routière TER (les cars de substitution, ou les cars tout court dans une grande partie de l’Ardèche), le coût moyen du km ferroviaire/routier confondu, descend à 18,50€. Cela se comprend facilement sur la ligne de Paray/Lyon par exemple, où la fréquentation en milieu de journée est très faible, on fait tourner des cars plutôt que des trains. La charge relative du train kilomètre pour l’usager est donc de 7€20 au lieu de 21€30. Je vous ai déjà parlé du coût faible des transports en Rhône Alpes comparé au sud de l’Angleterre par exemple (ici). La majorité régionale est très attachée au service public, quantitativement et qualitativement, et la contribution de la Région pour rendre attractif le train, y compris sur des lignes peu fréquentée, le prouve. C’est notre politique de transports TER, c’est notre politique environnementale, c’est aussi notre politique d’aménagement du territoire. ...