Plan étudiants : c’est d’une vision globale et durable dont la France a besoin

30 octobre 2017

Le Plan étudiants présenté par Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, vise à améliorer rapidement l’affectation des lycéens à l’université. Il reprend ainsi plusieurs mesures utiles contenues dans rapport Filâtre rendu public le 19 octobre dernier (rôle accru du conseil de classe, plateforme simplifiée, prise en compte prise en compte du profil de chaque lycéen et de ses choix). Mais il vise aussi à favoriser l’accès et la réussite des étudiants à l’université, notamment en premier cycle. Or, de ce point de vue, les mesures annoncées paraissent incomplètes et inachevées.

Le Parti socialiste considère que l’on ne réglera pas l’accès à l’université en refusant de revoir l’organisation des filières et des programmes du lycée, ni en se contentant, comme le souhaite apparemment le Premier ministre, d’une réforme cosmétique du baccalauréat. La Refondation de l’école aurait mérité de se poursuivre, dans le secondaire et dans le supérieur.

Il est regrettable que ce plan ne fasse pas référence à la création de passerelles entre le lycée et l’université, à la construction d’un « socle de poursuite d’études » qui incitent les deux institutions à mieux travailler ensemble pour accompagner la réussite des étudiants. Ces mêmes regrets portent sur l’absence de toute réflexion sur la nécessaire rénovation de notre système d’orientation et sur le rôle des conseillers d’orientation psychologues.

Le Parti socialiste continue de fixer l’objectif de 60% d’une classe d’âge diplômée du supérieur en 2025, contre 44% actuellement, en réduisant de moitié l’écart entre la réussite des enfants d’ouvriers (28%) et ceux des cadres (65%). Ces objectifs ne sont hélas pas mentionnés dans le plan alors qu’ils sont une nécessité pour que notre pays réponde aux défis des mutations du travail.

Si cette réforme s’accompagne d’un engagement financier (450 millions du Grand plan d’investissement pour les nouveaux cursus notamment et 500  millions sur l’ensemble du quinquennat pour « ouvrir des places et des postes dans les filières en tension »), celui-ci apparaît très en-deçà du milliard d’euros par an attendu par la Conférence des Présidents d’Université. En tout état de cause, il n’est pas à la hauteur pour répondre à l’arrivée des étudiants et aux défis des innovations pédagogiques.

Les parlementaires socialistes prendront toute leur part dans les débats pour améliorer ce texte afin qu’il soit vraiment utile aux étudiants et aux universités.