Pour une Politique agricole commune qui réponde aux défis du 21ème siècle

Le Parti socialiste ne peut que s’inquiéter des grandes lignes de la future Politique Agricole Commune (PAC) présentées cette semaine par la Commission européenne et l’invite à faire évoluer son projet
Si certaines orientations sont largement partagées – résilience des exploitations, priorité donnée au renouvellement des générations – si d’autres reprennent utilement des propositions de la Délégation socialiste française – en particulier sur  l’emploi, à travers le plafonnement des aides, la valorisation de la bio-économie, et une nouvelle approche du verdissement – le Parti socialiste déplore que la Commission ne se contente que de procéder à quelques ajustements de ses outils quand elle aurait du modifier substantiellement l’orientation même de sa politique agricole.
Comme le rappelle l’eurodéputé socialiste Eric Andrieu, la Commission continue de privilégier une politique libre-échangiste et une agriculture intensive orientée vers les marchés à l’export quand les agriculteurs attendent une plus grande stabilité du secteur et des prix rémunérateurs. Elle fait ainsi l’impasse sur la régulation des marchés alors que leur fonctionnement actuel est fortement déstabilisateur pour les producteurs et pour la souveraineté alimentaire des pays européens.
La communication sur le « futur de l’alimentation et de l’agriculture » frappe ensuite par son manque d’ambition européenne. Elle égrène une liste de mesures dont la mise en œuvre est renvoyée aux États membres et le dispositif, au final, s’apparente à une « dés-européanisation » de la PAC, voire à sa renationalisation. La modulation possible des aides par les Etats conduit inévitablement à rétablir une concurrence forte entre Etats membres – le contraire du confortement d’une unité européenne.
La frilosité des propositions de la Commission européenne tranche enfin avec les défis environnementaux, climatiques et alimentaires, qui se dressent devant nous. Le Parti socialiste appelle à une transformation de notre modèle agricole afin qu’il soit en capacité de nourrir la population avec des produits de qualité et de préserver la santé des agriculteurs, des consommateurs et des écosystèmes ainsi que la vitalité des zones rurales.