Avec le prélèvement forfaitaire unique, le « nouveau monde » taxe moins le capital que le travail

20 octobre 2017
Cette nuit à l’Assemblée nationale, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus mobiliers a été adopté. Cette « flat tax » conforte la politique économique libérale de la présidence d’Emmanuel Macron et contraste avec l’exigence de justice fiscale portée durant le quinquennat de François Hollande.
Avec ce dispositif, les riches épargnants ne seront taxés qu’à 17,2 % en cotisations sociales et 12,8 % en impôt sur le revenu. Au nom des députés socialistes, Olivier Faure a résumé l’approche du gouvernement : « demain, le travail sera plus imposé que le capital ».
Avec cette mesure, un ménage gagnant moins de 27 000€ par an payera proportionnellement plus d’impôt sur le revenu qu’un milliardaire vendant ses actions. D’autant que certains placements populaires, comme le PEL, seront dorénavant soumis au PFU alors qu’ils étaient jusqu’ici exonérés.
Les députés socialistes ont également alerté sur le danger d’une telle disposition : « Rien ne permet de dire que les épargnants français iront investir dans l’économie réelle. C’est un pari risqué de 2 milliards d’euros ».
Rien ne prouve en effet que le soutien des plus riches ira à l’économie réelle. Une étude de la banque d’investissement Natixis, librement consultable sur internet, montre l’absence de lien entre enrichissement des plus aisés et relance macro-économique.  Dans les pays développés, entre 2002 et 2016, il n’y a eu aucune corrélation entre hausse de la prospérité des riches et baisse du chômage, hausse de la croissance et de la productivité. Pis encore, l’enrichissement d’une partie de la population a conduit à un accroissement de la pauvreté et des inégalités. Cette analyse contredit l’étude d’impact incomplète du PFU.
Parce que son injustice est avérée et son efficacité n’est absolument pas démontrée, le Parti socialiste demande la suppression immédiate de cette disposition.