Redoublement : entre fausse bonne idée et retour en arrière…

30 novembre 2017

Le Parti socialiste s’étonne de l’annonce de Jean-Michel Blanquer de rétablir la possibilité du redoublement, alors que la majorité des études montrent qu’il n’a pas d’effets bénéfiques sur les performances scolaires à long terme et que de surcroît il n’a jamais été supprimé. Pire, ses conséquences sur les trajectoires sociales sont le plus souvent négatives et il détériore le rapport de l’enfant à l’école, sa motivation et l’estime de soi.

Comme sur d’autres dossiers, Jean-Michel Blanquer invoque le bon sens et le pragmatisme pour défaire sans discernement le travail de ses prédécesseurs. Au nom de la lutte contre le « pédagogisme » supposé de ses adversaires politiques, il reprend un à un les totems de la droite conservatrice en matière scolaire au mépris du bien être et de la réussite de tous les élèves. Et ce faisant, il ignore les inquiétudes légitimes des parents.

Dans son rapport de 2015, le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) a pourtant évoqué de nombreuses pistes alternatives au redoublement. Mais leur mise en oeuvre nécessite une véritable volonté politique. Au contraire, Jean-Michel Blanquer multiplie les contre-feux et les diversions pour faire oublier par exemple que les postes ouverts au concours dans le secondaire en 2018 seront en baisse en moyenne de 20% et que le dispositif « plus de maîtres que de classes », impact par le dédoublement des CP en REP +, est en voie de disparition.