République : le texte de Stéphane Le Foll

Mes cher.e.s camarades, il ne faut jamais laisser tomber le drapeau du socialisme disait François Mitterrand car il y aura toujours quelqu’un pour le reprendre. Oui, les partis peuvent mourir surtout quand ils sont mal dirigés quand ils perdent le sens des réalités. Mais nos idées elles vivent, car elles nourrissent l’éternel espoir des femmes et des hommes pénétrés d’idéal pour une république plus juste, plus égalitaire et plus fraternelle. Elles offrent une espérance aux abandonnés de l’ordre du monde.

Faire vivre cet espoir c’est le rendre concret, pleinement inscrit dans la réalité du monde tel qu’il est avec un idéal, une ambition, et incarné dans l’exercice de la démocratie et de la République. C’est pour cela que nous sommes sociaux-démocrates. 

Nous devons à nouveau porter un projet démocratique avec trois grands engagements fondamentaux. Premièrement, un nouvel équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif en renforçant la place du Parlement. Cela doit conduire à maintenir le nombre de députés.

Deuxièmement, préparer une nouvelle étape de la décentralisation pour rapprocher la décision des réalités locales pour ancrer l’économie et le social dans une démarche territoriale avec du pouvoir réglementaire dévolue aux collectivités locales.

Enfin, renforcer la démocratie sociale en revenant sur les dispositions des ordonnances qui ont restreint la présence des syndicats dans les entreprises et en inscrivant dans la Constitution le principe de la démocratie sociale. Les socialistes, dans l’histoire de la gauche française, ont permis cette synthèse entre la première gauche et la deuxième gauche, entre celle qui revendiquait le primat du politique sur tous les acteurs et celle qui pensait le réformisme comme une mise en mouvement de la société toute entière. Cette belle synthèse c’est notre identité dans ce début de XXIème siècle au sein de la gauche. C’est ce qui nous différencie de la France insoumise et c’est ce qui fait que nous sommes une gauche capable de gouverner.

Ces objectifs sont ambitieux. C’est pourquoi ils ne pourront pas être réalisés ni même pensés sans vous. Je propose donc que les élus de la FNESR soient chargés au lendemain des Européennes de préparer une convention sur les territoires et la décentralisation avec un vote des militants fin 2019. Ce sont aux militants de décider.

Dans notre pays, il n’y a pas de démocratie sans liberté de pensé, sans liberté de croire ou de ne pas croire. La France a déjà fait face à des attaques terribles contre ses valeurs mais la République a tenu bon. Les attentats terroristes ont été une épreuve, un test pour notre unité nationale. Cette menace sourde, mais bien réelle, est une offensive idéologique de contestation de notre modèle Républicain. La laïcité devient plus que jamais dans ces périodes de troubles, un enjeu face à tous les extrémismes religieux. On ne transigera jamais sur la séparation des Eglises et de l’Etat. La contestation radicale du modèle Républicain et occidental par un soi-disant retour à une origine des textes, n’est autre qu’un mouvement identitaire de plus qui doit être dissocié de l’islam de France, qui a toute sa place dans la République, comme toutes les autres religions.

La démocratie dans la République est redevenue une question avec l’émergence des réseaux sociaux, des interconnections mondiales, de la liberté qu’elles procurent mais aussi des risques qu’ils offrent de diffusion de fausses informations, d’attaques insidieuses, d’expressions brutes et brutales, dangereuses exacerbation des passions. Je propose donc la mise en place d’une nouvelle école de formation des socialistes avec un enseignement spécifique sur la laïcité, son histoire et son actualité.

Cher.e.s camarades, la démocratie et la justice sociales sont le fondement de notre idéologie socialiste. Nous savons qu’elles sont les meilleures garantes de notre pacte républicain. Ce sont elles que nous devons renforcer pour l’intérêt de tous.