République : le texte d’Emmanuel Maurel

Notre idéal, la République sociale

Pour les socialistes, la République n’est pas un simple cadre garantissant l’égalité sur la ligne de départ pour une compétition entre individus : elle doit être sociale, agir pour promouvoir l’égalité réelle et les libertés publique, s’accompagner d’une volonté inébranlable de lutter contre les discriminations.

Liberté, Égalité, Fraternité, Laïcité : ces principes fondamentaux sont les piliers de notre organisation sociale, de nos rapports individuels et collectifs. Restons fidèles à notre ambition historique de traduire concrètement la devise républicaine dans la vie quotidienne, de la défendre contre les particularismes et les obscurantismes. L’actualité récente nous le rappelle, promouvoir l’égalité réelle c’est aussi engager tout le Parti dans le combat féministe.

 La République est aussi une conception exigeante de la souveraineté. Face à une forme de dépossession de la démocratie par l’alliance fusionnelle d’une partie de la technocratie d’État et des milieux d’affaires, nous devons redonner aux citoyens la maîtrise de leur destinée collective et rétablir la souveraineté populaire.

L’émancipation par l’éducation

Nous devons aux enfants le plus haut niveau possible d’éducation. Cela suppose de mobiliser les moyens nécessaires et de les concentrer sur ceux qui en ont le plus besoin. Gérer la pénurie (en organisant la sélection) sera toujours un pis-aller et un manquement grave au principe d’égalité.

L’émancipation par le droit

Les Français sont exaspérés par la longueur des délais de jugement des affaires, la désertification judi­ciaire, le délabrement des prisons, indignes de notre démocratie. En matière de libertés publiques, on assiste à un recul sans efficacité pour la sécurité des Français et dans la lutte contre le terrorisme.

Sans les territoires, pas de démocratie

Les élus locaux tissent un lien très fort entre les citoyens et les institutions. Or Emmanuel Macron supprime les emplois aidés et demande des économies impossibles aux collectivités ! La libre administration des collectivités locales est cruciale et nous devrons sereinement réexaminer nos erreurs en la matière tant du point de vue financier qu’administratif.

Nous ne renonçons pas à la République parlementaire !

Le sentiment de ne plus maîtriser notre destin collectif est profondément ancré dans la population ; il ne se réduira qu’à condition de « refonder une certaine morale » politique, démocratiser nos institutions et réformer les traités européens. Le présidentialisme étouffe notre démocratie. Il faut rééquilibrer les pouvoirs et confé­rer davantage de représentativité aux groupes poli­tiques.

L’émancipation par la laïcité

Les Français veulent-ils que nous nous contentions simplement de garantir une sorte d’ordre public où les individus se mettent en relation pour produire et consommer, ou veulent-ils plus ? Les Français sont-ils prêts à basculer dans la société anglo-saxonne ? Rien ne le laisse penser. Au-delà de la liberté de conscience, de la protection du droit au blasphème et de l’émancipation de la tutelle des clergés, la laïcité représente non pas simplement un « vivre ensemble » mais un « vouloir vivre ensemble » ; et donc l’idée d’un peuple au sens plein et inclusif du terme.

Nos propositions

  • Proportionner les moyens de l’Éducation, le nombre d’heures et le nombre de professeurs aux difficultés des élèves. Cela vaut pour tous les échelons ;
  • Abolir la circulaire Collomb qui organise le tri dans les centres d’hébergement d’urgence, au mépris du caractère inconditionnel de l’accueil ;
  • Renforcer les moyens de la Justice ;
  • Renforcer le parlement (suppression du 49-3, extension du domaine de la loi) et instaurer une part réelle de proportionnelle ;
  • Renforcer la démocratie directe et la participation citoyenne en simplifiant la procédure de déclenchement des referendums d’initiative populaire ;
  • Garantir la capacité des collectivités territoriales à aménager le territoire et assurer la continuité des services publics ;
  • Réprimer sévèrement les comportements discriminatoires venant d’agents publics (contrôles policiers au faciès) ou de personnes privées (propriétaires de logement, employeurs), renforcer les vérifications et infliger des amendes très dissuasives ;
  • Se battre contre les freins à l’exercice par les femmes de leurs droits individuels et ren­forcer le « féminisme des droits sociaux » : aider celles qui assument la double journée de travail – tout particulièrement en responsabilisant les hommes – et améliorer la place des femmes (en particulier des mères isolées) dans l’emploi ;
  • Proposer une « loi islandaise » d’interdiction du moindre écart de salaire entre les hommes et les femmes ;
  • Agir fermement contre les discriminations de toute nature (inégalités salariales, harcèlement de rue, violences, etc.) faites aux femmes;
  • Promouvoir l’égalité, ce qui requiert de permettre à tous l’accès à l’autonomie, et en particulier pour les plus faibles, celle-ci commence par un logement et un revenu décents.