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Les socialistes montent au front

La campagne est dure. Face à la vague En Marche qui s’annonce, face à la droite et à l’extrême droite, chaque jour, les militants socialistes labourent le terrain pour rappeler à quel point notre pays a besoin de gauche. « Votez pour vos convictions ! » enjoint Marine Rosset, candidate dans la 2e circonscription de Paris, face, notamment, à Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) et à Gilles Le Gendre (LREM). Visage du renouveau du PS, la trentenaire, professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis met toute son énergie pour convaincre les indécis. Face à elle, Chantal Baunard, une électrice ancienne conseillère prud’homale qui n’a pas de mots assez durs pour décrire la réforme du travail proposée par Emmanuel Macron : « il veut passer par ordonnance pour faciliter les licenciements et vider de sa substance la justice prud’homale! », s’insurge-t-elle. «Tout est fait uniquement pour les entreprises ». Alors elle estime indispensable « d’avoir des députés de gauche pour le contrer à l’Assemblée », sinon « ce sera dans la rue ».

Peser à l’Assemblée

Magdeleine Prévost, venue faire ses courses sur le marché, dénonce la « macronite ambiante » tout en souhaitant surtout que les candidats soient « constructifs ». « On en a vraiment marre de toutes ces guéguerres partout, personne n’y gagne à la fin ». Justement, Marine Rosset est sur la même ligne: «nous devons être vigilants, dans un sens de gauche, c’est-à-dire s’opposer lorsque ce que l’on nous proposera sera contraire à nos valeurs ». « Si je votais ici, je voterai pour vous », lui lance Jean-Baptiste en ajoutant «bon courage ». Du courage ils en ont. Les candidats et les militants socialistes sillonnent leurs territoires, organisent des réunions d’appartement, des réunions publiques, sont de tous les marchés, font du collage le soir, du tractage le matin… « C’est plus compliqué que pour d’autres campagnes », constate Dany Robert, militante de Boissy-Saint-Léger, venue soutenir Corinne Narassiguin, dans la 3e circonscription du Val-de-Marne. « Il faut faire de la pédagogie, les gens ne savent pas forcément pourquoi il faut voter encore ». Ce matin-là, à Boissy-Saint-Léger, les militants bénéficient d’un soutien de poids : Régis Charbonnier, le maire de la ville, est le suppléant de Corinne Narassiguin. Les gens s’arrêtent pour le saluer. La conversation s’engage. « Ici, on évoque beaucoup les problèmes de fracture territoriale, de transports, mais aussi la fracture numérique car il y a de gros retards d’infrastructures », explique la candidate. Des sujets, comme le maintien des services publics, qui concernent particulièrement ces zones urbaines mal desservies par les transports.

« Nous devons être vigilants, dans un sens de gauche, c’est-à-dire s’opposer lorsque ce que l’on nous proposera sera contraire à nos valeurs. »

Défendre nos valeurs

Même s’il n’est pas toujours facile de se faire entendre dans une période peu propice, Thomas Puijalon, candidat dans la 10e circonscription des Hauts-de-Seine, rappelle, lors d’une réunion publique, que « nous sommes ici pour défendre un grand parti, celui de Jaurès. Nous sommes les héritiers de ce parti qui a fait toutes les conquêtes sociales depuis 1900 ». Alors, à un moment où « exprimer une opinion divergente au chef de l’État n’est pas forcément bien vu », les socialistes doivent défendre plus que jamais les valeurs de justice sociale et de progrès, comme ils l’ont fait tout au long de leur histoire.