Tchétchénie : ne détournons pas les yeux !

23 octobre 2017
L’artiste russe Zelimkhan Bakaev est revenu à Grozny (Tchétchénie) le 8 août dernier pour le mariage de sa sœur. Il était, depuis, porté disparu. D’après Igor Kochetkov, fondateur du Russian LGBT Network, et la télévision indépendante Dozhd, il a été arrêté le jour même, séquestré par la police de Kadyrov, le dictateur poutinien régnant sur cette « république » du Caucase. Il a été torturé puis assassiné. Il avait 25 ans.
Le Parti socialiste et HES – Socialistes LGBT+ renouvellent l’expression de leur révolte et de leur demande qu’une initiative diplomatique déterminée permette de faire la lumière sur les exactions dont sont victimes les homosexuels en Tchétchénie et de les faire cesser.
Dès le moi d’avril dernier, le journal d’enquête moscovite Novaïa Gazeta rapportait que des homosexuels, ou présumés tels, étaient traqués, arrêtés et torturés dans des “prisons secrètes”, camp militaires transformés en camp de rétention. Il y a quelques jours, Maxime Lapounov, rescapé des griffes de la police de Kadyrov, a témoigné à visage découvert de l’enfer des violences du régime tchétchène à l’encontre des homosexuels : tabassages, humiliations, menaces de morts, pressions sur les familles…
Une démarche diplomatique a été engagée au début de l’année par Jean-Marc Ayrault, alors ministre des affaires étrangères avec ses collègues allemand Sigmar Gabriel, britannique Boris Johnson, néerlandais Bert Koenders et suédoise Margot Wallstrom auprès de leur homologue russe Sergueï Lavrov. Le gouvernement de la France doit poursuivre ce travail. Il ne peut détourner les yeux pendant que les valeurs qui fondent notre société sont violemment bafouées aux frontières de l’Union européenne