Plénière : Face aux crises européennes, quel sursaut ? (Université d’été 2015)

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L’Union européenne fait face à une crise économique, sociale, environnementale sans précédent, qui ébranle la confiance des citoyens. Comment faire renaître l’envie d’Europe ?

« L’accumulation des crises nous interpelle », a relevé Pervenche Bérès énumérant à la fois la crise des migrants, qui «embarrasse nos humanismes », l’Ukraine et la Russie, les menaces sur la planète qui questionnent notre modèle économique, mais aussi « la crise des politiques européennes ». Et la députée européenne de s’interroger : « la construction européenne ne peut-elle pas disparaître, comme l’URSS en son temps ? » Les socialistes ont une responsabilité pour « faire l’Europe que nous voulons ».

« Notre ambition est de transformer en réorientant », a expliqué Philip Cordery, SN à l’Europe. « Ce que l’Europe représentait hier a tendance à s’éloigner des jeunes générations qui n’ont pas connu la guerre, mais qui vivent au quotidien la crise et le chômage de masse. » Pour eux, l’Europe n’est plus une évidence. « Redonner un sens à l’Europe, c’est faire vivre les valeurs qui ont fondé sa création ». Il a insisté sur l’importance de la création d’un gouvernement économique de la zone euro car sinon, « comment mener une politique budgétaire coordonnée quand les Etats sont en concurrence fiscale et salariale ? »

Les prochaines générations risquent d’être celles qui vont subir la déconstruction européenne, s’est inquiété Guillaume Bachelay. Partout surgissent « des forces réactionnaires, anti-européennes, dont le projet est la destruction de l’Europe ». Face à l’impasse de la droite, la menace des populismes, les socialistes doivent revendiquer des avancées. Car sans les socialistes européens, il n’y aurait pas eu de plan Juncker, pas d’union bancaire, pas de garantie jeunesse. Désormais, il faut œuvrer à « l’approfondissement de l’Europe », avec comme première urgence la solidarité à l’égard de la Grèce. Il faut également investir en Europe : pour Guillaume Bachelay, la capacité d’emprunt de la zone euro est une ressource inexploitée pour augmenter le budget de l’UE. Enfin il a plaidé pour « un engagement des Européens » en faveur de la culture, du savoir, des convergences sociales : instauration d’un Smic européen et de la clause de l’Européenne la plus favorisée.

 

« Jamais l’Europe n’avait connu un tel appauvrissement »

Pour Benoît Hamon, l’un des autres grands sujets d’actualité en Europe, c’est la négociation du traité transatlantique. « Est-ce que la tâche de l’Europe est de construire un grand marché intérieur régulé par un tribunal arbitral privé, où des entreprises pourront se retourner contre des Etats si leurs législations leur fait perdre des parts de marché ? » s’est-il demandé. En France environ 65% du PIB est lié au commerce intra-européen. Or, demain, avec le traité transatlantique « une grande part de ces échanges ne se feront plus ». « Dans l’état où est l’Union européenne, où les solidarités sont si faibles, peut-on construire un partenariat qui n’aurait comme conséquence que d’affaiblir les échanges européens ? » Selon Benoît Hamon, les socialistes doivent tout faire pour empêcher l’existence de ce traité.

Michel Sapin a relevé que « jamais l’Europe n’avait connu un tel appauvrissement depuis la crise de 2008 ». Et cela crée « des réaction redoutables, avec la montée des nationalismes, des populismes, qui pensent qu’en reconstruisant les frontières on va trouver les solutions. » Pour le ministre la réorientation de la politique économique est essentielle afin de répondre à cette crise de confiance. Et les solutions ne peuvent être qu’européennes. La question des migrants « n’est pas que technique, elle est identitaire ». « Sommes-nous capables d’avoir une même politique d’accueil des réfugiés ? de dépasser les égoïsmes nationaux sur le sujet ? » Et le ministre de regretter que les pays de l’est, qui ont bénéficié de la solidarité européenne lors de leurs adhésions soient aujourd’hui les premiers à reconstruire des murs.

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