2016, l’esprit d’innovation 

2016 commence par l’annonce d’un nouveau plan pour l’emploi.Une semaine avant ce plan de François Hollande contre le chômage, se tenait aux Etats Unis le CES (consumer électronique show), le salon mondial en matière d’électronique.

La digitalisation et  le développement des objets connectés en font  aujourd’hui  un rendez-vous incontournable de l’innovation produit.

On y voit de tout, des gadgets inutiles certainement, mais aussi des applications de la recherche qui risquent de changer notre quotidien : la voiture sans chauffeur, des inventions touchant à la santé, à la sécurité, la domotique, l’agriculture ou l’alimentation. Tout de suite en parcourant les allées on constate que le numérique va changer non seulement les produits mais nos métiers, on ressent  à quel point l’innovation est au cœur du marché et de nos emplois demain.

La France y était bien représentée par 128 startups de  la French Tech. Près de 30% des 457 exposants de l’Eureka park. Réjouissons-nous d’avoir des entreprises innovantes. Par leur soutien, la création d’incubateurs, les aides multiples, nos villes, nos territoires sont largement impliqués dans cet effort.

Mais les startups de la French Tech ne doivent pas cacher les retards pris ailleurs. 59% des entreprises françaises de plus de 20 salariés déclarent ne pas avoir tenté d’innover au cours des dernières années !

L’innovation n’est pas un but en soi, elle ne vaut que si elle engendre le progrès. Reste qu’en économie le statut quo ou le retour en arrière sont des leurres promis par les réactionnaires ou les populistes. Mieux  vaut penser et accompagner le changement que le subir.

Les nécessités environnementales, la finitude des ressources  fossiles, les enjeux alimentaires et démographiques, l’inégalité sociale et les  discriminations, nous amènent chaque jour à constater que le système actuel doit fortement évoluer.

Technologique ou  organisationnelle, l’innovation nous donne les moyens de répondre à cette aspiration. Jamais, la conjonction dans le traitement des algorithmes, de la génétique, du numérique, de la robotisation n’a été aussi forte et ne nous a offert autant de possibilités.

L’innovation peut prendre des formes multiples et trouver sa place dans les produits, les services, la production, les usages, les relations clients-fournisseurs, les marchés et les financements. L’innovation est bien sûr technologique, souvent fille de la recherche scientifique  mais également non technologique (capital humain, design, marketing, etc.). C’est un processus souvent complexe que certaines entreprises, notamment les PME ayant peu expérience en la matière (les entreprises dites primo-innovantes mais aussi les plus traditionnelles) peuvent avoir du mal à appréhender. Ces entreprises ont alors besoin d’être accompagnées dans leur processus d’innovation. Il en va de même pour les services de l’état ou les services territoriaux.

L’innovation n’est pas que dans les start-up. Face à une compétition internationale c’est par la différentiation que nous développerons des ETI industrielles, elles ne sont pas suffisamment nombreuses mais réalisent déjà 38% de nos exportations. Il y a donc matière à changer. C’est maintenant qu’il faut agir.

Le chef de l’état pour annoncer son plan a déclaré : « Il y a aussi un état d’urgence économique et sociale ». Il annonce des mesures de court terme et d’autres qui préparent à cette mutation :

-Une prime d’embauche immédiate de 2 000 euros par an pour les PME de moins de 250 salariés jusqu’à 1,3 smic. La recherche publique sera dotée de nouveaux moyens pour garder nos talents et en attirer d’autres venant de l’extérieur. 500 000 formations supplémentaires pour les chômeurs. Un effort renforcé pour intégrer les jeunes par davantage de contrats de professionnalisation.

Pour les entreprises, les aubaines contribuent à la décision d’embauche mais nous savons que sans relance, pas de commandes et c’est le carnet de commande et la visibilité qui restent les critères clef. Et cette reprise sera plus durable si nous anticipons les changements de la demande. Demain, nous ne consommerons pas les mêmes produits et nous les produirons et les distribuerons  certainement différemment.

L’emploi sera plus qualifié, il  faut s’y préparer par la formation de nos jeunes, les techniques, les savoirs évolueront et  il faudra rapidement et régulièrement s’adapter.  Le parcours professionnel sera dorénavant plus varié avec une alternance du temps de travail et du temps de formation.  Les moyens d’accéder à l’information sur les évolutions doivent être plus nombreux et l’accès plus facile et ouvert à tous. Grâce à la numérisation, depuis janvier 2014 il est possible de suivre des cours ou « MOOC » (Massive Open Online Courses) hébergés sur la première plate-forme numérique universitaire française « FUN » (pour France université numérique).

La culture de l’innovation se développe mal dans les organisations trop verticales. Il nous faut commencer dès l’école à valoriser le travail collaboratif et l’expérience collective. Dans nos entreprises comme dans la fonction publique, cela ne peut fonctionner que si le dialogue social assure le climat propice à l’initiative.

Trouvons  l’équilibre entre transmission et innovation : Le contrat génération qu’il faudra simplifier, et les nouvelles mesures pour les contrats de professionnalisation vont y contribuer. C’est en intégrant  plus activement les jeunes et leurs idées que nous renforçons plus rapidement aussi notre potentiel d’innovation. Cela doit se faire par un échange et un tutorat des anciens pour ne rien perdre du savoir-faire. Le tutorat doit être mieux reconnu et valorisé si nous voulons que tous soient impliqués. La révolution numérique est une opportunité formidable pour la génération des «  digital native » qui partent avec un avantage certain pour rejoindre l’entreprise.

Sur nos territoires, comme élus, nous pouvons et devons contribuer à cette mutation, ses enjeux, ses opportunités mais aussi réfléchir aux effets parfois négatifs en matière de production, d’organisation, d’emploi.

Le rôle des politiques, de la gauche, parce qu’elle revendique son choix pour la transformation quand elle s’accompagne de progrès, doit être dans cette période de mutation, de donner du sens pour fixer le cap et trouver les outils de la régulation nécessaires pour y parvenir.

Le secrétariat national à l’innovation du parti socialiste souhaite par ses échanges  avec les parties prenantes aider à cette prise de conscience. L’écoute, l’échange et l’implication des citoyens pendant la conduite du changement sont la clef du succès.

Grâce à l’innovation justement nos échanges sont facilités, nous ne sommes plus à 100 ou 1000 kilomètres les uns des autres mais à un simple clic de distance !