Annonces sur la protection de l’enfance : des bonnes intentions, et après ?

Annonces sur la protection de l’enfance : des bonnes intentions, et après ?

Des mois de travaux, des attentes énormes de la société civile et des professionnel.le.s, et tout cela pour quoi ? La stratégie de la protection de l’enfance présentée ce lundi par le gouvernement est pleine de bonnes intentions mais, comme toujours, pèche par un manque de moyens et une méthode contestable.

Avec seulement 80 millions d’euros, on est loin de la grande cause nationale. L’étude des chiffres est pourtant implacable : en 2018, les Départements ont dépensé près de 8 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Cette stratégie, qui prétend répondre à un si grand nombre d’enjeux, représente à peine 1/100ème du budget national !

Par ailleurs, une grande partie de ces annonces reposent en réalité sur les Départements, chefs de file de la protection de l’enfance – développement des entretiens de pré-natalité, systématisation des bilans de santé en maternelle,… Or, ces collectivités sont d’ores et déjà éprouvées par les missions qui sont les leurs et auraient besoin d’un réel soutien financier de l’Etat.

La contractualisation tous azimuts, à laquelle veut à tout prix avoir recours ce Gouvernement, n’apparaît pas comme la bonne méthode. Les Départements ont besoin d’une relation de confiance et que l’État leur accorde les dotations complémentaires pluriannuelles nécessaires.

Enfin, alors que c’est un enjeu majeur en protection de l’enfance, les mineur.e.s étranger.e.s non accompagné.e.s sont les grand.e.s oublié.e.s de la stratégie présentée, alors qu’ils.elles sont des mineur.e.s à protéger au même titre que les autres.

Pour le Parti socialiste, les annonces de lundi montrent finalement que le gouvernement reste au milieu du gué, sur un sujet pourtant crucial et pour lequel on nous avait fait espérer bien plus.