Océans : le diagnostic implacable du GIEC !

Océans : le diagnostic implacable du GIEC !

Un monde marin plus chaud, plus salé, moins riche en oxygène, dépeuplé… Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), rendu public aujourd’hui même à Monaco, ne laisse guère de part au doute. Il fait d’ailleurs suite à de nombreuses autres études qui font état des conséquences du réchauffement sur la planète.

Selon le GIEC, la fonte des glaces fait monter le niveau de la mer de 3,6 millimètres par an, soit deux fois plus vite qu’au siècle dernier. Avec, pour conséquence, la disparition accélérée des glaciers, de la couverture neigeuse des hautes montagnes et du permafrost des régions polaires. Le pire des scénarii spécule même sur une montée du niveau des eaux jusqu’à 5 m en 2300, entraînant inéluctablement des répercussions sur les évènements climatiques. Le rapport estime, par ailleurs, que des phénomènes d’inondations ou de submersion marine qui n’avaient lieu que tous les siècles auront désormais lieu tous les ans.

Et ce n’est pas tout ! Les auteurs constatent que les phénomènes de réchauffement de l’océan ont doublé depuis 1982, tandis que les températures du permafrost n’ont jamais été aussi élevées. Tant et si bien que sa fonte continuera de relâcher dans l’atmosphère d’énormes quantités de CO2 et de méthane, mais aussi du mercure, jusqu’ici piégé dans le sol, ce qui provoquera des problèmes de pollution de l’eau, déjà perceptibles.

Les moyens d’en sortir. Ce nouveau rapport démontre, s’il en était besoin, que c’est un nouveau modèle de développement qu’il nous faut imaginer, en faisant de la social-écologie le fondement d’un nouveau projet politique pour la gauche. Des solutions existent et nombre d’entre elles sont d’ores et déjà expérimentées, à l’échelle locale, pour lutter contre le réchauffement, sous toutes ses formes. En témoigne ces politiques audacieuses engagées par des élus socialistes en faveur des transports alternatifs, de la végétalisation, de la rénovation thermique des bâtiments ou du recyclage des déchets…

Ces constats récurrents doivent surtout inciter les États à respecter les accords de Paris. La signature de ce texte par 195 pays, le 11 décembre 2015, fut une première dans l’histoire des négociations sur l’avenir de la planète : il s’agit bien là d’une réussite diplomatique majeure de la France, qui a notamment obtenu des engagements concrets des pays les plus pollueurs de la planète.

Être social-écologiste, c’est comprendre que l’accomplissement du progrès humain passe par le respect de notre environnement, que notre épanouissement ne peut se faire aux dépens de celui de la nature, mais qu’elle en est une composante. Le destin du monde est en train de se jouer. Et en matière climatique, le retard ne se rattrape pas.