Réforme des retraites : la stratégie du flou

Réforme des retraites : la stratégie du flou

Alors que le président de la République animait à Rodez un débat sur la future réforme des retraites que le gouvernement entend mettre en œuvre, le Parti socialiste espérait voir clarifiées les motivations et les orientations de cette réforme.

Depuis la remise du rapport Delevoye le 18 juillet dernier, nous avons fait savoir nos inquiétudes quant à plusieurs dispositions contenues dans le rapport et demandons au président de la République comme au gouvernement de dire les options qu’ils privilégient pour conduire cette modification en profondeur de notre système de retraites.

Il est peu de dire que notre espoir a été déçu, tant les motivations même de la réforme n’ont pas été clarifiées. Ainsi, Emmanuel Macron accuse notre système actuel de produire des injustices, mais oublie de dire que le système par points qu’il promet a produit partout où il a été mis en œuvre une baisse généralisée des pensions et que toutes les projections indépendantes issues des préconisations du rapport Delevoye prédisent le même résultat.

Le président refuse par ailleurs de parler de pénibilité, au prétexte que l’usage de ce mot dévaloriserait le travail. Les travailleurs concernés apprécieront ! Rappelons simplement qu’aujourd’hui en France, un ouvrier a une espérance de vie inférieure de plus de six ans à celle d’un cadre.

Le chef de l’État n’a pas non plus été capable de rassurer les Français quant aux inquiétudes que nous avions formulées. L’introduction d’un âge pivot – qui est en fait un report déguisé de l’âge légal – demeure bien au programme, et rien ne permet d’offrir aux futurs retraités les garanties nécessaires quant à la stabilité de la valeur du point.

Alors que ce débat est appelé à se poursuivre pendant les prochains mois, le Parti socialiste continue de s’interroger sur la nécessité d’une réforme qui mettrait à mal l’un des piliers de la solidarité nationale et de notre héritage républicain. Il s’inquiète également de ce que le président de la République poursuive avec celui-ci la même stratégie qu’avec le Grand débat national organisé en début d’année : l’occupation de l’espace politique par de longs monologues, sans avancées concrètes ni résultats.