Société française : sortons de la peur pour agir à nouveau

La crise bancaire et financière de 2008, la montée des replis identitaires et de l’extrémisme, la vague d’attentats de 2015, tous ces événements dramatiques semblent expliquer ce sentiment de peur qui s’est emparé de notre pays.

Peur, peur de l’étranger, peur de l’avenir, peur du monde, peur des jeunes… Notre pays semble prisonnier de ce sentiment qui est particulièrement dangereux. Dangereux car, bien souvent, la peur fait advenir ce qu’elle prétend éviter.

Et ce qui peut arriver à l’échelle de la vie d’un individu fragilisé est peut-être en train d’arriver à notre pays, à savoir que la France, qui est et demeure une grande puissance économique, culturelle et diplomatique, est en train de gâcher par elle-même, son potentiel et ses capacités d’action en cédant soit aux sirènes soit de l’ultralibéralisme, soit aux séductions du repli identitaire.

Contre ces dangers, contre cette paralysie de la peur, il me semble décisif que la gauche renoue avec un discours de progrès social et d’espoir.

Et un des espoirs de notre pays qui doute de ses élites, c’est la promotion d’une démocratie plus approfondie, où le pouvoir est mieux partagé.

Certes, la majorité actuelle a poursuivi l’effort historique de la gauche en faveur de la démocratisation de la vie publique. Pensons à la décentralisation, à la transparence du financement des partis, à la parité et plus récemment au non-cumul des mandats nationaux et exécutifs locaux.

Mais face au désarroi des Français, il faut aller plus loin encore dans l’espérance d’une République nouvelle rompant avec un centralisme étouffant.

Des pistes ne manquent pas, comme l’élection d’un Sénat à la proportionnelle et réellement représentatif de la diversité de la société française, l’introduction d’une part de proportionnelle à l’Assemblée nationale, la limitation du cumul des mandats dans le temps ou l’abaissement de l’âge légal du vote à 16 ans.

En réintégrant nombre de nos concitoyens qui se sont éloignés de la politique, je suis convaincu que nous ferons régresser les peurs qui hantent notre pays, car être écouté, être considéré, c’est déjà avoir le sentiment d’avoir son destin entre ses mains, de faire partie de la communauté des citoyens qu’est notre pays.